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mercredi, 15 octobre 2008

Choriste en plein dilemme

Avec bien du retard, je reprends le fil de ma chronique vocale. Deux concert à mon actif, les 13 et 24 juin. Mais ce fameux mois de Juin est un mensis horribilis si surchargé que j'ose à peine regarder mon agenda.

Le concert de ma chorale locale tombe le même soir que la fête de l'école d'un de mes fils (quelle idée d'organiser une fête de maternelle un vendredi soir !) De plus, j'ai eu la faiblesse de laisser mon n'hom partir en GN. Je passe sous silence le reste du programme de fin de semaine, durant lequel je n'aurais pas deux minutes pour souffler ! Heureusement, le jeune voisin qui me sert de baby-sitter accepte non seulement de garder les garçons, mais de les accompagner à la fête.

Je ne suis pas en condition idéale. Ma voix trahit ma fatigue. De plus, ma place, tout en haut des praticables, ne me permet pas d'entendre le reste de mon pupitre. Je pense rester dans le rythme, mais si les autres ne le sont pas, c'est moi qui aurait l'air dans l'erreur... Tant pis, je fais ce que je peux. Mais quand le choeur se met à détonner, tandis que je reste cramponnée au piano qui joue tout près de moi, j'arrête tout simplement de chanter plutôt que d'émettre une note en disharmonie avec la disharmonie ambiante. J'échange un regard avec ma voisine, nous pouffons de rire, silencieusement. Au final, il paraît que ce concert n'était pas si nul. Heureuse de l'apprendre...

La prestation de mon autre chorale s'annonce mieux, malgré l'entorse que je me suis bêtement infligée la semaine d'avant : les marches, il n'y a rien de plus traître. Surtout quand vous leur tournez le dos ! Les chose se passent plutôt bien, je réussis même à passer le si aigu que le chef de choeur m'a suggéré de lancer une l'harmonie finale. Les chants religieux sont dans la moyenne, le Carvavale de Rossini est un rêve à interpréter tant nous l'aimons et le maîtrisons (c'est souvent ainsi...) Par contre, honte à moi, je perd un peu pied sur mon solo dans l'Insalata Italiana : je continue sur des paroles phonétique en tachant de repérer sur le classeur de ma voisine où nous en sommes. Ma montée vers les aigus se passe bien, mais trop soulagée, j'oublie un morceau de la suite... Heureusement que le morceau, repris en bis, passe à la perfection lors de la seconde interprétation. Mais en dépis de toutes les félicitations que je reçois, je crains d'avoir démérité...

milathea-notes.jpg

Depuis la rentrée, j'ai repris du service dans ces deux chorales. Dans cette de mon ministère, je suis en sursis, à plus ou moins long terme, en raison d'un futur changement de mon lieu de travail. Dans la chorale associative de ma ville... C'est une autre histoire. Je réalise que je ne suis plus aussi motivée à chanter la même chose que les vingt ou trente sopranos de mon pupitre. J'aspire à autre chose...

Mais quel autre chose ? Puis-je vraiment me mesurer aux solistes officielle, semi-pro de notre ensemble ? Cependant, est-il logique que le moindre petit bout de solo, même simple, même bas, leur soit réservé ? Je suis partagée entre deux sentiments... Un vague honte à l'idée de me conduire en enfant gâtée, de me laisser monter la tête par les paroles de ceux qui se demandent pourquoi, avec une voix telle que la mienne, je ne suis pas soliste, de me surestimer alors qu'il est si évident que je ne suis pas prête. Mais aussi l'impression que si rien ne me motive à progresser, ma motivation va s'éteindre progressivement puis mourir... Et après... Quoi ?

Je suis trop âgée pour fréquenter un conservatoire, je n'ai pas les moyens de me payer des cours individuels. Si seulement j'avais saisi ma chance il y a dix, vingt ans... Je n'envisage pas d'entrer dans une autre chorale, ça ne serait pas loyal et j'ai fait mon trou dans celle-ci... Et puis, tout serait sans doute pareil. A présent, je me sens bloquée dans une ornière, avec la peur que la passion à laquelle j'ai consécré tant d'heures prenne un goût de cendre. Si seulement, dans le domaine du Gn, je pouvais valoriser ce don... Mais non : jouer d'un instrument, danser, voici qui est valorisant. Chanter... C'est du niveau de tout le monde, à supposer même que ce soit agréable à écouter.

Je sais... Il y a tellement plus grave dans la vie...

Commentaires

"Mais non : jouer d'un instrument, danser, voici qui est valorisant. Chanter... C'est du niveau de tout le monde, à supposer même que ce soit agréable à écouter."
Pas tout à fait d'accord, j'ai beaucoup chanté dans toutes sortes de situations, dont des animations quelques GNs (il y a longtemps!), et même dans la rue! Le chant est capable de captiver un auditoire non-averti. Simplement, on ne travaille pas le chant de la même façon si c'est dans un ensemble vocal ou dans une ambiance plein air. La perfection n'est pas de mise, par contre l'énergie transmise, l'interprétation, même excessive, la puissance des mots, même en d'autres langues, prennent une importance extrême!
C'est vrai qu'avec sa voix on se sent tout nu, vulnérable. Avec le problème que la moindre critique sur notre voix nous atteint très personnellement, plus que pour tout autre instrument. Le mieux est de trouver un musicien avec qui monter quelques pièces. Les oreilles contemporaines sont habituées à la musique "arrangée", donc une seule voix, même instrumentale, peut sembler lacunaire.
Donc voilà mon avis, tu devrais te faire plaisir en chantant dans les GNs! ;)

PascalL

Écrit par : PascalL | vendredi, 17 octobre 2008

Salut PascalL, sympa de te voir en ces lieux ;).

Cette phrase ne retranscrit pas mon avis mais l'avis général... Y compris celle des GNistes, une sorte de croyance populaire qui tend à minimiser le chant face à de nombreuses autres activités... Un musicien qui accepte de t'accompagner... c'est introuvable. Il y a quelques groupes constitués, mais soit ils affichent "complet", soit ils demandent un disponibilité que je n'ai pas, soit ils "engagent" sur un âge que je n'ai plus et un physique que je n'ai pas...

Bref, pas facile de sortir de cette ornière...

Écrit par : Milathéa | vendredi, 17 octobre 2008

He he oui, je passe de temps en temps ;)

L'expérience du chant la plus rude, c'est dans la rue. Pourtant il n'y a pas plus riche en expériences. Tu apprends à te mettre hors de portée du jugement et de l'indifférence des passants. Tu fais ça parce que tu aimes. Point. Alors il y aura forcément un passant qui va apprécier. Et avec l'expérience, tu apprends à capter l'attention, à créer le lien.
Alors les GNistes, à côté, c'est presque un public facile! :D Bon, ça fait un sacré bail que je n'en ai pas fait, mais il me semble qu'il y a plein de choses possibles avec une compétence tel que celle-ci, facile à intégrer dans le fil des évènements sous un prétexte quelconque (sorts, nouvelles, indices, récit...).
Au fait, tu connais la "shruti box"? c'est un instrument indien très simple qui produit un bourdon ou un accord de base: http://fr.wikipedia.org/wiki/Shruti_box
Il complète génialement bien la voix humaine! Bien sûr, l'instrument est plus adapté à la musique à base de bourdon, comme certaines pièces médiévales ou chansons traditionnelle (genres que que je pratique). Mais je suis persuadé qu'une bonne partie de la musique ancienne est adaptable pour cet instrument. A part ça, je me suis parfois accompagné avec une simple percussion qui produit de belles basses. Le tout est de ne pas laisser la voix seule.
Bien sûr, on ne peut jamais s'attendre à ce que tous les auditeurs apprécient à priori le genre de musique que l'on fait, quelqu'en soit la qualité. Ca fait partie du jeu, si j'ose dire! :D

Salut!

PascalL

Écrit par : PascalL | samedi, 18 octobre 2008

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