Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« L'Enquête - deuxième partie | Page d'accueil | Changer de murs ? »

mercredi, 19 mai 2010

Vous n'aimez pas la SF... ?

Ce billet va encore une fois se complaire dans des thèmes maintes fois abordés. Autrement dit, le genre de littérature auquel j'ai choisi de me consacrer pour le moment.

Paradoxalement, on ne peut pas dire que ce soit mon genre de prédilection, même si j'ai longtemps mijoté dans une sauce imaginaire nourrie de Space Opera classique, de japanimation et de cinéma. La découverte de la Science-Fantasy et de la Fantasy a orienté mes goûts vers des univers plus aventureux, plus magiques, moins technologiques. Je n'ai jamais vraiment vibré pour van Vogt, Clarke, Asimov ou Heinlein, ni pour les chantres de la Hard Science purs et durs. Ma bibliothèque se nourrissait plutôt des ouvrages d'Edmond Hamilton, de Poul Anderson,  de Frank Herbert, de C.J. Cherryh et de David Brin - éclectisme temporel et stylistique s'il en est.

Il en est de la Science-Fiction comme du roman historique ou du roman policier : c'est un genre si vaste, si varié, qu'on y trouve transposés tous les autres genres littéraires, dans des contextes moins familiers que notre quotidien. Le récit gagne en nouveaux défits, en richesse nouvelle, en force nouvelle.

Ce qui me dérange le plus, ce sont tous ces clichés véhiculés par un imaginaire collectif qui n'a pour références que Star Trek, Cosmos 1999, Star Wars et quelques dessins animés japonais. La Science-Fiction, ce serait avant tout des univers aseptisés où les gens se tirent dessus à coup de laser (en fait, beaucoup d'univers de SF n'emploient pas le laser mais d'autres technologies bizarres mais cela, c'est au delà de la perception béotienne).

Il y a dans le lot des gens sincères, peut-être : en se basant sur les deux ou trois éléments censés être représentifs du genre (la plupart du temps, même pas littéraire...) qui ont atteint leur perception, ils en font une généralité absolue. C'est ce qu'on appelle un préjugé, qui comme tout préjugé se base sur une ignorance de bonne foi doublée d'une paresse d'aller voir plus loin.

C'est la raison pour laquelle l'argument du "goût personnel" me semble un peu caduque : je crois que beaucoup de gens qui pensent ne pas aimer la Science-Fiction "par goût" n'ont pas rencontré "leur" type de Science-Fiction. Nous portons tous ce type d'oeillère, pour un domaine ou pour un autre.

Il y a aussi dans le lot des gens qui sont pris dans les affres de la peur de l'imaginaire. Un carcan difficile à combattre seul, d'autant que c'est un carcan socialement correct. Notre société actuelle ne fait d'ailleurs pas grand chose pour le briser : nous somme loin des années 70-80, quand Temps X berçait notre samedi après-midi.

Pour une fois, je ne mettrai pas en cause l'école, qui n'est pas forcément une tour de granit élevée à la gloire du classicisme littéraire. Enfant, c'est tout de même grâce au collège que j'ai découvert Barjavel et Tolkien. J'attribuerai plutôt la faute aux médias : à l'heure où les films de Science-Fiction n'ont jamais été aussi nombreux sur les écrans de cinéma, un certain nombre de journalistes persistent à plisser le nez et à prétendre "ne rien comprendre" (même à des histoires dont un enfant de trois ans saisirait les enjeux) voire à affirmer que ce n'est pas digne de compréhension.

Parce qu'il faut bien voir cet étrange paradoxe : les lecteurs de Science-Fiction sont en général des gens plutôt éduqués ou cultivés (ce qui n'est pas toujours la même chose), même si ce n'est pas forcément dans les domaines les plus "littéraires". Ils appartiennent cependant rarement à la frange de l'élitisme culturel le plus exacerbé (même si les rangs des lecteurs de SF ont leur propres élitistes). Ne pouvoir se rattacher ni à une culture dite "populaire" (dans le sens "populo" du terme), ni à une culture "choisie", nuit à son image publique.

Du coup, la SF reste, envers et contre tout, un "truc de geek".

Peut-être ne faut-il pas s'en plaindre...

Commentaires

J'avoue que je ne suis pas aussi lettrée au niveau de la SF donc je connais principalement ce qui est "mainstream", comme star wars, star trek & Co.

Mais pour faire un parallèle avec la SF, on peut dire la même chose du manga. Quant on parle de manga, on pense inévitablement aux gros titres comme Naruto, One Piece, Bleach, Full Metal Alchemist, Dragon Ball Z ou encore Yu Gi Oh qui sont très populaires et beaucoup pensent que ça ne se limite qu'à ça, alors qu'en réalité, si on gratte la surface, on constate que le monde du manga est beaucoup plus vaste, avec pleins de genres et de styles différents, et les publics visés qui sont autant variés, et la majorité de ces séries ne sont pas encore licensés en Occident et ne sont donc disponibles qu'en fansub sur Internet et c'est d'ailleurs de cette manière que j'ai regardé la majorité des séries que j'ai visionnées.

Donc là aussi on peut dire que la japanimation est un truc de geek.

Écrit par : Ishimaru | samedi, 22 mai 2010

Tu as tout à fait raison et je pense que cela s'étend à une infinité de domaines !

Écrit par : Milathea | samedi, 22 mai 2010

"Peut-être ne faut-il pas s'en plaindre", en effet. Il n'y a qu'à voir la vague de créations autour des vampires suite au succès de Twilight, peut-on vraiment dire que cela profite au genre? C'est peut-être aussi bien que la SF ne souffre pas (trop) de ce type de "sur-publication"...

A propos du relatif mépris des médias pour la SF, j'ajouterai que je trouve fort dommage que les grands prix (de cinéma par exemple, Cannes etc) "généralistes" ne soient jamais attribués qu'à des oeuvres réalistes, au mieux un brin fantastiques, et souvent assez fumeuses, sans vouloir généraliser. Comme si le but de la fiction était nécessairement de laisser le spectateur confus sans même forcément engager une réflexion (réflexion souvent bien mieux portée par des oeuvres de SF "intelligentes", à mon humble avis...)

Tu as bien de la chance d'avoir pu découvrir des oeuvres de SF à l'école, personnellement je dois dire que même en cherchant bien, je ne me rappelle pas en avoir lu une seule par cet intermédiaire. A part peut-être avec une prof en particulier qui ne nous imposait pas des lectures "élitistes", mais j'avoue ne pas me souvenir d'un seul titre. Par contre, côté classique... on en a bouffé, et pas que les plus intéressants et/ou accessibles (toutes les oeuvres ne peuvent pas être les deux, mais un sur deux serait déjà pas mal).
A mon sens, c'est un manque dans l'éducation, d'abord parce que la SF apprend à rêver et imaginer, à faire abstraction de nos préjugés sur le possible et l'impossible ; et ensuite, parce que si le but des lectures scolaires était de faire aimer la lecture (on se demande parfois si c'est le cas) et de donner envie de lire par soi-même, alors l'on devrait au grand minimum introduire tous les genres de façon équitable...

Et pour conclure, juste une pensée: n'est-il pas étrange qu'une "élite" autoproclamée qualifie de "populaire", de "vulgaire" (au sens premier: du peuple, de la plèbe) ce qui justement a tendance à s'éloigner d'une "culture" populaire, comme tu l'as dit?

Écrit par : mari6s | jeudi, 24 juin 2010

Les commentaires sont fermés.