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samedi, 19 décembre 2009

Le dernier archange (première partie)

Un vétéran vivant en solitaire sur la planète marécageuse Everglades fait une rencontre particulière…

Je n'ai pu résister à mettre cette histoire en ligne. Il s'agit techniquement d'une "fanfic", mais le "fandom" dans lequel cette histoire se situe est si peu connu que je préfère le passer sous silence. Vous êtes cependant libre de faire des suppositions. Cependant, je sacrifie à la tradition : le narrateur et Everglades m'appartiennent, mais j'emprunte illégalement le reste...

C'est cette histoire qui m'a donné l'idée de Paradis XXIV. Un jour, il faudra que je fasse la liste des mes inspirations ! Donc, voici la toute première partie : j'espère avoir le temps et l'énergie d'écrire la suite !

 

Première partie

Everglades est la dernière planète sur laquelle un homme censé établirait sa résidence secondaire. Encore moins sa résidence principale. Mais je ne suis pas un homme censé. Juste un vétéran des guerres coloniales qui commence à sentir les années qui s’entassent… Drôle d’image, je sais, mais c’est ce que fait le temps : il entasse la poussière sur le monde, les fardeaux sur nos épaules et les épaves dans les cimetières.

Pour revenir à Everglades, cette planète possède un seul avantage: sa surface est presque totalement recouverte de liquide… d’eau ou de boue plus ou moins épaisse. Peu de ressources exploitables, pas d’agrément particulier, à moins d’aimer chasser les créatures antipathiques qui y rampent. Et  toute comme moi, ceux qui s’y embourbent durablement ont choisi d’y mourir lentement, loin de la fraternité humaine qui ne leur manque pas. Je ne suis pas du genre à regretter ceux qui ne remarquait ma présence que pour m’appeler « grand-père » d'un ton  condescendant. Je ne le tolérerais pas même de mes propres petits-enfants, si j’en avais… Donc, Everglades est un paradis pour les exo-moutisques et les asociaux dans mon genre.

Au fil des années, je me suis bâti une véritable propriété sur pilotis. Habitation principale, dépendances, salle de stockage et même, sur un rare morceau de terre ferme, une ferraille où viennent s'entasser les carcasses que je désosse. Le tout relié par des pontons sur lesquels il fait bon s’asseoir quand la nuit tombante amène un peu de fraîcheur, au son des clapotements, des sifflement, des stridulations et autres cris d’animaux. Quand la navette de ravitaillement vient de passer, je peux même m'offrir le luxe d'une bière. Et me rappeler la planète de mon enfance, celle qui n'existe plus que dans mes souvenirs... Du moins telle que je la connaissais. La nostalgie, c'est parfois un mode de vie en soi.

Donc, je viens d'assister à l'un de ces couchers de soleils somptueux qui seuls, pendant une petite heure, donnent un peu de beauté à Everglades, comme le regard d'un amoureux sait embellir une femme sans attraits. Le ciel en feu transforme l'eau stagnante en un miroir incandescent. Les couleurs s'entrechoquent dans des nuances infinies de jaune, de rouge, d'orange et de rose, en plus de quelques teintes dont je ne saurais dire le nom. Dans ces moment-là, je me sens presque devenir poète. Puis le monde autour de moi s'assombrit, sous un ciel  d'argent qui reflète sa dernière clarté dans l'étendue liquide. Un vent léger chasse les insectes et rafraîchit ma peau. La dernière gorgée de bière laisse une trace de parfum et d'amertume.

C'est alors que le bruit s'élève... Un vrombissement, plus fort que celui d'un insecte... Mécanique, j'ai gardé l'oreille, je ne me tromperais pas là dessus. Je le vois apparaître, une flèche brillante dans mon champ de vision, trop rapide pour mes yeux fatigués :   un chasseur. Ils ont changé depuis mon époque. Plus profilés, affûtés comme des dards, transperçant le ciel sans une once de pitié. Quand mon regard le retrouve enfin, c'est pour réaliser qu'il se rapproche dangereusement du sol, en une courbe difficilement contrôlé. Je plisse les yeux, cherchant à déterminer si le pilote a le goût des atterrissages acrobatiques ou s'il va simplement s'écraser. Je sens mon cœur battre, comme autrefois, quand l'approche  erratique d'un appareil trahissait les dommages subis au combat. Mon corps se tend, près à bondir vers le chasseur et tirer le pilote de son cockpit. Près à lui passer la gueulante de sa vie, pour le travail qu'il va me donner, mais aussi parce que c'est le plus sûr moyen de ne pas le laisser sombrer dans une panique rétrospective, de permettre à l'adrénaline de finir sa course... Les vieilles habitudes sont difficile à perdre.

Le pilote a réussi à maîtriser suffisamment sa courbe et le chasseur a perdu de sa vélocité quand il touche le marécage. à deux cents mètres de moi. Il trace un large sillon dans la boue, projetée de part et d’autre en murailles brunâtres qui retombent en se pulvérisant. Le hurlement des moteurs meurt en un crachotement sans dignité. Même dans la pénombre, je vois que la gadoue couvre presque tout l’appareil, laissant à découvert de larges portions de carlingue blanche et brillante. Du travail en perspective pour les équipes au sol. Parfois, on devrait laisser les pilotes se salir les mains, pour calmer leur arrogance...

L'atterrissage n'était pas trop mauvais : il devrait s'en sortir indemne et il n'en tirera aucune leçon. Avec un soupir, je me lève pour gagner mon aéroglisseur : encore un casse-cou inconscient à qui il faut sauver la mise. Ce n'est pas comme si je ne l'avais jamais fait...

Commentaires

J'aime! Le personnage est bien décrit et le point de vue interne est convainquant. Tes descriptions sonnent juste, que te dire de plus? Un bien joli texte, qui se lit agréablement de façon indépendante, ce qui ne m'empêche pas d'attendre la suite ;p.

Écrit par : mari6s | samedi, 09 janvier 2010

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