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mercredi, 27 octobre 2010

Voyage dans le tag "Ecriture"

Les "tags les plus populaires" d'HautetFort (à traduire en langage normal par : les tags les plus employés par une foule de gens qui se sentent forcés de tous parler de la même chose) représentent sans doute l'entrée que je fréquente le plus, car c'est la seule qui au final - au-delà de la manifeste carence d'originalité - ne discrimine pas. Petits et gros se retrouvent à peu près au même niveau.

Il y a eu, certes, la période amusante des "blogs spammeurs" qui employaient ces tags populaires au hasard pour apparaître dans ces listes, mais cet interlude est terminé. Fort heureusement, car les plaisanteries les plus courtes sont les meilleures.

Mon tag de prédilection, depuis que je me suis jetée dans l'assemblage aléatoire de mots, est Ecriture. Cependant, ce tag Ecriture n'est pas des plus "populaires", contrairement au terme Littérature qui rassemble en un vaste magma scribouilleurs et bouquineurs.

La littérature relève de l'art. L'écriture de l'artisanat. C'est sans doute l'explication. Et l'une des raisons pour lesquelles je ne serai jamais un véritable "auteur", juste une dilettante.

Ca me convient.

Commentaires

"La littérature relève de l'art. L'écriture de l'artisanat."
Et comment c'est-y qu'on sait qu'on est un artisan plutôt qu'un artiste ?
Qui en décide ?
C'est cela qui serait intéressant de savoir, par-delà la belle formule.
Pujadas ?

Écrit par : Bertrand | jeudi, 28 octobre 2010

"...qu'il serait intéressant de savoir ", voulais-je dire..Comme quoi...

Écrit par : Bertrand | jeudi, 28 octobre 2010

Je suis toujours un peu surprise d'être lue. Il faudrait que je m'y habitue... mais j'ai peur de m'y habituer, en fait.

C'était, bien entendu, de la dérision. Plus spécifiquement de l'auto-dérision. Mais pas seulement.

Je m'apparente parfois à une scénariste de série B, pour vouloir conter sans édifier, avec le stigmate "domaine de l'imaginaire" en plus. Je suis incapable de parler de mon "œuvre" autrement que sur un plan presque technique. Mes écrits sont légers, ne remettent pas en cause la société, ne creusent pas aux fondements de nos vies. Je demeure incapable d'expliquer pourquoi j'écris en mettant mes tripes à nue et en usant de belle formules. C'est pourquoi les bloggueurs écrivains avec qui je parviens à échanger sont si rares.

Je suis issue d'une lignée de compagnons du Tour de France - à défaut de les avoir connus, j'ai été bercée de leurs valeurs. Pour moi, "artisanat" comprend une dose de noblesse et des valeurs bien plus concrètes que celles, plus subjectives et fluctuantes, de l'"art".

Je suppose que c'est ça, la différence. Le regard que l'auteur porte sur sa production. Lui seul en décide et est en droit de le faire. Mais c'est un choix lourd de conséquence...

Écrit par : Milathea | jeudi, 28 octobre 2010

C'est drôle parce que je prétends souvent exactement le contraire.
Je disais dernièrement - en public ce qui suppose une certaine prise de responsabilité - que pas grand chose ne m'énerve plus que quelqu'un qui se présente comme artiste.
Parce que ça n'est quand même pas à lui de s'autoproclamer. Seul son public ( s'il en a un) est en mesure de dire s'il est un artiste ou un ringard (au sens premier de ce mot).
Quoique....Dans nos sociétés, beaucoup de gens occupent le devant de la scène par la seule vertu de l'embrouille.

Écrit par : Bertrand | vendredi, 29 octobre 2010

Je suppose que c'est l'idéal... Mais en réalité, je pense que chaque auteur écrit avec une représentation consciente ou subconsciente qui oriente sa création. Celui qui écrit pour "l'art" n'écrira pas de la même manière que celui qui écrit en "artisan". Il ne parlera pas de son œuvre - et de celle des autres - de la même manière.

Après, viennent se greffer dessus les différentes ambitions en terme de succès, de reconnaissance, qui sont légitimes mais peuvent également déterminer les choix des auteurs.

Écrit par : Milathea | vendredi, 29 octobre 2010

Un auteur - dumoins tel que je le conçois et tel que je le vis - n'invente strictement rien. Il fait sa propre archéologie, consciemment ou pas...
Et c'est la façon qu'il a de creuser son territoire qui en fait un écrivain ou un grimaud.
Et je dirais, avec conviction, qu'un auteur qui recherche le succès n'en est déjà plus un.
Il faut savoir de quoi on parle. On parle de littérature. L'ambition d'un auteur est de participer de la littérature et d'être lu par les quelques-uns qui s'y intéressent encore. Reconnu ou pas par le succès ( ça c'est la problématique du miroir qui peut être résolue par n'importe lequel autre moyen), l'auteur dit ce qu'il estime important qu'il soit dit et éprouve grand , très grand plaisir à le dire à sa manière.
Stendhal, en 1835, faisait le pari d'être célèbre en 1935 ! Finalement, je trouve qu'il était assez conscient.

Écrit par : Bertrand | vendredi, 29 octobre 2010

Personne ne crée ex nihilo : nous ne sommes pas des démiurges. Cependant, je considère (tout comme la loi sur la propriété intellectuelle mais seulement pas accident) que ré-agencer des élément préexistants à sa manière relève de la création. Mais toute création ne relève pas de l'art. Ou du moins de l'art de l'artiste, car il existe un art de l'artisan qui repose sur le savoir, l'expérience et l'habileté. Mais je ne prétends pas posséder l'un plus que l'autre.

Je pense aussi que nous avons tous une image différentes du succès : le succès peut être une notion intensément personnelle liée à un sentiment de satisfaction ou d'achèvement. Il n'est pas forcément lié à la notoriété ou la richesse matérielle. Pour nombre d'auteurs, à ce que j'ai pu voir dans la constitution soigneuse de réseaux d'influence par certains blogueurs, c'est la reconnaissance des pairs (ou de ceux qui sont perçus comme tels) qui joue. Après, la légitimité des objectifs de chacun est sans doute une vision subjective - je me permet de juger et je l'assume.

Cela dit, pour ma part, j'ai grand mal à me voir participer d'une éventuelle "république des lettres" ou produire quoi que ce soit méritant le nom de "littérature" au sens noble du terme. J'écris de la série B dans des mondes imaginaires ; les mots servent de média pour soulager mon crâne des mondes qui y bouillonnent. S'il y a une tentative d'esthétisme, elle joue le même rôle que la décoration d'un objet utilitaire : la volute sur le manche de la cuillère, la moulure le long de la porte...

Les mots ne servent pas un besoin non de gloire, mais de partage. Trois lecteurs motivés valent plus que 1000 lecteurs occasionnels et silencieux. Mais œuvrant dans un genre marginalisé par l'intelligentsia, dans un sous-genre marginalisé par l'intelligentsia du dit genre marginalisé, je dois partir en expédition pour trouver ces rares lecteurs avec qui partager mes mondes. Internet m'a heureusement permis d'oublier la (dans mon cas) dangereuse utopie de l'édition "classique".

Écrit par : Milathea | vendredi, 29 octobre 2010

Quoique "classiquement" édité, je n'en reste pas moins un utopiste en matière d'écriture.
D'ailleurs, je suis édité en livres traditionnels et en numériques, Publie.net...
Et je dis cela parce que vous écrivez qu'internet pourait être un succédané réservé aux " amateurs". Une sorte de porte de sortie de la frustration.
Je trouve cela très honnête de votre part, mais, permettez-moi, vous vous trompez.
L'internet, dans son territoire voué à la littérature et à l'écriture, devient et doit devenir une expression à part entière.
Les gens lisent autant à l'écran, sinon plus, que dans les livres.
Or, si l'auteur et l'édition ne se déplacent pas là où sont les lecteurs, s'ils n'épousent pas un comportement social qui leur est lié, ils risquent fort le suicide par ignorance.
Les blogs ont une valeur en cela qu'ils existent, qu'ils sont témoins. Leur qualité respective, ça, après, c'est une autre paire de manches...

Écrit par : Bertrand | vendredi, 29 octobre 2010

Je ne nie pas, en effet, que le net soit souvent le seul chemin de rencontre entre l'écrivain amateur et son lecteur (ça l'est pour moi en tout cas...), mais je pense aussi que le net peut profondément changer la conception de l'écriture. Par exemple, en donnant un nouveau souffle à l'écriture "feuilletoniste", en motivant des jeunes à écrire ou encore en modifiant le rapport auteur/lecteur.

En ce qui concerne l'édition classique... Bien que gardant un grand respect du livre en tant qu'objet, voire bel objet, je dissocie assez aisément l'information du support, ainsi que leurs valeurs respectives, ce qui peut étonner les gens compte-tenu de mon métier supposément conservateur en la matière, mais en est peut-être une conséquence.

Le souci vient plus d'un public qui se refuse encore à respecter l'exercice tant qu'il n'a pas reçu la consécration supposée de l'édition (de préférence rétribuée). Et qui lui aussi demeure, à mon avis, sur le bord de la route.

Écrit par : Milathea | vendredi, 29 octobre 2010

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