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jeudi, 01 avril 2010

Une prière entendue...

"Hörr mein Bitten..."

Ce sont les premiers mots de ce magnifique hymne de Mendelssohn, pour soprano solo et choeur, appris pour être chanté avec des solistes qui avaient sollicité le soutien d'un choeur pour un programme de musique sacrée du même Felix (sans accent) Mendelssohn Bartholdy (sans très d'union).

Même si ce solo était réservé aux "vraies solistes", que ce soit dans ce cadre collaboratif ou, dans celui de notre cheur, à nos habituelles solistes, j'ai eu moi aussi le coup de choeur... euh, de coeur pour la gracieuse partition. Espérant qu'en ma fonction de "couteau suisse" ou "pompier volant" ou "dépaneuse universelle", je viendrai tôt ou tard à en entonner quelques mesures en l'absence des vraies artistes.

Notre chef de choeur n'avait-elle pas plusieurs fois dit que la voix la plus adaptée pour chanter cet air devait être "pure et peu travaillée" ? Tout mon portrait coco, et pas seulement la nuit dans le brouillard, au fond d'un tunnel.

Aussi, lorsque ce dimanche, lors du filage préalable avant de commencer notre concert, la chef de choeur a fait appel à moi pour l'hymne angélique, je me suis... littéralement liquéfiée. D'abord, comment savait-elle que je le savais ? Non, elle n'est pas dupe, elle sait tout, elle voit tout, y compris cette partition complète chinée sur le web quand nous ne devrions avoir que la partie chorale. Mais on ne laisse pas passer sa chance. Je suis un brave petit soldat, je me suis lancée sur le front.

Je n'oserais dire que c'était parfait. Ce serait un mensonge et, même si je ne saurais prétendre ne jamais mentir, j'évite de le faire sur ce blog : déontologie, crédibilité... Et puis un mensonge se doit d'être justifié - et utile - à défaut d'être pieux. J'ai commis quelques erreurs de rythmes, pardonnables vu que je j'ai été jeté à l'eau sans bouée.

Cependant, mes adorables camarades n'ont eu de cesse d'affirmer que ma version était plus agréable que celle de la soliste d'emprunt. Ce qui était en soit très gentils de leur part. Certains me chouchoutent trop, au point que j'en suis gênée et que je m'emploie d'autant plus à rester la bonne copine, en surveillant la circonférence de ma tête et celle des mes chevilles. Mais quand la chef de choeur m'a certifié "avoir enfin entendu l'hymne avec la voix qu'elle désirait entendre, une petite voix claire", je suppose que j'ai pris la couleur des pivoines.

Durant le concert, j'ai fait mon travail de tâcheronne-choriste avec mon habituel choeur... coeur à l'ouvrage, car même si l'envol soliste est fantasmé, il est aussi fort risqué - toute soliste, surtout soprane, court le risque d'encourir le sort d'Icare. Dans un choeur, toute voix est importante, même fondue dans la masse. Certaines voix le sont par leur justesse et d'autres par leur timbre, d'autres encore pour leur rythme parfait. Même si le travail de soliste "sortie du rang" constitue une consécration, il faut se souvenir d'où l'on vient et admettre avec lucidité que l'art est difficile et qu'il ne faut exiger sans se sentir prêt à assurer.

En dépit de ce galop d'essai, je ne chanterai sans doute pas l'hymne en soliste, mais je sais désormais que je pourrai aspirer à faire la doublure de répétition, poste fort confortable à tout point de vue. De fait, même si ma contribution se limite au "couteau suisse" que je suis souvent, je serai un couteau suisse très heureux et n'est-ce pas ce qui compte ?

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