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mercredi, 10 mars 2010

Enfants de mon esprit

Quand j'ai créé mes personnages, ils étaient plus des figures stéréotypées qu'autre chose. Une partie de l'équipage du Moonshine Runner (Jerem et Mirella) avait été défini pour les besoins d'une fanfic qui ne verra pas le jour. Pour tous les autres personnages, le processus a été moins "noble" : j'ai défini mes "besoins" et je les ai rempli par des archétypes. Lock et Garry sont sortis "armés et casqués" de ce processus, avec une psyché bien définie. Becka s'est rapidement dégagée de sa gangue originelle. Les autres ont hélas longtemps ressemblé plus à des gabarits de carton qu'à de vraies personnes.

Rag a sans doute fait partie des moins favorisés. Le "genhum de principe" dans l'équipe de Lock. Cependant, mes récents délires et la perspective d'un futur épisode qui sera écrit dans... longtemps et s'intitule" Les Milices du Ciel" lui donnent soudain une complexité nouvelle et une richesse relationnelle plus affirmée avec ses coéquipiers. Il n'est plus là pour faire beau (si beau soit-il, et croyez-moi, les Archanges sont BEAUX). Mais ces Übermenschen programmés ont leur failles et leurs faiblesses, qui parfois sont leur véritables forces, plus que toute cette perfection dont on a cru les doter.

En fait, je m'aperçois que tous mes personnages possèdent leurs blessures secrètes, leurs faiblesses assumées ou non. Sauf peut-être Berry : la geek marginalisée par ce qu'elle est, mais qui le vit bien en raison de cette force mystérieuse qui font de certains geeks les êtres humains les plus authentiques et les plus forts qu'il m'ait été donné de rencontrer. mais ce n'est rien de nouveau venant de moi, non ?

Allez, vous avez le droit de sourire devant cette analyse psychologique de personnages qui évoluent, après tout, dans une oeuvrette pour grand publics et adolescents attardés comme moi. Mais en tant qu'auteur, j'en ai le droit et l'inclination. Dans ce cas précis.

Je me souviens avec peu de nostalgie, cependant, de la façon dont les cours de français nous obligeaient à autopsier les personnages des grandes oeuvres littéraires, à les dépioter jusqu'à la moëlle, quand tout ce que je demandais était de pouvoir simplement jouir de ma lecture. L'analyse d'un texte, c'est un peu comme les suppléments "making-of" des films, où tous les effets spéciaux sont expliqués. On déflore, on démystifie. Les passionnés y trouvent leur intérêt. Les autres s'en indisposent...

J'ai toujours pensé que les études de textes en Français seraient avantageusement complétées, voire remplacées par plus d'éducation stylistique et le retour de la dialectique. Et comme je suis une personne bizarre et politiquement incorrecte, je ne comprends toujours pas comment on a pu la jeter aux orties, tant je la trouve indispensable dans la compréhension des éléments de langage qui fusent autour de nous, dans cette époque de poudre aux yeux. Nos élites savent la manier, mais on la refuse au commun parce qu'il risque de vertueusement s'offusquer qu'on lui apprenne à "manipuler les autres". Étrange, non ?

Commentaires

J'aimais déjà lire et écrire , j'avais d'excellentes moyennes en français , mais les mises à plat , les autopsies de textes me désenchantaient ... Trouver des paragraphes , leur donner un nom , rechercher des champs lexicaux , analyser les personnages , comprendre l'intention de l'auteur ... C'était faire s'échapper l'ivresse du flacon .
J'ai toujours préféré la dissertation à l'explication de textes . Lecture suivie , lecture dirigée , oui c'est évidemment nécessaire pour mener l'élève aux joies de la lecture et surtout à la compréhension de lecture . Débattre , dire son enthousiasme , son non-goût pour tel livre , avec le maître ou la maîtresse qui explique les références historiques , les mots difficiles , les allusions ... Oui , cela est incontournable dans une vie d'élève . Mais trop de démantèlement , d'analyse stylistique provoque souvent l'ennui et détourne de la littérature , à mon sens . Donc je dirais que j'ai "subi" la bonne dose de chirurgie du livre , la dose qui sert plus tard , quand on est plus sur les bancs de l'école , la dose qui ne dégoûte pas .

De même qu'on ne sait pas toujours énoncer clairement les raisons qui font qu'on aime son conjoint , parler d'un livre est quelquechose de difficile , d'intime et peut-être même quelquechose qui peut abîmer .

Cela ne m'empêche pas d'aimer les Sciences du langage , la sémantique surtout .

Écrit par : mère à la noix | mercredi, 10 mars 2010

Tout à fait ! :)

Pour la part, j'aime l'étymologie, la sémantique, toutes les figures de style (allégorie, allitération, anagramme, ellipse, hyperbole, lipogramme, litote, métaphore, métonymie, palindrome, personnification, etc.), les ateliers d'écriture (qui devrait faire partie intégrante de l'enseignement, à mon avis !). Mais ce décorticage fantasmé me fait frémir...

Un autre de mes grands problèmes est ma tendance à vouloir que chaque chose porte un nom qui lui soit propre et réponde à une définition : a priori, c'est un crime majeur de nos jours de vouloir classer, catégoriser, éclaircir et définir. Compte tenu de ma voie professionnelle, cela veut dire que je n'ai plus qu'à démissionner et trouver une autre voie avant d'être internée dans un camp de rééducation dans le Larzac.

Écrit par : Milathea | jeudi, 11 mars 2010

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