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jeudi, 28 octobre 2010

Le délit d'écriture : un aveu compliqué

Cette note est tirée d'une intervention sur mon forum, l'Atelier de la Feuilletoniste. Je me suis dit qu'elle méritait peut-être d'être mise en valeur, cristalisée. C'est encore un complainte de l'écrivain incompris, mais j'espère qu'elle fera au moins un peu sourire...

L'expression écrite fait partie des enseignements dispensés à tous à l'école, tout au long de notre cursus primaire et secondaire. Il n'y a sans doute pas une seule activité à laquelle nous ayons été plus systématiquement formés (depuis la rédaction dans laquelle nous devons raconter nos vacances chez Mémé, jusqu'à l'essai pompeusement littéraire à rédiger pour les besoins du bac français et l'essai pseudo-philosophique du bac "tout court").

Étrangement, cependant, à part peut-être le chant (et je suis bien placée pour le savoir), il y a peu de loisirs qui suscitent tant d'ironie en société - et pire encore, une ironie qui repose sur la médiocrité supposée d'un exercice dont on n'a même pas pris la peine de prendre connaissance. Comme le chanteur doit (au choix) être classé au top 50 ou se produire à l'Opéra Bastille pour être pris au sérieux, l'écrivain doit vivre de sa plume ou donner dans un genre particulièrement sérieux (voire rasoir) ou grinçant pour être pris au sérieux. Je ne parle même pas des littératures de l'imaginaire...

Il faut cependant comprendre l'entourage, qui craint - légitimement sans doute - que s'il exprime trop ouvertement sa sympathie, il se trouvera obligé de lire des kilomètres des kilomètres de prose médiocre ou de vers de mirliton. Par contre, la pratique en atelier d'écriture semble recueillir une approbation assez large, sans doute parce qu'il y a un aspect "socialisant" dans la démarche, que peut comprendre celui ou celle qui se rend au club de gym ou à son cours d'ikébana, et que l'exercice demeurera supposément dans le cercle clos des amateurs.

En résulte chez beaucoup d'entre nous une attitude étrangement timide, liée à un réseau de peurs diffuses : de l'ironie, de la moquerie des autres, des critiques acerbes des pairs... Nous écrivons dans le noir, à la chandelle, au fond d'une cave. Il est très difficile en la circonstance d'avouer que l'on écrit, et pire encore de soumettre ses œuvres à quelqu'un d'autre. Sans doute est-ce pour cette raison toute prosaïque que certains considèrent que l'écriture est un acte "intime", voire "intimiste". Tout simplement une conséquence de l'absence de reconnaissance sociale de l'écrivain amateur, ce laminage de l'amour-propre que ne rencontrera pas le joueur de tennis, le violoniste dilettante ou l'adepte du point de croix. L'écrivain est au mieux un doux rêveur... au pire, un mythomane qui donne libre cours à l'expression de son ubris.

Le milieu des "gens qui écrivent" (terme plus neutre qu'"écrivains" ou "auteurs") manque lui-même singulièrement de réflexes solidaires. Sur pas mal de forums, de bogosphères et autres communautés, donner son avis sur le travail des autres signifie plus souvent faire briller sa propre plume ou marquer sa position dans un réseau social que porter un intérêt sincère au travail d'autrui (et si vous êtes ici, c'est que vous êtes au moins partiellement libre de ce soupçon, car vous pouvez être sûrs que vous ne gagnerez rien à me lire !).

mercredi, 27 octobre 2010

Voyage dans le tag "Ecriture"

Les "tags les plus populaires" d'HautetFort (à traduire en langage normal par : les tags les plus employés par une foule de gens qui se sentent forcés de tous parler de la même chose) représentent sans doute l'entrée que je fréquente le plus, car c'est la seule qui au final - au-delà de la manifeste carence d'originalité - ne discrimine pas. Petits et gros se retrouvent à peu près au même niveau.

Il y a eu, certes, la période amusante des "blogs spammeurs" qui employaient ces tags populaires au hasard pour apparaître dans ces listes, mais cet interlude est terminé. Fort heureusement, car les plaisanteries les plus courtes sont les meilleures.

Mon tag de prédilection, depuis que je me suis jetée dans l'assemblage aléatoire de mots, est Ecriture. Cependant, ce tag Ecriture n'est pas des plus "populaires", contrairement au terme Littérature qui rassemble en un vaste magma scribouilleurs et bouquineurs.

La littérature relève de l'art. L'écriture de l'artisanat. C'est sans doute l'explication. Et l'une des raisons pour lesquelles je ne serai jamais un véritable "auteur", juste une dilettante.

Ca me convient.

mardi, 26 octobre 2010

Où en suis-je aujourd'hui ?

Autant l'avouer, j'ai quelque peu abandonné ce blog ces derniers mois. Sans doute parce que j'ai trouvé d'autres supports d'expression, un peu plus réactifs. Mais aussi parce que jetée à corps (et coeur) perdu dans l'écriture, le peu de temps que j'ai consacré à m'exprimer en ligne a été réservé à l'Atelier de la Feuilletoniste ou aux Werewolf Studios.

J'ai enfin donné un coin de ciel à mes vieilles lunes : les îles qui flottent dans le ciel, les navires à voiles qui évoluent sur des mers de nuages. Pas très original, encore une fois, mais c'est sous les vieilles lunes que l'on opère la magie la plus efficace.

L'Atelier a attiré quelques inscrits, mais peine encore à vivre et se constituer un noyeau dur d'inscrits assez actifs pour que j'y trouve au moins un nouveau message par jour.

Quant à moi, l'écri"vaine", je me dégage peu à peu de cette "vaine" ; certaines critiques commencent à entamer la lourde chape de doutes sous laquelle je me suis enterrée depuis des années (non sans l'aide zélée de mon entourage proche, qui ne pensait bien sûr pas à mal... mais ce n'est pas ici le propos !)

Voilà pour les nouvelles - j'ignore si quelqu'un en attendait...