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samedi, 28 juin 2008

Les Geeks et les "autres"

J'avais écrit une partie du texte suivant pour réagir à un article sur les "geeks" sur le blog Mes Doudoux et compagnie, à la suite de commentaires qui m'avaient atterrée tant ils étaient typiques des préjugés et de l'incompréhension profonde de 95% de la population face aux individus classés dans cette catégorie vaste et floue.  Je vous renvoie à la définition du Geek sur la Wikipedia. Connaissant intimement un certain nombre de geeks et en étant moi aussi un peu une, d'une certaine manière, j'ai voulu livrer ce que je considérais comme la vérité profonde que je percevais "de l'intérieur". J'ai sans doute jeté un froid...

Pour reprendre ce commentaire, un geek est souvent un surdoué. Son cerveau perçoit les problèmes de façon globale au lieu de les analyser, péniblement, brique par brique comme celui des gens normaux. Pour lui, tout doit être logique : hors, les relations sociales ne fonctionnent pas de façon logique... Elles sont bourrées de prérequis, de règles implicites et de codes qui sont pour lui totalement opaques... voire parfaitement absurdes. Les luttes de pouvoir, d'influence, le besoin de briller, les réflexes de troupeau sont pour lui contre-productifs et donc autant de manifestations éclatantes d'ineptie.

Le geek a un esprit ludique : pour lui, tout est défi, mais posé à lui-même, à ses capacités. La compétition doit se faire dans le but de surmonter ses propres limites plutôt qu'écraser l'autre. D'où son attrait pour les nouvelles technologies, qui sont une source constante de défi et pour le jeu de rôle, un des seuls jeux sans compétition.

Le geek a appris à penser de façon imaginative : ce qui le rend efficace dans son activité de prédilection et qui lui donne la capacité de facilement se transposer dans un univers imaginaire. L'individu standard craint, s'il rompt avec la réalité, de ne pouvoir la retrouver. Le Geek n'a pas cette peur, car il fait l'aller-retour sans la moindre crainte ni la moindre difficulté.

Le Geek n'est ni plus laid, ni moins laid que la plupart des gens. Mais comme il n'est pas "dans le coup", ni bardé de marques, qu'il ne remplace pas ses lunettes par des lentilles de contact et qu'il attend qu'on le juge sur ce qu'il est et non sur l'image qu'il donne, il ne sera jamais "cool"...

Comme l'écrit Scott Adams : "notre planète est peuplée de près de 6 milliards de cornichons qui vivent dans une civilisation conçue par quelques milliers de déviants fabuleusement intelligents." Nul doute que ces déviants appartiennent à l'espèce des geeks...

 Sans nul doute, l'attitude du Geek met en exergue toute l'absurdité profonde des règles de notre société. Qui aime qu'on lui dise, ou même qu'on lui fasse comprendre que sa façon de se conduire est idiote, que tous les principes qu'il suit n'ont aucun sens, que les fondements de son attitude sociale sont vides ? Pas grand monde... Sans doute est-ce la raison pour laquelle on persécute autant les geeks (même par des persécution physiques, d'ailleurs...)

 Plus grave : selon certaines constatations actuelles, il semblerait que chez certaines personnes présentant des troubles liés au syndrome d'Asperger, forme "atténuée" d'autisme, (assez fréquent chez les Geek, fait-il préciser ?), il s'agisse de traits non pas innés mais acquis... A force de contraintes imposées par une société qui nivelle les individus, ces individus finissent par adopter une attitude de défense et d'isolement. Sans aller jusqu'à cet extrême, des comportements de repli et d'auto-mutilation mentale sont fréquents sur les enfants dits précoces et autres surdoués.

Cela devrait faire réfléchir ces messieurs et mesdames "Toul'monde" qui se gaussent des geeks et autres individus bizarres, en les considérant comme des animaux de foire. Votre intolérance et votre absence de compréhension peut mutiler leur esprit et les précipiter dans des comportements de repli qui les mettra à vie en marge de la société. Hors, paradoxalement, les seuls individus qui sont peut être réellement sociables, car cherchant la compagnie des autres pour autre chose que pour le pouvoir, le paraître et l'intérêt, sont peut-être ces fameux "inadaptés"...

lundi, 23 juin 2008

Symphonie en rouge pour créations futiles

Pour fêter mon nouveau téléphone portable, un minuscule truc plat, noir et rouge choisi par mon mari et portant le nom de Nokia XPRessMusic, j'ai créé quelques fonds d'écrans en harmonie avec les couleurs de la bête. Ce n'est pas tout à fait conforme à l'image "techno" que ce petit appareil veut afficher, mais ça rend plutôt bien...

 Le premier, qui se décline en rouge-brun et en rouge framboise, ne sera pas sans vous rappeler la charte graphique de ce blog :

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Le second est créé à partir d'une photo du prunus qui se trouve en face de mon appartement, avec quelques effets de superposition :
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 Bien entendu, ils sont récupérables et utilisables par qui veut...

jeudi, 19 juin 2008

Différence... avec deux ailes !

Différence. D'après mon dictionnaire : "Caractère ou ensemble des caractères qui distingue une chose d'une autre, un être d'un autre". Nous sommes tous différents. Mais certains plus que d'autre.

La notion de différence, je l'ai vécu très tôt.  Pas forcément très mal dans un contexte qui se gargarisait moins de grands principes que celui où je suis tombé par la suite.  A partir de là, jamais de façon assez politiquement correcte pour que la « bien-pensance » sociale et enseignante me prenne sous son aile. Au contraire. J'étais une brebis noire, un mouche du coche, un créature qui ne rentrait pas dans les petites cases bien définies.

Car dans l'océan sirupeux du politiquement correct, la différence désigne forcément et uniquement les disparités qui font de leurs victimes celles de la fatalité ou de la société. Ainsi, très tôt, j'ai appris que la tolérance était à géométrie variable. Que certaines persécutions étaient inacceptables, mais que d'autres l'était au nom de je ne sais quelle justice à rétablir.

Merci, l'école ! Sans toi, ô grand temple républicain, je n'aurais jamais su que l'on vous défend si vous être d'une origine ethnique différente, si vous êtes pauvre ou handicapé (et encore, si vous ne cherchez pas à sortir de ces cases bien pratiques...). Par contre, si les autres vous cognent parce que (supposément) vous êtes "une sale gosse de riche" (c'est à dire, dans certains milieux, vaguement de classe moyenne), la persécution est justifié, acceptée, puisque ce sont les victimes - pas les vôtres, celles du système, qui vous cognent. De fait, elles deviennent vos victimes si vous avez le malheur de vous plaindre, puisque vous osez leur nuire. Y'a plus de justice, ma petite dame...

Si vous n'êtes pas sensibles aux pré-requis sociaux (petit problème fréquent chez les enfants précoces...), que vous refusez de vous soumettre aux forts du troupeaux, à ceux qui ont gagné l'intérêt du souverain enseignant par leur faculté à flatter l'adulte, vous êtes aussi parfaitement cognable. Si votre caractère est extraverti, facilement (sur)enthousiaste, si vous avez du mal à tenir en place et que votre émotivité est à fleur de peau (encore un gros problème des enfants précoces, et que l'on ne parle pas d'immaturité, c'est une analyse fallacieuse qui arrange bien l'adulte incapable de comprendre ce qu'il ne veut pas chercher à comprendre) vous êtes derechef cognables.

  Après, quand vous entendez les mots de "différence" et de "tolérance", vous avez tendance à vous raidir. Vous pouvez être consciente de l'une, capable de l'envisager si possible avec compassion, et vous pouvez pratiquer - de façon raisonnable, faut pas pousser - de pratiquer la seconde, mais sans leur donner des noms qui pour vous seront devenus des termes chargé d'une sordide hypocrisie.

 Après avoir traversé les persécutions, la solitude, avoir rencontré sur votre chemin quelques enseignants et autres adultes "encadrants" plus humains que la moyenne, et aussi plus intelligent - ça va souvent de pair, d'ailleurs... - vous finissez par vous construire et parvenir à voir la force là ou les autres voient la faiblesse, dans cette "différence" qui vient d'une variation subtile de fonctionnement de votre cerveau... Cette différence qui serait, au dire de certains "impossible à expliquer à d'autres enfants" (tu parles !) et même à pas mal d'adultes.

Vous apprenez à faire de cette différence une différence, non avec deux ff... mais avec deux ailes.

Le jeu des cinq tags - 19 juin, 12 h 28 !

Voilà, les tags ont assez changé pour que je m'amuse à nouveau à pratiquer le jeu des cinq tags. Je n'ai pas encore initié une mode, mais peut-être, au gré des années, certains blogueurs apprendront à jouer de l'actualité avec humour. Tiens, en passant, j'ai vu sur mes stats que le staff de "Blogspirit" était passé par chez moi. J'aimerais savoir si cela fait partie de procédure de surveillandce "aléatoire" ou si des mouchards les alertent des cas d'impertinence !

Revenons à nos moutons. Aujourd'hui, voici les tags capturés :  Politique, Littérature, Europe, Irlande, Sarkozy. Pas très emballant... Mais il faut faire avec.

 Quand je dis que je ne m'intéresse pas à la politique, c'est faux. Je trouve que la politique en tant en qu'art et science peut être passionnante : le traité de politique en tant qu'oeuvre de littérature est hélas un genre devenu rare. Au lieu de commentateurs stériles, d'analystes sentencieux, de populistes verbeux et de biographes hargneux, nous aurions besoin de fins littérateurs prêts à écrit de nouveaux "bréviaires du politicien", à la fois cours d'habileté pour leurs contemporains et clefs de compréhension pour les profanes que nous sommes. Mais ça, c'est peut-être dangereux... Par définition, les masses n'ont d'utilité que quand elles restent à leur place... de masse...

Cas typique, en ce moment, autour de l'Europe. Tout d'abord, à la sauce mercantilo-sportive avec le coupe de football, dans la plus grande tradition du principe "Du pain et des jeux" qui rend la foule docile comme de gentils toutous... Je ne peux que regretter que la médiocrité de l'équipe de France ne calme pas les ardeurs des passionnés au point d'ébranler l'hégémonie imposée du "jeu de baballe". Ensuite, l'Europe mise à mal par le référendum en Irlande. Pour ma part, je me garde bien de juger car je ne suis pas dans la tête des Irlandais. Il est souvent un peu facile de hurler à la stupidité du bon peuple quand il prend une direction contraire à l'opinion jugée "correcte" par les élites - ce "bon peuple" irait, sans un poil de réflexion en plus, dans le "bon" sens, on s'extasierait de son réalisme et de son intelligence.

De toute façon,  afin d'éviter toute réflexion, le plus simple est de trouver un coupable ultime. Je vais ressortir ma sous-culture générationnelle et télévisuelle : qui se souvient de la chanson de Corbier, gratte-guitare attitré des émissions de Dorothée, qui mettait tous les maux du monde sur le dos du réalisateur de l'émission, le malheureux Pat Le Guen (qui, avouons-le, savait prendre) ? Remplaçons le nom de monsieur Le Guen par celui du président Sarkozy et le tour est joué ! 

Aux cas où, je signale quand même que ce petit texte est avant tout un exercice de style imposé, qui n'a pas vocation à initier de débat d'opinion ! Sait-on jamais... 

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Virée aux "Galeries"

Le samedi 7 juin, après avoir animé une messe de mariage au Val-de-Grâce avec ma chorale (lieu grandiose et magique s'il en est, qui vous transporte en un autre temps...)  je suis allée, sur les conseils d'une amie, à la mercerie des Galeries Lafayette.

Ce que je cherchais est banal dans le milieu costumier : un emporte-pièce spécial étoffe, destiné à percer le tissu avant la pose d'œillets métalliques. Mon amie costumière m'a donc dirigée vers les merceries du Printemps ou des Galeries, susceptibles, à son avis, de pouvoir offrir ce style de matériel "semi-pro". Mon mari, qui fréquente ces grands magasins de façon plus assidue que moi (notamment dans les périodes d'anniversaire...) m'a indiqué le lieu exact : le quatrième étage.

Plus qu'un haut lieu de la mode, les Galeries sont pour moi un site chargé d'histoire. Ce bâtiment sublime, cette splendide coupole de verre... C'est toujours avec un terrible pincement au cœur que je pénètre dans le grand hall circulaire, aujourd'hui envahi de stupides petits stands de parfumeurs tous aussi ordinaires les uns que les autres. Jadis, à cet endroit, trônait le splendide escalier qui faisait la célébrité du lieu, démonté en 1974 dans un accès de mercantilisme, atteinte irréversible à un patrimoine architectural singulier. Et pourtant, combien de chalands pénétraient dans le bâtiment juste pour voir l'"escalier"... Ce n'était que le début du processus qui tend à priver, progressivement, ce lieu de sa mémoire et de son aura. On y voit encore les balcons qui ressemblent à autant de loges de théâtres, mais au dessus de ce jeu de cubes dédiés au luxe, au design typique du mauvais goût années 80, ils perdent une part de leur grâce première.

 

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Photo : Wikipedia

 Les galeries sont envahies de touristes, de midinettes, de femmes actives branchées, de "barbies girls" en quête de l’accessoire qui tue. Quelques personnes plus "ordinaires" semblent presque perdues dans cette foule qui se prosterne dans le temple des apparences. La variété des marchandises offertes semble reculer devant l'assaut de la fringue, des produits de beauté, de l'accessoire inutile. 

Enfin, j'arrive au quatrième. J'ai un peu de mal à trouver ma terre promise (si vous avez suivi : la mercerie). Je longe des parois de verre de couleur (vert, bleu, rose, rouge...) qui donnent sur la base de la grande coupole. Ces parois étaient-elles jadis en plein air ? Le bâtiment a, sans nul doute, été rehaussé, mais à quelle époque et de combien de niveaux ? Curieuse, je scrute les néons qui derrière les dites parois simulent la lumière du jour pour rendre à la base ouvragée de la coupole sa transparence et sa luminosité premières. Je ne peux cependant m'empêcher de me demander quel pouvait être l'effet de ces jeux de lumières colorées, qui devaient teinter chaque partie des vitraux de la base d'une nuance différente. Personne ne semble remarquer mon comportement bizarre et déplacé. Il faut dire qu'en ces lieux, il y a nettement moins de monde...

Enfin, je trouve, relégué dans un petit coin sombre, le rayon tant convoité. Après avoir tourné en rond parmi les rubans, attaches et autres galons, je finis par trouver, sur indication d'une vendeuse solitaire, l'objet que je cherche. Matériel allemand, gage de robustesse... enfin j'espère. Elle m'assure de qualité du matériel sur lequel elle a de « bons retours ». Ici errent quelques autres originales : une jeune maman avec poussette qui cherche des boutons pour un chemisier, une dame antillaise d'un certain âge en quête d'un cube d'une substance miraculeuse qui permettait de fixer les plis des pantalons. « On en trouvait ici, à l'époque... »

La vendeuse est agréable, d'autant que la fatalité va s'abattre sur son rayon : à l'instar de celui du Printemps, déjà disparu, le rayon mercerie des Galeries doit s'évanouir en décembre de cette année. Je ne suis même plus étonnée, je ne me donne pas la peine d’être déçue. La Mecque de la couture, le Marché Saint-Pierre, montre lui-même d'inquiétants signes de déclin, alors ce pauvre petite rayon abandonné et planqué derrière les tenues "détentes", quel espoir a-t-il de survivre ? Il faut dire que de nos jours, la couture, ça ne sert plus à faire du vêtement... Tout juste, à la rigueur, des sacs customisés et du patchwork. La mercerie, il faudra aller chercher ce qu'il en reste dans les rayons du "Loisir créatif" avec son florilège de façons inutiles d'occuper ses dix doigts.

Avant de partir, je décide quand même d'aller faire un tour aux bijoux "fantaisie" : voilà pas si longtemps, on trouvait à la pelle, à des prix raisonnables, de ces colliers et boucles d'oreilles gracieux, délicieusement rétro ornés de cristaux colorés. Hélas, les seuls bijoux qui attirent encore mon regard sont des productions de créateurs à des tarifs prohibitifs. Mes bijoux de rêve ont été remplacés par des horreurs de plastique aux couleurs criardes ou d'énormes pacotilles pseudo-ethniques qui semblent devoir aux pires heures des années 80, le côté "fun" en moins. 

Bah, j'ai mon emporte-pièce et il y a de pires déceptions dans la vie. Mais je m'interroge quand même sur le monde qu'on nous bâtit, un monde où l'on nous fait avaler tout et n'importe quoi dans un joyeux conformisme, où l'on nous prive de la possibilité de donner vie à notre imaginaire. Le goût de l'apparence oui, mais formaté, assisté...

Mais ce n'est pas comme si c'était nouveau...

vendredi, 06 juin 2008

Quand ce n'est plus du jeu...

Un contexte embrouillé...

Voilà à présent plusieurs années que je m'intéresse à des formes de jeu d'interprétation passant par les médias écrits en mode asynchrone.  En bref, aux jeux de rôles par mail et forum. C'est un domaine qui se développe à toute allure et souvent de façon totalement chaotique. Le trait le plus saillant est l'apparition de deux types de jeux d'essence assez différente.

 Le premier est une transposition de notre brave jeu de rôle sur table par mail (hélas de moins en moins, alors même que ce média est un bonheur absolu !) et sur forum. La seconde découle plus de la "fanfic" (la "fiction de fans", littérature d'auteurs dans le prolongement d'un film, d'un livre, d'une série), mais avec une composante d'interprétation dans la mesure ou chacun adopte le point de vue d'un personnage précis. Au-delà, se trouve toute une nébuleuse de jeux sur forum qui empruntent un peu à tout et beaucoup à n'importe quoi. 

 Nous sommes quelques uns à penser qu'il est nécessaire de mettre un peu d'ordre. En commençant par séparer ce qui relève du jeu de rôle de ce qui relève d'autre chose. En donnant un nom précis à chaque chose et en définissant lleurs caarctèresfondamentaux, quitte à en débattre. En donnant de solides bases théoriques à ce chaos, pour que tout créateur de jeu sur forum sache ce qu'il est possible de faire et comment il est possible de le faire. La fusion, l'interpénétration de différents genres ne peux exister pleinement que quand on connaît les ingrédients qu'on mélange, comme dans une bonne recette de cuisine. Sinon, seul le hasard qui frappe une fois sur cent donnera un résultat vaguement consommable. Il me semble aussi nécessaire à tout créateur  néophyte de connaître ce qui a été déjà fait par le passé, de façon à éviter de réinventer le roue en pure perte et d’avoir des bases plus solides pour avancer, gage de durabilité.

L'ignorance comme valeur ultime !

Seulement voilà, même dans ce domaine assez innocent du jeu, veillent des démagogues qui se planquent sous des paroles sirupeuses, prêts à exercer un terrorisme intellectuel qui porte quasiment à tous les coup avec une recette éprouvée : tout d’abord, en s’offusquant qu’on puisse faire à leur objet un travail de formation et d’information ! Ce qui relève du plus pur scandale et porte atteinte à leur image… C’est donc une manifestation de mépris, quand ce n’est pas une volonté sournoise de destruction. Ils se victimisent ou victimisent la catégorie supposément visée. Ainsi, de fil en aiguille, si l’on a un minimum d’exigence, on se fait taxer au mieux d’élitisme (car l’on a a redire sur le langage schtroumpf, la macédoine confuse des genres, le tout et le n’importe quoi…). De l’accusation d’élitisme à celle de fascisme, il n’y a qu’un pas… vite franchi (vive le point Godwin !).

Ce n’est pas la première fois que je remarque l’aversion totale de pas mal de gens pour le débat et l’argumentation. Pour moi, elle est seule gage d'échanges de qualité entre deux opinions discordantes, car elle repose sur des arguments concrets et logiques. Mais plus l’on sait manier l’argument, la formule, plus l’on a de connaissances dans un domaine permettant d’étayer ses propositions, plus l’on est perçu comme quelqu’un de « totalitaire », qui impose ses idées. Tout simplement parce que ce type de débat demande à l’autre d’avoir les capacités d’expression et de logique, les connaissances pour y répondre et pour les plus egocentrés, montrer qu’on ne les a pas revient à perdre la main, à vivre une humiliation, à perdre une position de domination.

Une forme de terrorisme intellectuel...  

Ce qui se manifeste sur un terrain aussi futile que celui du jeu me semble hélas tristement révélateur d’attitudes qui se manifestent pour des questions plus graves. Car l’ultime recours pour certains, c’est une parade que je qualifierais de véritable « terrorisme intellectuel ». En voici les composantes :

  • jeter l’opprobre sur l’« adversaire », souvent sur la base de non dit et de suppositions. De fait, l’adversaire ne peut répliquer sur un argument supposé, au risque de sembler se justifier et donc de prêter le flanc à ces suppositions ;

  •   accuser l’adversaire de se rendre coupable d’un « mal ultime » (mépris, élitisme, fachisme…) qui le discrédite ;

  • par la victimisation, attirer la sympathie des personnes extérieures et pousser celui d’en face à tenter de s’excuser et de s’expliquer, ce qui lui fait perdre de fait la domination dans le débat – à noter combien ce procédé s’apparente à celui des pervers narcissiques, qui se nourrissent de l’énergie imaginative et créatrice de leur « ennemi » qu’ils sont incapables de produire eux même !

  • user de démagogie, en allant dans le sens de la plus grande facilité et du moindre effort pour recueillir l’approbation des masses… ce qui renforce la sympathie mobilisée par la victimisation…

  • par la conjonction de ces éléments, couper toute possibilité de réponse basée sur des arguments logiques et rationnels, quand on est dans l’impossibilité de les produire.

La tare fondamentale ?

Oui, je l’avoue, je suis atteinte de cette terrible tare qui me rend inapte à fonctionner en société : au lieu d’accepter benoîtement et béatement tout ce que je vois, quand je constate une erreur, j’y apporte une correction, quand je trouve un flottement, je réclame de la précision, quand je trouve une attitude négative, j’en fait la remarque. Parfois rudement, certes. Mais je ne coupe jamais le débat. Je me contente de poser mes arguments tant que j'en ai, et si celui d'en face n'a rien à y répondre, c'est soit que je l'ai convaincu, soit que son argumentation est la plus faible. Logique, non ? 

J’avoue mal supporter que l’on se complaise dans l’ignorance. L’ignorance érigée en tant que valeur ultime et libertaire (!) étant pour moi la mère de tout les maux, ce qui rend les individus manipulables à loisir et la proie de toutes les démagogies. Mais il semblerait que de nos jours, demander un minimum d’efforts de réflexion et de recul, quel que soit le sujet, soit être un acte si douteux que seulement le suggérer est un cate répréhensible.

 Je suppose donc qu’il faut m’enfermer en caisson stérile. Qui sait, c’est peut-être contagieux…

jeudi, 05 juin 2008

Le jeu des cinq tags !

Sur la page d'accueil de Hautetfort, figurent les tags les plus "chauds" : les plus utilisés du moins... Sont-ils les plus consultés ? J'aimerais bien le savoir.

 Étant de tempérament ludique, voilà ce que je propose aux potentiels VIB alternatifs : utiliser périodiquement les cing "tags les plus chauds"  dans un article, en rédigeant un texte qui s'y rapporte (même s'il est fumeux, surtout s'il est fumeux). 

 Voici les cinq "tags les plus chauds" du moment :  politique, littérature, blog, photo, blabla de fille  

J'ai toujours aimé les débats: tout est sujet pour moi à l'argumentation et à la discussion. Cela devrait me donner du goût pour la politique : c'est tout le contraire. Le débat politique est le plus souvent le plus irrationnel qui soit. Il porte sur des opinions viscérales qu'aucun argument logique ne saurait pouvoir faire fléchir. C'est la raison pour laquelle j'aime à porter mon amour de la "dispute" (au sens antique du terme) vers des sujets moins graves : la littérature, par exemple, quoique je n'aime pas forcément le relent d'intellectualisme prétentieux qui s'y attache, et qui transparaît clairement à travers certains blogs qui tiennent plus de la culture-confiture (celle qu'on étale) que d'une réelle passion.

Ainsi, il peut y avoir un gouffre entre celui qui lit pour se sentir sentir savant et celui qui lit pour son plaisir. C'est également vrai dans le domaine de l'image : entre ceux qui publient des photos pour partager un vécu, et ceux qui se prennent pour des "Photographes" avec un grand P, et qui innondent leur blog d'images farfelues ou artificielles.

 Mais ce n'est pas parce que je n'aime pas qu'on se prenne trop au sérieux que j'adhère à la futilité affichée des blablas de filles... En particuliers parce qu'elle met à l'honneur la superficialité extrême de l'individu, focalisée sur l'apparence. Même si j'admets qu'écrire des pages entières sur ses cheveux ou son gel douche demande un talent qui rappelle celui de Francis Ponge quand il se focalise sur un huitre ou une orange... 

  Et voilà, c'est fait ! Vu que les tags ne se renouvellent pas à l'infini, il va falloir jouer serré pour arriver à faire dans la variété...

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La solitude de la blogueuse de fond

Bloguer semble être devenu un réflexe naturel pour une grande partie de la population. En réaction aux engouements de toutes sortes, existent cependant encore des réfractaires. Je pensais, il y a peu, en faire partie. Mais comme j'ai l'esprit curieux et que la compréhension passe parfois par l'expérimentation, j'ai décidé de tester... Peut-être pour trouver un exutoire aux mots et aux idées qui se bousculaient dans ma tête, pour ces coups de gueule sans oreilles à faire sonner, pour ces réflexions que je reformulais encore et toujours, ad nauseam...

Une première tentative, vite abandonnée, est morte précocement après deux articles. Puis, interpellée par l'expérience blogueuse d'une amie, j'ai décidé de m'y mettre pour de bon. Ce saut dans l'inconnu n'a pas manqué d'étonner quelques connaissances : lors de conversations enflammées sur MSN, l'un de mes amis, à plusieurs reprises, a manifesté son incompréhension : Pourquoi blogues-tu ? Bonne question, je vous remercie de l'avoir posée...

Il est plutôt difficile de parler d'un concept sur la définition duquel personne ne semble s'accorder. En pénétrant dans le monde  des blogs, on réalise rapidement que la plupart ne sont que des sites d'associations, de partis politiques, de sociétés, de boutiques et autres structures qui profitent de la facilité d'édition du média. Cette simplicité les dispense de trouver les compétences techniques requises pour la création de pages web. J'hésite également à classer dans cette "vaste et belle" catégorie les blogs thématiques... Cependant, ils sont très largement mis en avant chez certains hébergeurs de blogs, tandis que les "journaux perso" vont peupler la nébuleuse du "tout venant" dont seuls les animaux à l'instinct social développé, qui savent l'exercer dans le sens du vent ou contre lui, émergeront dans une lutte darwinienne : le plus adapté survit...

A mon sens, il n'y a de vrais blogs que les journaux "intimes" déballés au jour le jour, sans queue ni tête. Ou avec plusieurs queues et plusieurs têtes. Mais pas de façon si spontanée que l'on veut bien le faire croire. Dès que l'on quitte la sphère des Kevin et autres Mégane de 15 ans, on réalise à quel point ils représentent des exercices de communication parfaitement rodés.

Le fait est qu'à travers cette proximité scénarisée, je pensais que se recréait un certain lien social. Je me plaisais à penser que le visiteur qui vous voit à travers cet album soigneusement élaboré, sans le poids du milieu social ou professionnel, pouvait choisir de vous découvrir tout à loisir ou de faire demi-tour. Au final, un nouveau réseau relationnel d'une nature subtilement différente devait se créer, entre les esprits compatibles ou les âmes qui se parlaient (selon votre vision des choses...) Le blog permettrait ainsi de faire des rencontres surprenantes et inattendues, voire de véritables amitiés webiennes - comme par les forums.

Il m'a fallu quelques mois pour réaliser que j'avais fait une véritable erreur d'appréciation... Le monde des blogs, j'entends bien des véritables blogs ne fait que recréer des microcosmes déjà établis : les filles qui papotent de la mode d'un côté, les politiqueux enragés de l'autre, les voyageurs, les photographes, les gens qui se connaissent déjà par ailleurs. Il est encore plus difficile de venir à la rencontre de l'autre, ou de le faire venir à vous, dans le monde des blogs que dans la vie réelle.

Vous avez sans doutes tous vécus cela (ceux qui ne sont pas les dominants du troupeau, tout au moins )  : que l'on tolère certains actes des uns et pas des autres, que la même blague fait rire ou non selon celui qui l'ennonce : eh bien, c'est pareil. Sur un blog, vous aurez beau être drôle, cinglant, intéressant, bizarre... cela ne servira à rien... si vous nêtes pas membre d'un réseau bien établi qui se nourrit de lui même par relations interposées.

J'ai de mon côté tenté d'aller à la rencontre des blogueurs, mais quand je trouve un endroit qui me parle, les quelques remarques que je dépose doivent être jugées caustiques ou incompréhensibles - de toute façon, j'ai souvent le chic pour "tuer" le fil des réactions. C'est sans doute pour cela qu'aucun de mes commentaires ne semble attirer le public du lieu vers mon "blog sweet blog". Mes amis, majoritairement non blogueurs, ne trouvent pas plus d'intérêt à venir lire ma prose entre la sieste et le café. Constat d'échec ? Je préfère le voir comme un constat de liberté : si je suis insignifiante, je ne ferai aucun effort pour le devenir, cela prouvera mon indépendance "vraie".

Il faut toujours voir le côté le plus brillant de la médaille !

 

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