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dimanche, 16 mai 2010

La découverte du jour...

Ou plutôt de la veille. Hier soir, en me promenant par hasard au gré des nouveaux billets, je suis tombée par hasard sur le blog d'Hélène Korwin, "romancière d'écriture fantastique".

Je me demande surtout pourquoi je ne l'ai pas croisé avant. Mais la mer de la blogosphère est vaste et il flotte à sa surface une mousse de blogs "bulles de savon" qui bien souvent en cache les profondeurs. J'ai immédiatement aimé ce titre de "romancière" (plutôt qu'écrivain ou auteur, ou pire encore écrivaine ou auteure). Il est réconfortant de voir revendiquer la noblesse d'un genre fictionnel qui a pourtant un peu forgé chacun d'entre nous. Mais quand ce "roman" se revendique "fantastique", c'est bien entendu, à mes yeux, un attrait complémentaire non négligeable.

Je ne connais pas ses œuvres : elles semblent surtout diffusées localement. Se faire publier, puis se faire distribuer (la partie que l'on oublie souvent) est un parcours du combattant que nous autres, les autopubliés du web, avons lâchement esquivé (si tant que nous puissions y prétendre...)

Depuis, je visite petit à petit non seulement le blog, mais aussi le joli site "encyclopédique" sur l'univers des ouvrages.

Je suis notamment tombée en arrêt devant cet article : "Écrire pour divertir ou témoigner". S'il n'était déjà si ancien (au rythme de la blogosphère, du moins), j'aurais sans doute fait l'effort de m'extirper de ma réserve et de déposer un commentaire, mais je suis encore trop retenue par la crainte de l'inopportunité pour réveiller de quelques mots maladroits une note ancienne.

Notre culture semble toujours regarder d'un œil torve les formes d'expression artistiques capables d'entraîner un plaisir qui ne soit pas seulement "intellectuel" (quoi que puisse vouloir dire ce mot) et surtout... l'évasion. Elle n'a d'indulgence que pour l'art dit "utile"  - qui "dénonce", "témoigne" - mais paradoxalement réfute l'utilité majeure du divertissement. Pourtant, quoi ne plus intemporel, quoi de plus difficile que l'art du conteur ? Divertir est l'une des tâches les plus essentielles qui soit et je vous une admiration toute particulière à ceux qui y parviennent.

Quand les fins de mois me seront un peu plus douces, j'essaierai de me procurer les Dômes et Royaumes.

Commentaires

Venant de lire ta note sur la SF, j'ai l'impression de poursuivre la même réflexion, puisque je pensais notamment au pouvoir d'évasion inégalé (selon moi) de la SF.

L'art engagé, l'art utile, c'est très bien (même si la définition philosophique de l'art reste: création désintéressée et sans utilité, d'après mes souvenirs de Terminale...) mais ça ne vaut pas grand-chose si cela ne permet pas aussi de s'évader et de se distraire. "J'accuse" de Zola, qui est sans doute le summum de l'écriture engagée, ne me ferait pas vibrer si ce n'était qu'une énième lettre ouverte, si elle n'était que factuelle et polémique ; mais le génie de Zola, c'est d'en faire de l'art, un chef-d'oeuvre de rédaction.

Quant à l'art "intellectuel", je cherche encore moi aussi ce que cela peut vouloir dire. Si ce mot ne se rapporte qu'à une activité de l'intellect, alors tout art est par nature intellectuel, puisque tout ce qui peut être qualifié d'art fera forcément travailler notre cibouleau, d'une manière ou d'une autre. Il nous fera réfléchir, souvent, et de toute façon au moins rêver, imaginer (et, oui, ce sont des activités intellectuelles malgré la défiance de certains envers ces activités fort peu productives ; mais qui a dit que la réflexion pure était productive?)

Pourquoi J.K.Rowling (même si je n'aime pas vraiment Harry Potter) vend-elle mieux que Sartre ou Nietzsche? Parce que les gens sont trop bêtes pour comprendre ces derniers? En partie peut-être, mais je crois surtout que c'est parce que les gens ont dramatiquement besoin de rêver, de se distraire, de s'évader dans des mondes différents. Alors oui, distraire est une mission noble, d'utilité publique, et si l'on peut faire naître un embryon de réflexion par la même occasion, tant mieux. Un esprit habitué à rêver sera de toute façon, à mon sens, bien plus apte à penser.

Écrit par : mari6s | jeudi, 24 juin 2010

Il semble en effet que la capacité à faire fonctionner son imagination permette aux individus d'être plus adaptatifs dans leur travail, de savoir extrapoler et trouver de meilleures solutions aux problèmes.

J'avais lu un article dans lequel était mises en parallèle la capacité des enfants à jouer de façon imaginative et leurs facultés professionnelles par la suite (la véritable capacité, pas le don de se faire mousser et de jouer les anticorps dans le système en bloquant tout changement, des attitudes qui sont hélas parfois plus prisées que la véritable compétence).

Et je pense que les individus en période de révolte adolescente ou post-adolescente qui invoquent Nietzsche (philosophe complexe s'il en est) au premier degré pour justifier leur propre nihilisme feraient mieux de lire Harry Potter ! ;)

Écrit par : Milathea | jeudi, 24 juin 2010

D'accord avec toi sur toute la ligne!

Ta description des "anticorps dans le système" me paraît particulièrement cohérente, et c'est vrai que j'ai parfois l'impression que dans un milieu scolaire comme professionnel, ce type de comportement est mieux récompensé qu'une efficacité discrète... au court terme en tout cas. Mais ce n'est certainement pas plus satisfaisant ou épanouissant!

Écrit par : mari6s | vendredi, 25 juin 2010

L'expression exacte d''"anticorps" vient en fait de mon cher et tendre, qui a plusieurs fois été fustigé dans sa branche de travail... pour avoir bien fait son boulot ! Il était préférable de bâcler quitte à perdre du temps à réparer derrière, plutôt que de prendre un peu plus de temps pour faire immédiatement les choses correctement...

Écrit par : Milathea | lundi, 28 juin 2010

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