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lundi, 08 septembre 2008

Les Vertus de l'Acharnement

Très souvent, pour le grand public, le mot « Acharnement » revêt un sens négatif : celui du harcèlement, de la cruauté, de la férocité… Pourtant, la définition du Petit Robert n’est pas totalement négative :

Acharnement. - Ardeur furieuse et opiniâtre dans la lutte, la poursuite, l’effort.

Quand j’étais étudiante, que je trimais comme une brute sur les bancs de ma classe préparatoire, l’un de mes professeurs, qui semblait avoir quelques griefs contre mon côté anti-conformiste, avait marqué sur mon bulletin trimestriel que mon « acharnement » portait ses fruits. Sans doute une façon détournée de souligner mon manque de talent et de capacités réelles…  Peut-être n’avait-il pas tort, je suis mal placée pour en juger. Mais avec du recul, je me dis que quoi qu’ait pu penser ce docte monsieur, l’acharnement peut être bel et bien une vertu.

Car enfin, l’acharnement, c’est aussi le courage, le dépassement de soi, la constance, le refus de la faiblesse. C’est ce qui permet de tenir quand tout semble contraire, de passer les caps délicats que la vie personnelle, professionnel, le travail, les loisirs peuvent présenter à intervalles réguliers, non par simple attentisme, mais en luttant pour faire plus, pour faire mieux. L’expression d’un véritable amour-propre, pas celui qui, d’un coup de tête, fait tout quitter pour une question d’orgueil froissé. Mais la véritable fierté qui refuse de se considérer comme battue.

Je dois avouer que chez moi, seules, justement, la fierté et la passion sont capable d’allumer l’« ardeur » de la définition. J’ai bien du mal à aller chercher cette indispensable vertu au fond de moi-même si le sujet ne suscite chez moi qu’ennui. C’est d’ailleurs l’un de mes principaux travers, assez gênants parfois… Me pousser à fournir un effort sur une oeuvre qui ne me fait plus vibrer est une gageure. Mais d’un autre côté, comme mes passions sont instables, je laisse souvent la « vie sauve » à mes projets dormants, au cas où il me prendrait l’envie de les réveiller.

Cet acharnement me rend plus ou moins imperméable au regard des autres, même si parfois je râle et je hurle contre leur indifférence, leur passivité, leur engourdissement mental. Si c’est ainsi, qu’à cela ne tienne : je prend les rennes et j’agis seule, quitte à porter sur mon maigre dos des projets qui devait être menés en équipe. C’est ce qui me pousse à continuer à écrire dans des blogs que personne ne lit, à maintenir en vie des forums où personne n’intervient, à réfléchir à des questions théoriques qui ne passionnent personne. Juste parce que je continue à y croire, que je demeure persuadée de la valeur et de l’intérêt de mon travail ; tant pis pour la masse bêlante qui ne comprend pas – pour l’instant - ma vie et mon œuvre. Rome ne s’est pas construite en un jour…

J’ai vu des créateurs de projets saborder leurs sites, leurs forums au bout de quelques mois en raison d’un manque d’activité. Sans même donner le temps au temps… Je ne peux m’empêcher de penser qu’un tel comportement est preuve d’une passion moins grande pour leur sujet que pour le regard des autres. Un de mes forums reçoit plus de 10000 visites par jour et a franchi les 30000 messages – en immense majorité, des interventions de qualité. Et pourtant, il a mis des mois, voire des années à décoller. Si j’avais appuyé sur le bouton « suppr. » dans mes moments de découragement, en bêlant « Ça ne marcheraaaa jaaaamais ! », je n’aurais jamais pu (modestement) me gargariser de ce succès qui, même modeste, n’en est pas moins un succès.

Donc, M. B., merci a posteriori pour votre appréciation. Je revendique, ne vous déplaise, l’acharnement comme une vertu et je vous remercie de m’avoir ouvert les yeux sur ce côté admirable de ma personnalité…

10:59 Publié dans Interlude | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : travail, projets, suivi

Commentaires

Bien sûr, l'acharnement peut être une qualité! Même si la langue française regorge de mots au sens proche et à la consonnance moins péjorative que ton professeur aurait pu utiliser...
J'ai toujours eu des facilités scolaires (sur le travail lui-même, parce que l'adaptation au milieu scolaire a toujours péché...), mais elles ne sont pas apparues comme ça... D'une part, mes parents m'ont appris l'amour de la lecture et du raisonnement, et d'autre part, j'ai toujours travaillé avec acharnement.
Qu'on prenne cela pour un talent inné peut me sembler flatteur ou rabaissant, selon les moments: flatteur qu'on me croie supérieure (ce qui n'est en fait souvent qu'un prétexte pour travailler moins que moi...), rabaissant parce que c'est nier la quantité et la qualité de mon travail...
Tout ça pour dire que je comprends tout à fait que tu remercies ce professeur qui t'a fait un compliment sans le vouloir...

Écrit par : mari6s | samedi, 13 septembre 2008

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