« 2009-09 | Page d'accueil | 2010-01 »

lundi, 21 décembre 2009

Le fouet de l'inspiration...

L'inspiration tient. Ce qui n'a rien de bien  étonnant vu que ma dernière lubie ne remonte qu'à 10 jours... Il faut tout au moins donner à ma "danseuse" du moment le crédit suivant : m'avoir ramené sur le web, sur mon blog, même si mon jeu gît encore abandonné. Aujourd'hui, j'ai publié ma première "réaction" sur la fanfiction d'un autre auteur. Ce qui est également un fait remarquable, vu ma timidité (ne ricanez pas, c'est la vérité).

J'ai déjà deux lecteurs réguliers. Trois, si je compte mon n'hom qui fait aussi office de bêta-testeur. Pas la foule, mais un début.

Le sentiment de l'auteur qui écrit dans le vide n'est pas tellement différent de celui du webmestre qui crée des sites qui n'intéressent personne ou du VIB Alternatif (le "very insignificant blogueur", si certains se souviennent de cette mini-crise qui fit de moi pendant un court lapse de temps quelqu'un de modérement intéressant, et qui ne déboucha sur... rien vu que sur Haut et Fort, les petits blogueurs n'ont toujours pas d'espace où s'exprimer...).

Il y a une bonne dose de masochisme dans la démarche. Le "créateur" sait très bien qu'il n'aura aucune audience, mais se livre cependant à l'exercice pour mieux pouvoir se plaindre ensuite de sa solitude. En révélant ce secret bien gardé, je prête le flanc à mes critiques de l'épisode "VIB alternatifs", mais je pense qu'il y a cependant un élément qui entre en ligne de compte : même si je n'ai pas le profil du "poète maudit", ignoré et incompris malgré son génie, je reste persuadée que ce que je produis n'est pas sans valeur et que j'ai juste besoin de toucher le bon public. Donc, pas de dévalorisation, pas d'autoflagélation. Ce qui est sans doute grave, vu que si l'autodévalorisation est mal vue, elle est aussi une réaction jugée "normale" et attendue de chacun. Si un homme politique, un artiste, un sportif sa déclare satisfait de lui-même, sans l'appui d'éclatantes victoires, il devient victime expiatoire de la vindicte populaire en moins de temps qu'il faut pour le dire. Sans doute est-ce la même chose pour l'auteur sans succès.

logo-guppy2.gifMais je prends le risque. Je suis satisfaite de moi, malgré mes 2,5 lecteurs et zéro réaction sur mon site. Et je remercie mon papa (qui s'en moque, mais avec bienveillance), ma maman (pour qui je ne devrait pas lancer dans quoi que ce soit à moins de tutoyer l'excellence...), ma grande soeur (qui au mieux ricanera), mes amis (qui me disent : "Je note l'adresse et j'irai voir à l'occasion... qui y croit ?), mes enfants (qui râlent dès que je suis sur l'ordi parce qu'ils le veulent pour jouer), mon n'hom (le seul qui m'appuie un peu dans cette histoire, mais comme c'est mon n'hom, il n'a pas trop de mérite...)... Et surtout, le logiciel de CMS GuppY, sans qui je ne serai rien.

Mon meilleur allié est un poisson virtuel. Tout à fait moi...

 

samedi, 19 décembre 2009

Partager le fil

Il y a de cela près de 18 mois, je défendais mon droit à écrire comme j'en avais envie, sans avoir à subir de préjugés liés au fait que j'aimais manipuler la langue.

Ces réflexions deviennent à nouveau d'actualité depuis que je me consacre à une activité... disons... d'écriture (je n'ose dire "littéraire", je pense que certains "littérateurs" m'arracheraient virtuellement la tête). Le fait est que je me suis toujours consacrée à des formes de "sous-littérature" - ce qui implique peut-être qu'il y a une "sur-littérature". et qu'il faut étudier où se trouve précisément la barre entre "sous'" et "sur"... Une sorte de "ligne d'horizon" ou de "ligne de flottaison", peut-être.  Il y a des ingénieurs spécialisés sur la question ?

Donc, quelques articles professionnels ne peuvent plus me sauver, vu que j'ai choisi de déroger en me commettant dans des jeux d'écriture,  des ateliers d'écriture, des fictions de fan et pire encore, une fiction "sérielle"... Dans le domaine de la science-fiction, de la fantasy, du fantastique, qui plus est ! Et le pire de tout, sur un blog généraliste qui... comble du mauvais goût... ne se prend pas au sérieux !

Il faut avouer que ma vision de l'écriture est terriblement surranée : j'aime échanger des idées et raconter des histoires. J'apprécie ce que j'appellerais (ne m"agressez pas, j'en suis navrée d'avance...) une littérature de partage. Si j'insiste parfois sur l'aspect personnel, carthartique, thérapeuthique de l'écriture, je dois avouer qu'il ne peut s'agir pour moi d'un exercice d'examen de nombril. Un écrivain sans lecteur n'en est pas un... il se livre à un soliloque, et quelque part, je dois avouer avoir cette méfiance instinctive envers les gens qui parlent tout seul.

Quand il m'arrive de parler toute seule, c'est parce que mes idées sont si intenses qu'elles sortent seules de ma tête. Mais le plus souvent, c'est parce que j'espère que des oreilles autour de moi recueilleront mes récriminations ! C'est dur d'être seul avec soit-même quand on brûle de s'exprimer. D'où, peut-être, la prétention de l'écriture en soliloque. Ne pas avouer la solitude, que je connais trop, de l'auteur que personne ne lit...

 

Le dernier archange (première partie)

Un vétéran vivant en solitaire sur la planète marécageuse Everglades fait une rencontre particulière…

Je n'ai pu résister à mettre cette histoire en ligne. Il s'agit techniquement d'une "fanfic", mais le "fandom" dans lequel cette histoire se situe est si peu connu que je préfère le passer sous silence. Vous êtes cependant libre de faire des suppositions. Cependant, je sacrifie à la tradition : le narrateur et Everglades m'appartiennent, mais j'emprunte illégalement le reste...

C'est cette histoire qui m'a donné l'idée de Paradis XXIV. Un jour, il faudra que je fasse la liste des mes inspirations ! Donc, voici la toute première partie : j'espère avoir le temps et l'énergie d'écrire la suite !

 

Première partie

Everglades est la dernière planète sur laquelle un homme censé établirait sa résidence secondaire. Encore moins sa résidence principale. Mais je ne suis pas un homme censé. Juste un vétéran des guerres coloniales qui commence à sentir les années qui s’entassent… Drôle d’image, je sais, mais c’est ce que fait le temps : il entasse la poussière sur le monde, les fardeaux sur nos épaules et les épaves dans les cimetières.

Pour revenir à Everglades, cette planète possède un seul avantage: sa surface est presque totalement recouverte de liquide… d’eau ou de boue plus ou moins épaisse. Peu de ressources exploitables, pas d’agrément particulier, à moins d’aimer chasser les créatures antipathiques qui y rampent. Et  toute comme moi, ceux qui s’y embourbent durablement ont choisi d’y mourir lentement, loin de la fraternité humaine qui ne leur manque pas. Je ne suis pas du genre à regretter ceux qui ne remarquait ma présence que pour m’appeler « grand-père » d'un ton  condescendant. Je ne le tolérerais pas même de mes propres petits-enfants, si j’en avais… Donc, Everglades est un paradis pour les exo-moutisques et les asociaux dans mon genre.

Au fil des années, je me suis bâti une véritable propriété sur pilotis. Habitation principale, dépendances, salle de stockage et même, sur un rare morceau de terre ferme, une ferraille où viennent s'entasser les carcasses que je désosse. Le tout relié par des pontons sur lesquels il fait bon s’asseoir quand la nuit tombante amène un peu de fraîcheur, au son des clapotements, des sifflement, des stridulations et autres cris d’animaux. Quand la navette de ravitaillement vient de passer, je peux même m'offrir le luxe d'une bière. Et me rappeler la planète de mon enfance, celle qui n'existe plus que dans mes souvenirs... Du moins telle que je la connaissais. La nostalgie, c'est parfois un mode de vie en soi.

Donc, je viens d'assister à l'un de ces couchers de soleils somptueux qui seuls, pendant une petite heure, donnent un peu de beauté à Everglades, comme le regard d'un amoureux sait embellir une femme sans attraits. Le ciel en feu transforme l'eau stagnante en un miroir incandescent. Les couleurs s'entrechoquent dans des nuances infinies de jaune, de rouge, d'orange et de rose, en plus de quelques teintes dont je ne saurais dire le nom. Dans ces moment-là, je me sens presque devenir poète. Puis le monde autour de moi s'assombrit, sous un ciel  d'argent qui reflète sa dernière clarté dans l'étendue liquide. Un vent léger chasse les insectes et rafraîchit ma peau. La dernière gorgée de bière laisse une trace de parfum et d'amertume.

C'est alors que le bruit s'élève... Un vrombissement, plus fort que celui d'un insecte... Mécanique, j'ai gardé l'oreille, je ne me tromperais pas là dessus. Je le vois apparaître, une flèche brillante dans mon champ de vision, trop rapide pour mes yeux fatigués :   un chasseur. Ils ont changé depuis mon époque. Plus profilés, affûtés comme des dards, transperçant le ciel sans une once de pitié. Quand mon regard le retrouve enfin, c'est pour réaliser qu'il se rapproche dangereusement du sol, en une courbe difficilement contrôlé. Je plisse les yeux, cherchant à déterminer si le pilote a le goût des atterrissages acrobatiques ou s'il va simplement s'écraser. Je sens mon cœur battre, comme autrefois, quand l'approche  erratique d'un appareil trahissait les dommages subis au combat. Mon corps se tend, près à bondir vers le chasseur et tirer le pilote de son cockpit. Près à lui passer la gueulante de sa vie, pour le travail qu'il va me donner, mais aussi parce que c'est le plus sûr moyen de ne pas le laisser sombrer dans une panique rétrospective, de permettre à l'adrénaline de finir sa course... Les vieilles habitudes sont difficile à perdre.

Le pilote a réussi à maîtriser suffisamment sa courbe et le chasseur a perdu de sa vélocité quand il touche le marécage. à deux cents mètres de moi. Il trace un large sillon dans la boue, projetée de part et d’autre en murailles brunâtres qui retombent en se pulvérisant. Le hurlement des moteurs meurt en un crachotement sans dignité. Même dans la pénombre, je vois que la gadoue couvre presque tout l’appareil, laissant à découvert de larges portions de carlingue blanche et brillante. Du travail en perspective pour les équipes au sol. Parfois, on devrait laisser les pilotes se salir les mains, pour calmer leur arrogance...

L'atterrissage n'était pas trop mauvais : il devrait s'en sortir indemne et il n'en tirera aucune leçon. Avec un soupir, je me lève pour gagner mon aéroglisseur : encore un casse-cou inconscient à qui il faut sauver la mise. Ce n'est pas comme si je ne l'avais jamais fait...

Veine d'écriture

Contre toute attente, l'inspiration "tient". En fait, je commence à comprendre comment, au XIXe siècle, la littérature s'est épanouie sous les doigts des "feuilletonistes". Développer une histoire par étapes, sous l'attention directe d'un public (même si pour le moment, il demeure modeste et le restera sans doute) a quelque chose d'incontestablement motivant. En fait, je reviens aux sources du concept de "feuilleton", celui qui paraissait entre les feuilles du journal avant de devenir un concept télévisuel. Pour les plus jeunes, c'est ainsi qu'on appelait jadis les "séries" où chaque épisode était censé servir de suite au précédent... A présent que les concepts ne sont plus si clairs, le terme de "série" a tendance à tout couvrir.

Pour revenir aux feuilletonistes, je m'interroge à présent sur leurs procédés d'écritures. Commençaient-ils à publier quand tout était déjà écrit ? Ou écrivaient-ils au jour le jour dans le cadre d'une trame plus ou moins précise ? Etaient-ils sensibles à l'avis de leurs lecteurs, qui prennaient sans doute la plume pour réagir ? Et ne parlons pas des extrêmes, de Dumas et de ses légendaires ""nègres" qui bien souvent assuraient à sa place la régularité de la parution (je vous conseille ce petit texte de conférence sur ce point), et à qui il délégait l'écriture des parties les moins passionnantes de ses oeuvres. Ce qui parait scandaleux dans notre conception de l'écriture comme un acte intime et personnel, alors qu'il a toujours semblé naturel de voir les grands maîtres de l'art pictural abandonner à leurs apprentis les parties les moins affriolantes de leurs plus grandes oeuvres.  Il faut bien dire que de nous jours, le recours à des "nègres" ne supplée pas au génie d'un Dumas, mais masque l'incompétence de soit-disant auteurs...

Je suis également confrontée à un soucis : le nombre de personnages qui évoluent dans Paradis XXIV. L'équipe des Forces spéciales de l'ISO comporte sept personnes, l'équipage du Moonshine Runner quatre, puis cinq, sans compter tous les autres personnages qui gravitent dans le coin... Je me demande si les lecteurs vont s'y reconnaître dans cette foule ! Surtout dans le cadre d'un récit par écrit. C'est un peu pour cela que les avis sont capitaux. Il y a une sorte de forum sur mon site et j'espère qu'un jour il abritera de véritables discussions que les commentaires ne permettent pas.

Pour le moment, mon n'hom me sert de bêta testeur : son expérience militaire et scientifique me permet de ne pas totalement me ridiculiser. Du moins j'espère... Je sais que le talent littéraire fait passer bien des choses, mais le mien n'étant pas garanti, la sécurité de la crédibilité n'est pas du luxe...

lundi, 14 décembre 2009

Délit de lecture...

Mission éreintante au travail, lassitude générale, fatigue et grippe (oui, celle qui est à la mode actuellement...) Autant de "bonnes raisons" d'avoir déserté le web. Il me faut cependant révéler mon terrible secret : pendant l'été, un peu par hasard, j'ai découvert la Fanfiction. Si vous ne savez pas de quoi il s'agit, ou que vous peinez à le deviner, il s'agit simplement d'oeuvre de fictions écrites par des fans... dans l'univers de leur ouvrage / film / série télévisée préféré(es). Si vous voulez plus de détails, il y a toujours l'article de la Wikipedia. Bien entendu, l'article en Anglais est plus complet, mais il paraît que lire dans le texte de livres de Fantasy jamais traduits en Français n'est pas une nécessité vitale et que par conséquent, une portion non négligeable de la population n'a pas ressenti la nécessité de lire avec fluidité la langue d'Albion...

pen.jpgÉvidemment, pour revenir à la production susdite, on y trouve de tout : du pire (voire de l'innommable), du meilleur (voire de l'excellent), en passant pour toutes les étapes intermédiaires, avec un petit détour par le bizarre. Pas mal de nostalgie - à une ou deux exceptions près, je me suis surtout plongée dans les prolongements para-littéraires de séries des années 80, voire 70 et 60... Grâce à des auteurs imaginatifs et observateurs, un programme télévisé jugé comme le niveau zéro de la réflexion non seulement par la gent téléramesque, mais par une partie conséquente de la population tentant de dissimuler qu'elle l'a suivie avec assiduité, peut être à l'origine d'un véritable bijou...

Cette occupation, hélas passive, a pris l'ampleur d'une drogue qui m'a tenue non seulement éveillée trop tard le soir mais éloignée de mes habituelles passions (sauf du chant... cela va de soi !) D'un autre côté, j'ai mieux entretenu ma compréhension de l'anglais écrit que dans les dix dernières années. Je n'ai pas trouvé (à vrai dire... même pas cherché) les équivalents français.

L'étape suivante, en écrire moi-même, pourrait sembler une évidence... Mais ce n'est pas le cas. Déjà, il y a la barrière de la langue. La traduction française des séries américaines nuit considérablement à l'ambiance, voir à la teneur des programmes. Et lire en anglais et écrire en anglais sont deux réalités très différentes, que je ne pratique pas avec la même fluidité. A moins de trouver des enregistrements des quelques programmes français qui mériteraient une approche fanfictionnelle (par exemple,  les Brigades du Tigre ou la presque oubliée Brigade des Maléfices...) : une mission (presque) impossible...

J'ai donc choisi une autre voie : celle de la Websérie. La création "littéraire" d'une série virtuelle, pratique bizarre dont vous trouverez la définition sur le Wikipedia. L'avantage : créer de la fanfic dans son propre univers. Ce qui est absurde et paradoxal. Bref, c'est tout moi...

Si vous voulez en savoir plus sur ma websérie, vous la trouverez ici : Paradis XXIV. Je  ferai sans doute un article spécifique pour en parler. en attendant, vous pouvez vous inscrire, commenter, etc. Bref, faire ce que mes rares visiteurs ne font pas. Vous mériterez mon éternelle reconnaissance...

Toutes les notes