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jeudi, 31 juillet 2008

Ode funèbre à l'originalité vestimentaire

De la même façon que l'on lit Match et Gala chez le coiffeur ou dans la salle d'attente du docteur - voire pire encore, ces magazines qui prétendent nous imposer un gabarit de la féminité, il m'arrive d'aller sur les blogs "de mode" par inavouable curiosité. J'avoue que j'ai déjà un peu de mal à concevoir comment l'on peut remplir un écran entier sur son dernier petit "top" ou sa robe "minimaliste" très "tendance" (c'est à dire s'inscrivant dans le courant d'une norme affligeante). Mais quand on se voit offrir en prime la photo de l'intéressée revêtue de l'inintéressant, qui lui est parfois aussi seyant qu'un tutu sur une jument... Les qualificatifs me manquent (enfin, pas vraiment, mais je ne veux pas être à 100% détestable non plus).

Si ces jeunes personnes tenaient à attirer un peu de clientèle à un artisan indépendant ou à une petite boutique qui vient de se monter, la démarche serait louable. Mais le top minimaliste est, le plus souvent, acheté dans une ligne de magasins fort prospère et fabriqué par de petits indiens ou chinois courbés sur leur machine. Nous ne sommes pas tous attentifs aux origines de notre vêture, pour raisons de temps ou d'argent, mais de là à s'en vanter...
 
soldes.gif
Le fait est que si ces jeunes personnes osaient mettre elles-même la main à la pâte et confectionner elles-même le top qui n'est en fait que deux trapèzes de tissu cousus ensemble avec un élastique sur le haut, la question serait différente : même si le résultat leur allait comme un sac, ce sera un sac fait main et pour cela, elles mériteraient le respect. Mais rares sont celles qui se lancent dans l'aventure. La couture n'est "tendance" que si elle est exercée à des fins hautement inutiles : faire un coussin, décorer un (vrai) sac...
 
Je me prends parfois à penser que la crise va peut-être inverser le mouvement, mais alors que tout augmente, on arrive toujours à trouver une fringuerie bas de gamme proposant des vêtements à deux sous... Tandis que le tissu à la coupe se montre rare... Et pas forcément bon marché.Vous me direz : nous n'avons plus le temps, plus le savoir... Pourtant, le bricolage, qui n'est pas forcément plus simple en technique, a vent en poupe. Tout savoir peut s'acquérir. Alors, pourquoi ne pas tenter l'aventure, pour enfin pouvoir se vanter à juste titre du "top minimaliste" amoureusement créé de ses dix doigts ?

Témoins de cette paresse grandissante des dits (sic) doigts, les merceries et les magasins de tissu agonisent à tour de bras. Quand je me suis installée dans ma ville il y a dix ans, trois merceries se faisaient concurrence et l'on comptait même un marchand de coupons. Deux des merceries ont aujourd'hui disparu, l'une par fermeture pure et simple, l'autre, également perlerie pour le plus grand plaisir des filles comme des mères, s'est transformée en stupide fringuerie comme tant d'autres. Le marchand de coupons est parti à la retraite et personne n'a pris sa suite. J'avais déjà évoqué la disparition du rayon Mercerie des Galeries La Fayette. Aujourd'hui, c'est le magasin Bouchara Haussmann, qui existait dans le quartier des grands magasins depuis 1936, qui meurt dans les dernières soubresauts des soldes (étonnement, leur site Internet omet de le signaler...) et devinez ce qui va prendre sa place... Un friperie/fringuerie d'une franchise connue (je ne lui ferait pas l'honneur de la citer, histoire qu'elle aille alimenter les tags). Je prévois déjà, ça et là sur les blogs, les piaillements émoustillées d'aucunes de ces demoiselles à l'apparition de cette nouvelle boutique de fringues banales...

Ah, dernière chose : si Bouchara Haussmann ferme, c'est parce que la direction du groupe se recentre sur une autre de ses enseignes : Eurodif. On y trouve (dans le meilleur des cas) linge de maison, un peu de mercerie, mais surtout de la fringue bas de gamme. Ni l'histoire, ni le prestige n'ont le moindre poids face à la logique financière.

lundi, 28 juillet 2008

De linguae nobilitate… ou : "J’écris comme je veux !"

J’ai vaguement pu comprendre, au fil de commentaires échangés en d’autres lieux, que mes choix de mots rares, précieux, farfelus ou désuets ne faisaient pas l’unanimité. D’aucuns seraient susceptibles de les trouver abscons, prétentieux ou snobs - c’est à dire sine nobilitate, sans noblesse, bref, langage de parvenus… J’aimerais comprendre comment l’on peut être un « parvenu » du langage et à qui la linguae nobilitas, la noblesse de langue peut légitimement appartenir. Le mot rare doit-il rester l’apanage des écrivains prétendus ou reconnus ou des littéraires – quoi que ce mot veuille dire ?

Mes études ont porté sur l’histoire ou plutôt, l’exploitation des sources de l’histoire. Cette discipline, à mon avis, relève de la science (qualifiée d’humaine, de non exacte, mais science tout de même) et non, comme on le considère bien trop souvent et à tort, de la littérature. Ce qui ne veut pas dire que l’histoire ne fasse pas bon ménage avec l’amour du langage : d’ailleurs, elle fait bien meilleur ménage avec la prose littéraire qu’avec la philosophie, car cette dernière tend trop souvent à courber et déformer les faits – comme les courges qu’on fait pousser dans des bouteilles – pour qu’ils se conforment à la théorie de départ. Mais pas plus, dans le fond, que la physique quantique ou la physiologie des oursins, tant il est important de savoir en toute discipline présenter des faits, des théories et des arguments avec clarté et conviction.

Si cela peut amuser, il semblerait que dans le domaine professionnel, la rédaction soit l’un de mes points faibles, tant je souffre sous le joug du sujet imposé. Quand je dois courber l’échine sur un travail qui ne me passionne pas, mon attention cherche à fuir de tous les côtés et, de fait, la présence de fautes et autres coquilles m’échappe trop souvent. Alors que sur ce qui me tiens à cœur ou que je désire faire partager, les mots coulent comme de l’eau et que je regrette que mes doigts soient encore trop gourds sur le clavier (ce qui n’implique hélas pas l’absence des dites fautes et coquilles…)

Donc, après mes sept années d’études qui n’ont pas eu l’heur d’être « littéraires » et mes treize années d’un travail que je ne prétendrais pas « intellectuel », ne me considérant pas comme un écrivain (pas plus que comme une écri-« vaine »), je suppose que je fais partie des « usurpateurs » et autres « parvenus de la langue » à qui serait barrée la fantaisie de langage. Je suis une farfelue qui aime écrire, qui prise les mots bizarres ou anachroniques (n’ai-je pas ému jadis tout un groupe d’atelier d’écriture par l’emploi du mot « sibilant »… ?), je ne possède donc pas assez de quartiers de noblesse pour prétendre au privilège du « langage choisi ». Et donc, paradoxalement, n’ayant pas la prétention d’usurper le titre d’écrivain ou d’intellectuelle ou les moyens de m’acheter l’office qui m’en parerait, je montrerais une prétention des plus graves en employant un langage qui se refuse à la simplification excessive que les tendances actuelles de la communication nous imposent.

En vilaine hérétique, je prétends que la langue appartient à tous, quels que soient le niveau d’étude ou la discipline : aux intellectuels et aux (dits) manuels, aux scientifiques et aux littéraires, aux professeurs de faculté et aux balayeurs, pourvu qu’ils en aient le goût… Et non à une classe sociale, professionnelle ou de littérateurs autoproclamés. L’usage d’un mot peu usité ne doit choquer que s’il détonne du registre général d’un texte, non par sa seule utilisation. Une précision ou une correction sur le juste emploi d’un mot doit se faire avec courtoisie et dans le désir d’instruire, non dans une philosophie de prise de pouvoir sur l’autre ou de règlement de compte. De même, l’emploi d’un mot rare ne doit se faire que par esprit ludique, appétence du beau langage ou par soucis extrême de la nuance et non pour se donner une aura d’intellectualisme triomphant. L’invention d’un mot ou son emploi hors contexte ne doit pas être critiqué si elle est annoncée et assumée comme telle. Le passé simple est un temps délicieux, qui doit survivre au moins par écrit face à la cruelle concurrence du passé composé.

Et vous, chers lecteurs, si vous ne comprenez pas un mot, n’en ayez aucune honte ! Au lieu de laisser votre sentiment d’infériorité se manifester par une réaction âpre ou agressive, ouvrez un dictionnaire ou ayez recours à ceux qui sont accessibles sur le web : placez dans vos favoris le portail Lexilogos, mine inépuisable de savoir linguistique, autant sur notre belle langue que sur les langues et dialectes locaux ou étrangers.

Sinon, pour ceux qui demandent en toute curiosité ce qu’est la « langue xyloglotte » ou « xylolangue » à laquelle je fis tantôt référence, voici le lien du Dictionnaire de langue Xyloglotte.

jeudi, 24 juillet 2008

Changements estivaux !

Afin d'accompagner l'évolution de ce blog, j'ai décidé de créer quelques petites catégories afin de délester le "fourre-tout" des "Interludes".

 Donc, vous trouverez désormais les catégories "Futilités domestiques" (les aventures des poissons rouges... et autres inepties) et "Promenades". La catégorie "Jeux et rôles" devient "Le rôle et l'habit", afin de rester en phase avec la prédominance de l'aspect "costume" des notes qui s'y trouvent.

 Sur ce, en attendant que je rattrape mon considérable retard, petit clin d'oeil à la période d'été :

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mardi, 22 juillet 2008

Projet fini : chemise patchwork pour Monsieur (quatrième partie)

Je m'aperçois que dans l'abyssal puits de mon retard à publier sur ce blog, j'ai oublié de vous montrer le produit fini de ce projet. Je répare donc cette erreur.

 Voici l'effet global, avec accessoires : gilet effet "serpent" que j'ai réalisé, bottes et ceinturon (qui viennent, eux, de chez monsieur le marchand)...

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 Voici un agrandissement de la broderie de perles en forme de serpent sur le gilet : 

JB03.jpg

 Enfin, deux photos qui montrent le couvre-chef, assorti à la fois à la chemise (par son assemblage de tissus) et au gilet (par la "peau de serpent" qui l'encercle) : 

jb-vip.jpg
 
jb-vip2.jpg
 

jeudi, 17 juillet 2008

Les plus beaux costumes du monde

costumes.jpgJeudi 22 mai 2008, à une heure tardive, la chaîne Arte a diffusé le documentaire "Dressing the Cinema - Sartoria Tirelli". La "Sartoria Tirelli" n'est autre que l'un des meilleurs, si ce n'est le meilleur atelier de costumiers du monde. Que ce soit dans le talent de ses employés, dans la qualité des matériaux employés ou dans la réflexion autour du personnage incarné qui précède chaque création de costume. Bref, Tirelli est une référence absolue... Que ce soit dans l'historicité (Le Guépard, Mort à Venise...) ou la démesure (Le Baron de Munchausen), ces créations de rêve et de fil contribuent à créer des univers uniques...
 
Si vous voulez découvrir à votre tour cet univers merveilleux, allez rêver devant le site web de la "Sartoria Tirelli". Le site n'est disponible qu'en  italien et en anglais, mais si vous ne comprenez aucune de ces deux langues, vous pouvez toujours cliquer sur "Atelier" pour admirer ces réalisations.

 

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