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vendredi, 06 juin 2008

Quand ce n'est plus du jeu...

Un contexte embrouillé...

Voilà à présent plusieurs années que je m'intéresse à des formes de jeu d'interprétation passant par les médias écrits en mode asynchrone.  En bref, aux jeux de rôles par mail et forum. C'est un domaine qui se développe à toute allure et souvent de façon totalement chaotique. Le trait le plus saillant est l'apparition de deux types de jeux d'essence assez différente.

 Le premier est une transposition de notre brave jeu de rôle sur table par mail (hélas de moins en moins, alors même que ce média est un bonheur absolu !) et sur forum. La seconde découle plus de la "fanfic" (la "fiction de fans", littérature d'auteurs dans le prolongement d'un film, d'un livre, d'une série), mais avec une composante d'interprétation dans la mesure ou chacun adopte le point de vue d'un personnage précis. Au-delà, se trouve toute une nébuleuse de jeux sur forum qui empruntent un peu à tout et beaucoup à n'importe quoi. 

 Nous sommes quelques uns à penser qu'il est nécessaire de mettre un peu d'ordre. En commençant par séparer ce qui relève du jeu de rôle de ce qui relève d'autre chose. En donnant un nom précis à chaque chose et en définissant lleurs caarctèresfondamentaux, quitte à en débattre. En donnant de solides bases théoriques à ce chaos, pour que tout créateur de jeu sur forum sache ce qu'il est possible de faire et comment il est possible de le faire. La fusion, l'interpénétration de différents genres ne peux exister pleinement que quand on connaît les ingrédients qu'on mélange, comme dans une bonne recette de cuisine. Sinon, seul le hasard qui frappe une fois sur cent donnera un résultat vaguement consommable. Il me semble aussi nécessaire à tout créateur  néophyte de connaître ce qui a été déjà fait par le passé, de façon à éviter de réinventer le roue en pure perte et d’avoir des bases plus solides pour avancer, gage de durabilité.

L'ignorance comme valeur ultime !

Seulement voilà, même dans ce domaine assez innocent du jeu, veillent des démagogues qui se planquent sous des paroles sirupeuses, prêts à exercer un terrorisme intellectuel qui porte quasiment à tous les coup avec une recette éprouvée : tout d’abord, en s’offusquant qu’on puisse faire à leur objet un travail de formation et d’information ! Ce qui relève du plus pur scandale et porte atteinte à leur image… C’est donc une manifestation de mépris, quand ce n’est pas une volonté sournoise de destruction. Ils se victimisent ou victimisent la catégorie supposément visée. Ainsi, de fil en aiguille, si l’on a un minimum d’exigence, on se fait taxer au mieux d’élitisme (car l’on a a redire sur le langage schtroumpf, la macédoine confuse des genres, le tout et le n’importe quoi…). De l’accusation d’élitisme à celle de fascisme, il n’y a qu’un pas… vite franchi (vive le point Godwin !).

Ce n’est pas la première fois que je remarque l’aversion totale de pas mal de gens pour le débat et l’argumentation. Pour moi, elle est seule gage d'échanges de qualité entre deux opinions discordantes, car elle repose sur des arguments concrets et logiques. Mais plus l’on sait manier l’argument, la formule, plus l’on a de connaissances dans un domaine permettant d’étayer ses propositions, plus l’on est perçu comme quelqu’un de « totalitaire », qui impose ses idées. Tout simplement parce que ce type de débat demande à l’autre d’avoir les capacités d’expression et de logique, les connaissances pour y répondre et pour les plus egocentrés, montrer qu’on ne les a pas revient à perdre la main, à vivre une humiliation, à perdre une position de domination.

Une forme de terrorisme intellectuel...  

Ce qui se manifeste sur un terrain aussi futile que celui du jeu me semble hélas tristement révélateur d’attitudes qui se manifestent pour des questions plus graves. Car l’ultime recours pour certains, c’est une parade que je qualifierais de véritable « terrorisme intellectuel ». En voici les composantes :

  • jeter l’opprobre sur l’« adversaire », souvent sur la base de non dit et de suppositions. De fait, l’adversaire ne peut répliquer sur un argument supposé, au risque de sembler se justifier et donc de prêter le flanc à ces suppositions ;

  •   accuser l’adversaire de se rendre coupable d’un « mal ultime » (mépris, élitisme, fachisme…) qui le discrédite ;

  • par la victimisation, attirer la sympathie des personnes extérieures et pousser celui d’en face à tenter de s’excuser et de s’expliquer, ce qui lui fait perdre de fait la domination dans le débat – à noter combien ce procédé s’apparente à celui des pervers narcissiques, qui se nourrissent de l’énergie imaginative et créatrice de leur « ennemi » qu’ils sont incapables de produire eux même !

  • user de démagogie, en allant dans le sens de la plus grande facilité et du moindre effort pour recueillir l’approbation des masses… ce qui renforce la sympathie mobilisée par la victimisation…

  • par la conjonction de ces éléments, couper toute possibilité de réponse basée sur des arguments logiques et rationnels, quand on est dans l’impossibilité de les produire.

La tare fondamentale ?

Oui, je l’avoue, je suis atteinte de cette terrible tare qui me rend inapte à fonctionner en société : au lieu d’accepter benoîtement et béatement tout ce que je vois, quand je constate une erreur, j’y apporte une correction, quand je trouve un flottement, je réclame de la précision, quand je trouve une attitude négative, j’en fait la remarque. Parfois rudement, certes. Mais je ne coupe jamais le débat. Je me contente de poser mes arguments tant que j'en ai, et si celui d'en face n'a rien à y répondre, c'est soit que je l'ai convaincu, soit que son argumentation est la plus faible. Logique, non ? 

J’avoue mal supporter que l’on se complaise dans l’ignorance. L’ignorance érigée en tant que valeur ultime et libertaire (!) étant pour moi la mère de tout les maux, ce qui rend les individus manipulables à loisir et la proie de toutes les démagogies. Mais il semblerait que de nos jours, demander un minimum d’efforts de réflexion et de recul, quel que soit le sujet, soit être un acte si douteux que seulement le suggérer est un cate répréhensible.

 Je suppose donc qu’il faut m’enfermer en caisson stérile. Qui sait, c’est peut-être contagieux…

Commentaires

Si seulement c'était contagieux! Ce qui l'est, c'est la bêtise, et je dis volontairement "bêtise", car autant l'ignorance n'est que l'état (supposé) de transition avant le savoir, autant son élévation en droit revendiqué est de la bêtise, je ne vois pas d'autre mot (enfin si j'en vois, mais j'éviterai de les écrire...)
Tant que je suis là, je te remercie de ton passage sur mon blog et de ton commentaire, qui m'a fait très plaisir (toujours agréable de constater qu'il y a quelques rares personnes en ce bas monde qui ne me considèrent pas comme une extraterrestre ;p)

Écrit par : mari6s | vendredi, 06 juin 2008

De rien ! Après tout, je suis moi aussi une sorte d'extra-terrestre.

Mais de toute façon, s'il ne fallait compter que sur les terriens... ;)

Écrit par : Milathea | vendredi, 06 juin 2008

Les commentaires sont fermés.