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jeudi, 19 juin 2008

Différence... avec deux ailes !

Différence. D'après mon dictionnaire : "Caractère ou ensemble des caractères qui distingue une chose d'une autre, un être d'un autre". Nous sommes tous différents. Mais certains plus que d'autre.

La notion de différence, je l'ai vécu très tôt.  Pas forcément très mal dans un contexte qui se gargarisait moins de grands principes que celui où je suis tombé par la suite.  A partir de là, jamais de façon assez politiquement correcte pour que la « bien-pensance » sociale et enseignante me prenne sous son aile. Au contraire. J'étais une brebis noire, un mouche du coche, un créature qui ne rentrait pas dans les petites cases bien définies.

Car dans l'océan sirupeux du politiquement correct, la différence désigne forcément et uniquement les disparités qui font de leurs victimes celles de la fatalité ou de la société. Ainsi, très tôt, j'ai appris que la tolérance était à géométrie variable. Que certaines persécutions étaient inacceptables, mais que d'autres l'était au nom de je ne sais quelle justice à rétablir.

Merci, l'école ! Sans toi, ô grand temple républicain, je n'aurais jamais su que l'on vous défend si vous être d'une origine ethnique différente, si vous êtes pauvre ou handicapé (et encore, si vous ne cherchez pas à sortir de ces cases bien pratiques...). Par contre, si les autres vous cognent parce que (supposément) vous êtes "une sale gosse de riche" (c'est à dire, dans certains milieux, vaguement de classe moyenne), la persécution est justifié, acceptée, puisque ce sont les victimes - pas les vôtres, celles du système, qui vous cognent. De fait, elles deviennent vos victimes si vous avez le malheur de vous plaindre, puisque vous osez leur nuire. Y'a plus de justice, ma petite dame...

Si vous n'êtes pas sensibles aux pré-requis sociaux (petit problème fréquent chez les enfants précoces...), que vous refusez de vous soumettre aux forts du troupeaux, à ceux qui ont gagné l'intérêt du souverain enseignant par leur faculté à flatter l'adulte, vous êtes aussi parfaitement cognable. Si votre caractère est extraverti, facilement (sur)enthousiaste, si vous avez du mal à tenir en place et que votre émotivité est à fleur de peau (encore un gros problème des enfants précoces, et que l'on ne parle pas d'immaturité, c'est une analyse fallacieuse qui arrange bien l'adulte incapable de comprendre ce qu'il ne veut pas chercher à comprendre) vous êtes derechef cognables.

  Après, quand vous entendez les mots de "différence" et de "tolérance", vous avez tendance à vous raidir. Vous pouvez être consciente de l'une, capable de l'envisager si possible avec compassion, et vous pouvez pratiquer - de façon raisonnable, faut pas pousser - de pratiquer la seconde, mais sans leur donner des noms qui pour vous seront devenus des termes chargé d'une sordide hypocrisie.

 Après avoir traversé les persécutions, la solitude, avoir rencontré sur votre chemin quelques enseignants et autres adultes "encadrants" plus humains que la moyenne, et aussi plus intelligent - ça va souvent de pair, d'ailleurs... - vous finissez par vous construire et parvenir à voir la force là ou les autres voient la faiblesse, dans cette "différence" qui vient d'une variation subtile de fonctionnement de votre cerveau... Cette différence qui serait, au dire de certains "impossible à expliquer à d'autres enfants" (tu parles !) et même à pas mal d'adultes.

Vous apprenez à faire de cette différence une différence, non avec deux ff... mais avec deux ailes.

Commentaires

Magnifique article... La "tolérance à géométrie variable", jolie expression qui colle bien à la réalité.

Et en effet je crois qu'il y a un "quota" de différence en-dessous de laquelle il est plus facile de la nier que d'en tenir compte.
Pour exemple mes longues absences maladie en 4ème et en 2nde: si j'avais eu un cancer ou autre maladie grave, on m'aurait entourée de compassion dégoulinante. Mais j'avais juste des laryngites tenaces qui s'accrochaient sur mon système immunitaire un petit peu faible, des maladies pour lesquelles la durée d'absence "politiquement correcte" est de 2 semaines maxi, alors on me laissait me démerder pour rattraper les cours et on me regardait revenir avec un oeil goguenard qui signifiait en gros "t'as passé de bonnes vacances?"

La vérité, c'est que les gens ne veulent pas entendre parler de différences autres que celles qui se voient à l'oeil nu. Ca leur fait peur. Comment, tous les êtres humains ne seraient pas faits pareils? Comment, l' "égalité" n'existerait pas? Alors ils nient l'existence de ces différences, les aggravant ainsi.

Mais je suis fière de mes différences. Je n'ai pas de cancer et j'en suis ravie, on m'a mal considérée et pas beaucoup aidée, tant pis. Tant mieux. Ce qui ne tue pas rend plus fort...

Écrit par : mari6s | vendredi, 26 septembre 2008

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