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dimanche, 07 février 2010

Habitudes d'écriture : métamorphoses...

Si je devais remonter aux origines de ma pratique de l'écriture, cela remonterait à mes cinq ans et trois mois - un texte bref que j'avais rédigé à la requête d'une gentille stagiaire pour occuper l'encombrante fillette que j'étais pendant que les autres faisaient des lignes de "aaaa" et de "bbbb". Ce devait être "Le rossignol chante dans la clairière". Je me rappelle encore l'embarras de la pauvre femme quand j'ai quasiment piqué une crise de nerfs parce que je ne savais pas écrire "clairière" et que cette incertitude a été cause d'une rature. C'est sans doute pour cela que je préfère, encore aujourd'hui, la mine de graphite au stylo bille.

Faisons un saut dans le temps, vers la fin des années 8Os et plongeons dans les abîmes de la bureautique : je me sens enfin libérée de la lourdeur de la main, des incertitudes et des hésitations qui couvraient ma page de ratures (je ne les aime toujours pas).

Entre les deux, nombre de tentatives littéraires : des stylos plumes, des stylos feutres, une vieille Underwood puis une machine à écrire électrique. Des poèmes, de la fantasy, des récits d'aventures exotiques... Des dizaines de pages noircies, passées aux pertes et profits.

Donc, nous en étions au traitement de texte : le miracle grâce auquel, j'en était sûre, mon potentiel d'écrivain se révèlerait enfin. Je vous avouerais qu'à ma grande honte, ce miracle n'a pas eu lieu. il y a bien eu quelques nouvelles achevées, dont une publiée dans un recueil par souscription, quelques articles amateurs et professionnels... Des fiches de personnages pour des jeux de rôle grandeur nature... mais rien de plus concret.

En fait, ma plus grosse production dans le domaine de l'écriture a été réalisée depuis 2004, dans le cadre de jeux de rôle par mail et forum. Des kilo-octets et des méga-octets de texte envoyés par ci et par là. De la prose perdue, faute souvent d'avoir été sauvegardée. Mais j'en ai gardé une aisance de l'improvisation littéraire : avec sept jeux simultanés au plus fort de cette activité, je devais être capable de rapidement aligner du texte sans pour autant bâcler ! De plus, j'en ai gardé l'habitude de jeter des petits éléments par ci par là, façon "meneur de jeu", des fils qui traînent, que je choisis de ramasser ou pas. Peu ou pas de planification, quelques scènes-clefs autour desquelles tout peut fluctuer en fonction des actions des personnages. Il est clair que même en tant que "simple écri-vaine", j'ai gardé en grande partie cette façon de travailler.

Étrangement, depuis que je me suis lancée dans l'aventure de ma Websérie, je reviens aux fondamentaux : le bloc à petits carreaux et le stylo-mine - ce brave crayon qui ne se taille pas et possède à son extrémité une gomme salvatrice. Toujours dans un coin de mon sac, le bloc voit la lumière dans les lieux où je suis soumise à une attente excessive : grandes surfaces, quais de RER, siège de voiture... Même quand mon inspiration est en berne, ma page semble moins blanche que si j'attaquais directement celle de mon traitement de texte. Ce n'est qu'un premier jet, que je retape dès que j'en ai l'occasion, parfois même sans vraiment regarder le texte d'origine. Il faut dire que le style de mon écriture est assez "marathonien" : avancer, tout droit, aussi vite que possible pour suivre le fil du récit que je visualise dans ma tête. Je ne suis pas une orfèvre du mot. Très loin de là. J'ai tenté, ça ne me réussit pas : n'est pas Flaubert qui veut (d'ailleurs Flaubert me fait dormir, et donc...). Quelques relectures, quelques corrections ponctuelles...

Comme chaque étape de mon existence pseudo-littéraire, j'espère que Paradis XXIV m'aura apporté, avant de retomber dans les limbes, quelque chose de nouveau question réflexion et méthode - le style de chose auquel, jusqu'à présent, je n'avais pas consacré plus de 3 mn de réflexion. Je parle de la méthode d'écriture, pas de la méthode de composition d'une histoire, d'une intrigue... Je reviendrai peut-être sur ce point précis un jour ou l'autre.

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