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mercredi, 10 septembre 2008

Le doux charme de la stupidité

En lisant certains billets sur certains blogs, je ne peux m'empêcher de me sentir frappée de stupéfaction. Attention, pas n'importe quelle stupéfaction, la stupéfaction étymologique, celle qui vous change en pierre tant vous êtes à la fois atterré(e) et/ou affligé(e)...

Mais peut-être serait-il temps de venir à la raison pour laquelle je suis pétrifiée ou collée au sol : c'est tout simplement le ton stupide qu'adoptent certaines blogueuses - car ce travers, passé l'âge de 14 ans, semble être surtout féminin.

Je peux sourire devant un ton volontairement brouillon et déjanté, devant des expressions inventées ou un langage faussement populaire... Mais pourquoi vouloir volontairement passer pour une gourde ? D'autant plus que l'on devine que l'auteur ne l'est pas (cruche, si vous avez bien suivi...), ou du moins, n'a pas le sentiment profond d'en être une. Même s'il y a peut-être dans le lot d'authentiques dindes qui jouent les cruches pour ne pas passer pour des gourdes...

Certes, il y a sans doute des avantages. Je peux même en trouver, moi-même, quelques-uns. Soyez cruches, car ainsi :

  • vous ferez rire volontairement à vos dépends (ce qui détournera certaines perfidies de vos consoeurs, vu qu'elles n'iront pas voir au delà de ce qualificatif auto-proclamé et revendiqué de "cruche");
  • vous vous mettrez au niveau de votre lectorat le moins dégourdi, qui en sera flatté ;
  • vous ne ferez pas peur aux hommes qui détestent les filles plus brillantes qu'eux ;
  • vous collerez au profil de certains de vos personnages de mangas préférés...

Large_White_turkey_female.jpgHélas pour moi, je ne suis pas franchement sensible à ce genre d'arguments : je n'ai pas envie de passer pour plus bête que je ne le suis, même pour faire rire la galerie ; je n'ai pas envie d'insulter mes deux ou trois visiteurs mensuels en les considérant de base comme des idiots, je suis déjà casée avec un homme qui apprécie de discuter avec moi de tous les sujets, d'égal à égal et je ne vibre pas pour les collégiennes stupides en jupe plissée. Je perds sans doute pas mal d'avantages, je me coupe de tout un milieu social trépidant - vu que les blogs sont comme les cantines administratives : la dinde est une valeur sûre... La vie nous inflige suffisamment d'occasions de nous sentir bêtes, ou d'être considérés comme des imbéciles, ce n'est peut-être pas la peine d'en ajouter !

D'un autre côté, quand on voit les efforts surhumains que déploient certains blogueurs pour prouver au monde entier qu'ils sont intelligents, cultivés, artistes, poëtes, au fait de l'actualité, dotés d'un goût absolu et  d'un jugement qui fait autorité, on se dit que jouer les dindes, ce n'est pas franchement pire. Ce n'est qu'une façon comme une autre de se construire une image plutôt que rester au plus près de soi-même.

Personne n'a jamais dit qu'un blog devait être honnête sur ce qu'il cherche à vendre...

Image :Wikipedia

Commentaires

Comme toujours, analyse pertinente! J'aime bien visiter la blogosphère, on tombe parfois sur de très bons blogs, mais il faut pas mal trier...

Écrit par : mari6s | jeudi, 11 septembre 2008

Je t'ai taggée pour la récompense 2008 Brillante weblog, viens voir tes instructions sur mon blog !

Écrit par : mari6s | jeudi, 11 septembre 2008

Argh, je m'en occupe ce soir ou demain, quand je me serai dégagée des tentacules de mon boulot et de mes réunions d'assos... ;)

Écrit par : Milathéa | vendredi, 12 septembre 2008

Pas de problème, rien ne presse!

Écrit par : mari6s | samedi, 13 septembre 2008

Ah, le charme des blogs... Entre le règne de la vacuité et l'épidémie d'hypertrophie du melon on ne sait plus à quel e-saint se vouer. Le tien est en tout cas fort sympathique, intéressant et agréable à lire. Hop, marque-pages !

J'adopte un ton un peu familier et mon nom ne doit pas te dire grand chose... Peut-être ne te souviendras-tu plus de moi, mais il y a quelques années j'avais le doux pseudo de Silmë. :)

Écrit par : Morgane | lundi, 22 septembre 2008

Bien sûr que je me souviens ! D'ailleurs, étrangement, quand j'ai vu le nom de Morgane, j'ai pensé brièvement à toi, avant même de lire le commentaire. Comme quoi, le web est petit !

Je suis allée faire un petit tour sur ton blog, qui m'a l'air, ma foi, bien prometteur ! :) A très bientôt donc !

Écrit par : Milathea | lundi, 22 septembre 2008

Les tags , les votes , les concours ... ne m'interessent pas . Celles qui claironnent et fanfaronnent avoir atteint les 50 commentaires pour une note sont rarement interessantes . Mais je ne les trouve pas navrantes non plus . Je leur concède leur besoin d'assouvir ce qu'elles pensent être de la reconnaissance ... Tant mieux si elles y trouvent leur compte .
Je tiens moi-même un blog peu "cultivant " , je ne saurais me permettre de vitupérer ces femmes et leurs bla bla de filles .
Il s'agit de paysage virtuel , cela ne me gêne pas car mes yeux ne sont pas obligés de s'y poser . Pour moi la cohabitation virtuelle est aisée . Je n'irais pas ouvrir un blog sur un site se prévalant intellectuel ...
pour finir j'aime faire la sotte de temps en temps .

Écrit par : sandralou | jeudi, 25 septembre 2008

Et j'ai oublié la majuscule à : "Pour" !
A ce sujet , que penses-tu de l'apprentissage des majuscules à l'école , pas celles en capitales , non les autres ... les calligraphiées , le F avec le petit 1 accroché ...
Pour mon fils c'est un cauchemar . Il sait que peu d'adultes maîtrisent encore cet art et s'offusquent d'avoir à les apprendre .

Écrit par : sandralou | jeudi, 25 septembre 2008

Je ne conteste à personne le droit de ne pas être "cultivant". Je n'estime pas moi-même apporter quoi que ce soit à la culture générale de mes lecteurs et quand j'écris un article sur un sujet donné, c'est parce que j'espère attirer un peu de curiosité sur des sujets méconnus. Mais pas des sujets que j'estime "culturels" (si tant que ces mots veulent dire quelque chose, même pour moi qui travaille dans le patrimoine - le vrai, le "culturel", pas l'immobilier et les actions).

Comme tu dis toi même, tu aimes faire la sotte... mais de temps en temps. Adopter à longueur de temps un ton de perruche écervelée pose un autre problème qui me semble tout de même grave : comment ces personne se projettent-elles, en tant que femmes ? C'est tout le fondement de la question d'autant que c'est un trait (presque - pour la prudence dans l'affirmation) essentiellement féminin. Femme inférieure, femme infantile... Peut-être y a-t-il derrière un appel à l'amour et à l'affection - ou s'attendrit plus sur le petit et le faible, mais j'en éprouve une certaine inquiétude sur la façon dont tourne notre société. Il y aurait sans doute beaucoup à dire sur la question...

Quant à ma critique, je ne la crois pas fondamentalement méchante. Tout trait de société (et la blogosphère est un monde en soi) mérite d'être pointé, analysé. S'il fallait s'abstenir totalement de porter non pas forcément un jugement, mais au moins un regard, même acerbe, sur ses contemporains, ce serait la mort de toute réflexion et de toute chance d'évolution...

Écrit par : Milathea | jeudi, 25 septembre 2008

En ce qui concerne les majuscules, je les aime trop pour être contre leur apprentissage calligraphique. Mais dans le cas d'un enfant qui a des problèmes d'écriture, ce qui est important, c'est avant tout de montrer aux enfants comment elles structurent la phrase et l'écrit en général - ce que l'enseignement actuel n'appuie hélas pas assez. Après, que l'enfant les calligraphie ou qu'il les trace en bâton, ce n'est pas si grave s'il a intégré leur usage.

Ce qui n'empêche pas de donner aux enfants le goût de la calligraphie, mais dans un contexte plus ludique, du style "Faites votre carte pirate ou votre étendard médiéval". Mon fils écrit difficilement mais dessine à ravir (encore un paradoxe). Il pleure dès qu'on lui parle de majuscule, mais serait prêt à apprendre à calligraphier à gothique rien que le plaisir. L'approche de la calligraphie peut-être une bonne solution pour donner le goût de l'écrit.

Écrit par : Milathea | jeudi, 25 septembre 2008

Mon fils recopiait à 5 ou 6 ans les idéogrammes de l'écriture chinoise (nous avons une méthode ASSIMIL dans notre bibliothèque ) .
Je suis d'accord pour montrer , offrir à l'enfant , l'élève , les majuscules calligraphiées , lui laisser s'en emparer , s'en délecter , s'essayer à leur écriture mais le contraindre à maîtriser et utiliser chacune de ces belles lettres me semble injustifié .

Écrit par : sandralou | jeudi, 25 septembre 2008

Je ne suis pas tout à fait d'accord. La formation de la lettre (majuscule comme minuscule) est, pour la plupart des enfants, un bon apprentissage qui "forme" la main à mouler la lettre.

Ou plutôt, c'était vrai à l'époque où l'on accordait plus d'importance au "ductus" : c'est à dire à la technique de tracé de la lettre, à quel endroit la commencer, ou la finir pour que le geste soit "efficace". Aujourd'hui, l'enseignement ne se préoccupe pas du "ductus", ou très peu : résultat, on leur donne un modèle et on les laisse se débrouiller, sans se soucier de la position de la main, de l'ordre dans lequel se tracent les différentes parties de la lettre...

La plupart des majuscules ne sont pas si compliquées : un seul trait qui se boucle et se déroule, voire deux, mais les enfants ne peuvent pas en avoir conscience, ils se compliquent la vie pour cause de carence de formation. Et c'est vrai un peu pour tout...

Écrit par : Milathea | jeudi, 25 septembre 2008

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