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samedi, 02 avril 2011

Un avis aux adorateurs du "dieu papier" !

Parce que je suis atteinte par une certaine lassitude en entendant des technophobes radoter sur le côté incontournable de l'édition papier et se lamenter sur la diffusion des liseuses, j'ai envie moi aussi de donner un avis tranché - par le vif !

Avant de se généraliser, le papier était un support sans noblesse, utilisé pour les "scribouilleries" des notaires et autres tabellions -  un statut à peine meilleur que celui de la tablette de cire de l'antiquité. Ce qui était sensé durer s'écrivait sur parchemin. Sans doute il y a-t-il eu des gens, d'ailleurs,  pour regretter que le parchemin ou le papyrus ait remplacé la pierre...

Je vis ma vie professionnelle au milieu de prestigieux ouvrages qui valent autant pour les témoignages qu'ils contiennent que pour le précieux écrin qu'ils représentent. Mais de nos jours, pour les préserver et pour en faciliter l'accès à tous, nous les microfilmons et les numérisons. Je pense que les professionnels ont depuis longtemps conscience de la nécessité - physique et théorique - de séparer l'information du support !

Parce que les mots se moquent un peu du support qui les reçoit. Ils sont déjà tant bringuebalés, ces pauvres mots, entre éditions de luxe et poches sur mauvais papier qui tomberont en pièces en moins de dix ans, perdant leurs feuilles comme de vieux artichauts trop cuits ! L'impression est nécessaire, oui... au moins pour quelques exemplaires préservés par des institutions dignes de ce nom, qui veilleront à leur survie. Tandis que votre bibliothèque se trouvera sans doute, tôt ou tard, sur le trottoir, par la lubie d'un vague descendant...

C'est sans le moindre état d'âme que j'ai choisi le numérique : pour lire les grands classiques, essentiellement. Sont-ils moins nobles soudains, parce que leur support n'est plus constitué de fibres de cellulose amalgamées à la colle, auxquelles s'ajoute une bonne dose de produits chimiques ? Est-ce respecter les auteurs que les réduire à un bouquet de feuilles jaunâtres ?

Je l'ai aussi choisi pour lire les auteurs amateurs, ceux qui sont méprisés par les dieux du papier mais qui me donnent autant de bonheur que bien des scribouillards acclamés...

Si vous restez fidèles au papier, c'est votre choix, mais cessez vos envolées lyriques : c'est à croire que vous ne lisez que sur éditions de la Pléïade ! Ou mieux encore, des incunables, voire des manuscrits enluminés ! Tout est relatif, très chers...

 

Commentaires

Pour ma part, j'irai plus loin en disant que le numérique finira par devenir la norme. Cela demandera certainement beaucoup de temps, peut-être deux ou trois générations, mais je crois que le modèle économique et les mentalités vont évoluer dans ce sens. A mon avis, l'obstacle le plus important vient du fait que le livre papier se suffit à lui-même, ce qui n'est pas le cas du livre numérique. Mais je pense que cette "barrière" finira par tomber un jour ou l'autre, y compris dans les esprits.

Je dois donner l'impression de vouloir balancer l'objet livre le plus vite possible à la poubelle, ou dans un musée pour les plus beaux. Pourtant j'aime beaucoup les livres, leur parfum, le contact du papier, les beaux ouvrages... Mais j'aime encore plus leur contenu. Et si je veux accéder à de plus en plus de contenu, il faudra que je vire le contenant à un moment ou un autre. Mon appartement ne tiendra jamais sinon XD

Si un jour une offre numérique de bonne qualité se développe, je pense que je n'achèterai plus que des ouvrages qui se distinguent pour leur qualité en temps qu'objets. Pour la bande-dessinée ou le manga, là où l'aspect graphique a fatalement plus d'importance que pour le livre sans images, j'achèterai aussi mes auteurs préférés même si le volume est imprimé classiquement. A ce sujet, on peut noter que certains mangas sont aujourd'hui créés pour le numérique. Dès le départ, ils sont pensés et adaptés pour bien passer sur l'appareil de lecture, car ils ne seront pas commercialisés sous format papier.

Pour ma part, j'envisage de plus en plus l'achat d'une liseuse, mais le prix me freine encore. J'aurais plutôt tendance à me tourner vers un produit qui ne fait pas que liseuse, mais j'ai peur que le confort de lecture ne soit pas au rendez-vous. Et il y a aussi le problème de l'interopérabilité, qui n'est pas encore réglé à ma connaissance. Peut-être que je me déciderai pour Noël prochain.

Écrit par : Natth | vendredi, 08 avril 2011

Comme toi, j'apprécie les beaux ouvrages ! Ils font partie de ma vie, de ma carrière.

Pour ce qui est de la compatibilité, actuellement, elle est assez bien assurée avec l'émergence de formats standardisés comme l'epub et de convertisseurs comme Calibre : le problème vient essentiellement des DRM qui empêchent de lire un livre numérique légalement acquis sur un autre support que celui lié à l'offre. Ce qui n'est pas excessivement légal !

Espérons que les choses vont évoluer...

Écrit par : Milathea | vendredi, 08 avril 2011

Personnellement, j'ai une préférence pour le "feeling" lié au livre papier: le toucher joue un rôle important pour moi, notamment dans le choix d'un ouvrage.

Mais l'aspect pratique de mon Kindle (e-book à l'écran mat comme une feuille de papier) m'a également convaincue. Je l'ai acheté aux Etats-Unis, et il m'a permis pendant mon périple de conserver ma manie de lire plusieurs livres à la fois sans pour autant alourdir mes bagages.
Depuis mon retour, je continue à l'utiliser car il me permet de trouver plus facilement des livres en anglais, et aussi pour lire des fanfictions trouvées sur Internet ou encore stocker mes cours ou les textes que j'écris.

Bref, je trouve la bataille livres papier/livres numériques un brin stérile: mieux vaut tirer parti des avantages des deux supports. Des avantages qui font qu'ils cohabiteront certainement encore longtemps...

Écrit par : mari6s | mardi, 07 juin 2011

Je suis aussi d'avis qu'ils collaboreront longtemps ! C'est la sacralisation du papier qui a tendance à m'agacer.

Fait étrange, j'ai aussi une relation très tactile avec ma tablette : j'aime la façon dont elle pèse entre mes mains, son plastique un peu mat... et visuellement, sa couleur rouge !

Écrit par : Milathea | mercredi, 22 juin 2011

J'aime beaucoup, et je suis bien d'accord ! :)

En plus, quand on sait que le numérique représente autour de 1% du marché du livre, c'est d'autant plus pénible de se faire agresser par les défenseurs du papier... C'est la majorité qui prétend se défendre contre une faible petite minorité, c'est le monde à l'envers !

Et depuis quand les livres papier sont tous de beaux objets ? C'est ridicule... Il y en a de beaux, il y en a auxquels on est attaché par sentimentalisme, mais il y en aussi des ratés, des très laids, des mal fichus, etc.

Écrit par : Asia Morela | mercredi, 30 mai 2012

Bonjour,

Nous avions eu l'occasion de parler un peu des tablettes sous Android il y a quelques temps (l'année dernière, sur GA).

Depuis, de l'eau a coulé sous les ponts (et de l'encre sur le papier :-), et j'ai acquis une de ces tablettes, ce qui m'a permis de me faire une idée...

Personnellement (avis donc subjectif), je vois les deux supports complémentaires, avec avantages & inconvénients pour les deux.

Si l'on parle de conservation dans le temps, j'ai connu des déboires dans les deux cas : crash d'un DD externe, pages jaunies & se décolllant au bout de quelques années (alors que j'ai des livres datant des années 1870 et étant en meilleur état o_O).

Alors, l'ebook a plusieurs avantages :
-> il permet de découvrir/redécouvrir les auteurs dont les œuvres sont dans le domaine public,
-> il permet d'avoir dans peu d'espace un grand nombre de livres (lisant beaucoup, j'ai vécu "l'horreur" d'un déménagement :-),
-> et surtout, surtout, il permet de découvrir des pépites d'auteurs qui n'attirent pas les faveurs des maisons d'édition.

Mais ça, c'est un problème plus global : l'uniformisation de la culture.
C'est la musique qui a le plus souffert de cette tendance : c'est maintenant "écoutez ce qu'on vous dit d'écouter". *
Idem pour le cinéma : quand on voit le pataquès autour de films dont le scénario pourrait se résumer en une ligne....

'fin bref, je m'égare (les connochætes ont une fâcheuse tendance à avoir le "sabot bavard" :-).

Les freins à "l'explosion" de l'ebook restent peut-être les DRM, et le prix encore souvent trop élevé...


Cordialement, @+.
L.G.


* Ça va même plus loin... j'ai connu cela en tant que musicien : quasiment impossible de faire des concerts suite aux normes acoustiques imposées aux troquets, même en faisant des concerts gratuits et en proposant de jouer à 18 heures...
:-(

Écrit par : Le Gnou | samedi, 27 octobre 2012

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