samedi, 28 juin 2008

Les Geeks et les "autres"

J'avais écrit une partie du texte suivant pour réagir à un article sur les "geeks" sur le blog Mes Doudoux et compagnie, à la suite de commentaires qui m'avaient atterrée tant ils étaient typiques des préjugés et de l'incompréhension profonde de 95% de la population face aux individus classés dans cette catégorie vaste et floue.  Je vous renvoie à la définition du Geek sur la Wikipedia. Connaissant intimement un certain nombre de geeks et en étant moi aussi un peu une, d'une certaine manière, j'ai voulu livrer ce que je considérais comme la vérité profonde que je percevais "de l'intérieur". J'ai sans doute jeté un froid...

Pour reprendre ce commentaire, un geek est souvent un surdoué. Son cerveau perçoit les problèmes de façon globale au lieu de les analyser, péniblement, brique par brique comme celui des gens normaux. Pour lui, tout doit être logique : hors, les relations sociales ne fonctionnent pas de façon logique... Elles sont bourrées de prérequis, de règles implicites et de codes qui sont pour lui totalement opaques... voire parfaitement absurdes. Les luttes de pouvoir, d'influence, le besoin de briller, les réflexes de troupeau sont pour lui contre-productifs et donc autant de manifestations éclatantes d'ineptie.

Le geek a un esprit ludique : pour lui, tout est défi, mais posé à lui-même, à ses capacités. La compétition doit se faire dans le but de surmonter ses propres limites plutôt qu'écraser l'autre. D'où son attrait pour les nouvelles technologies, qui sont une source constante de défi et pour le jeu de rôle, un des seuls jeux sans compétition.

Le geek a appris à penser de façon imaginative : ce qui le rend efficace dans son activité de prédilection et qui lui donne la capacité de facilement se transposer dans un univers imaginaire. L'individu standard craint, s'il rompt avec la réalité, de ne pouvoir la retrouver. Le Geek n'a pas cette peur, car il fait l'aller-retour sans la moindre crainte ni la moindre difficulté.

Le Geek n'est ni plus laid, ni moins laid que la plupart des gens. Mais comme il n'est pas "dans le coup", ni bardé de marques, qu'il ne remplace pas ses lunettes par des lentilles de contact et qu'il attend qu'on le juge sur ce qu'il est et non sur l'image qu'il donne, il ne sera jamais "cool"...

Comme l'écrit Scott Adams : "notre planète est peuplée de près de 6 milliards de cornichons qui vivent dans une civilisation conçue par quelques milliers de déviants fabuleusement intelligents." Nul doute que ces déviants appartiennent à l'espèce des geeks...

 Sans nul doute, l'attitude du Geek met en exergue toute l'absurdité profonde des règles de notre société. Qui aime qu'on lui dise, ou même qu'on lui fasse comprendre que sa façon de se conduire est idiote, que tous les principes qu'il suit n'ont aucun sens, que les fondements de son attitude sociale sont vides ? Pas grand monde... Sans doute est-ce la raison pour laquelle on persécute autant les geeks (même par des persécution physiques, d'ailleurs...)

 Plus grave : selon certaines constatations actuelles, il semblerait que chez certaines personnes présentant des troubles liés au syndrome d'Asperger, forme "atténuée" d'autisme, (assez fréquent chez les Geek, fait-il préciser ?), il s'agisse de traits non pas innés mais acquis... A force de contraintes imposées par une société qui nivelle les individus, ces individus finissent par adopter une attitude de défense et d'isolement. Sans aller jusqu'à cet extrême, des comportements de repli et d'auto-mutilation mentale sont fréquents sur les enfants dits précoces et autres surdoués.

Cela devrait faire réfléchir ces messieurs et mesdames "Toul'monde" qui se gaussent des geeks et autres individus bizarres, en les considérant comme des animaux de foire. Votre intolérance et votre absence de compréhension peut mutiler leur esprit et les précipiter dans des comportements de repli qui les mettra à vie en marge de la société. Hors, paradoxalement, les seuls individus qui sont peut être réellement sociables, car cherchant la compagnie des autres pour autre chose que pour le pouvoir, le paraître et l'intérêt, sont peut-être ces fameux "inadaptés"...

lundi, 23 juin 2008

Symphonie en rouge pour créations futiles

Pour fêter mon nouveau téléphone portable, un minuscule truc plat, noir et rouge choisi par mon mari et portant le nom de Nokia XPRessMusic, j'ai créé quelques fonds d'écrans en harmonie avec les couleurs de la bête. Ce n'est pas tout à fait conforme à l'image "techno" que ce petit appareil veut afficher, mais ça rend plutôt bien...

 Le premier, qui se décline en rouge-brun et en rouge framboise, ne sera pas sans vous rappeler la charte graphique de ce blog :

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Le second est créé à partir d'une photo du prunus qui se trouve en face de mon appartement, avec quelques effets de superposition :
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 Bien entendu, ils sont récupérables et utilisables par qui veut...

jeudi, 19 juin 2008

Différence... avec deux ailes !

Différence. D'après mon dictionnaire : "Caractère ou ensemble des caractères qui distingue une chose d'une autre, un être d'un autre". Nous sommes tous différents. Mais certains plus que d'autre.

La notion de différence, je l'ai vécu très tôt.  Pas forcément très mal dans un contexte qui se gargarisait moins de grands principes que celui où je suis tombé par la suite.  A partir de là, jamais de façon assez politiquement correcte pour que la « bien-pensance » sociale et enseignante me prenne sous son aile. Au contraire. J'étais une brebis noire, un mouche du coche, un créature qui ne rentrait pas dans les petites cases bien définies.

Car dans l'océan sirupeux du politiquement correct, la différence désigne forcément et uniquement les disparités qui font de leurs victimes celles de la fatalité ou de la société. Ainsi, très tôt, j'ai appris que la tolérance était à géométrie variable. Que certaines persécutions étaient inacceptables, mais que d'autres l'était au nom de je ne sais quelle justice à rétablir.

Merci, l'école ! Sans toi, ô grand temple républicain, je n'aurais jamais su que l'on vous défend si vous être d'une origine ethnique différente, si vous êtes pauvre ou handicapé (et encore, si vous ne cherchez pas à sortir de ces cases bien pratiques...). Par contre, si les autres vous cognent parce que (supposément) vous êtes "une sale gosse de riche" (c'est à dire, dans certains milieux, vaguement de classe moyenne), la persécution est justifié, acceptée, puisque ce sont les victimes - pas les vôtres, celles du système, qui vous cognent. De fait, elles deviennent vos victimes si vous avez le malheur de vous plaindre, puisque vous osez leur nuire. Y'a plus de justice, ma petite dame...

Si vous n'êtes pas sensibles aux pré-requis sociaux (petit problème fréquent chez les enfants précoces...), que vous refusez de vous soumettre aux forts du troupeaux, à ceux qui ont gagné l'intérêt du souverain enseignant par leur faculté à flatter l'adulte, vous êtes aussi parfaitement cognable. Si votre caractère est extraverti, facilement (sur)enthousiaste, si vous avez du mal à tenir en place et que votre émotivité est à fleur de peau (encore un gros problème des enfants précoces, et que l'on ne parle pas d'immaturité, c'est une analyse fallacieuse qui arrange bien l'adulte incapable de comprendre ce qu'il ne veut pas chercher à comprendre) vous êtes derechef cognables.

  Après, quand vous entendez les mots de "différence" et de "tolérance", vous avez tendance à vous raidir. Vous pouvez être consciente de l'une, capable de l'envisager si possible avec compassion, et vous pouvez pratiquer - de façon raisonnable, faut pas pousser - de pratiquer la seconde, mais sans leur donner des noms qui pour vous seront devenus des termes chargé d'une sordide hypocrisie.

 Après avoir traversé les persécutions, la solitude, avoir rencontré sur votre chemin quelques enseignants et autres adultes "encadrants" plus humains que la moyenne, et aussi plus intelligent - ça va souvent de pair, d'ailleurs... - vous finissez par vous construire et parvenir à voir la force là ou les autres voient la faiblesse, dans cette "différence" qui vient d'une variation subtile de fonctionnement de votre cerveau... Cette différence qui serait, au dire de certains "impossible à expliquer à d'autres enfants" (tu parles !) et même à pas mal d'adultes.

Vous apprenez à faire de cette différence une différence, non avec deux ff... mais avec deux ailes.