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mercredi, 30 juin 2010

Pour une fois, je le dis...

Je me sens seule.

C'est aussi stupide que ça.

je suis coincée chez moi, le moral dans mes chaussons (pas dans les chaussettes par ce temps) et j'ai désespérément besoin de contact humain, mais je ne veux pas en discuter avec quelqu'un qui n'a pas envie de me parler - ce qui doit être le cas puisque personne ne me contacte malgré le gros spot rouge que je commence à allumer sur tous mes réseaux.

Je voudrais un jour comprendre pourquoi je suis si insignifiante.

La fatigue n'aide pas. J'ai chaud, je suis apathique, ma tête me pèse... J'ai envie de pleurer. Pour des broutilles.

Ce n'est pas très brillant. Ca passera... éventuellement.

18:55 Publié dans Interlude | Lien permanent | Commentaires (0)

Petite recette pour blogueur peu inspiré

Ces derniers temps, je n'ai pas vraiment été au rendez-vous sur mon blog. Ce n'est pas qu'il n'y avait rien à dire : il y a eu la saison chorale, tragi-comique en un sens, mais qui se termine sur quelques bonnes nouvelles, le mois de juin en général, dont nous avons loupé quelques jalons important à cause d'une panne de voiture, mon activité professionnelle qui s'est vengée de mon peu d'attrait pour elle ces temps-ci en me tirant du lit à des heures malhonnêtes...

Promis, j'arrête, je sais que les phrases trop longues sont mon défaut d'écriture majeur, du moins aux yeux de gens qui ne partagent pas ma fibre dix-neuvièmiste.

J'aurais pu cependant entretenir ce blog à peu de frais, en me rabattant sur une recette qui semble très bien marcher pour les autres - même si cela demande :

- une capacité certaine pour la recherche sur Internet ;

- un ouvrage du style "La littérature pour les nuls" ou "Les plus grandes citations de la littérature ......." (remplacez les points par un pays/courant littéraire/etc.) ;

- une certaine fibre artistique - de préférence dans la catégorie "poster pour la porte de la chambre à coucher".

Le tout servant à composer des articles consistant invariablement en : une citation (plus) une photo/un dessin/une peinture très vaguement en rapport - et si ça ne l'est pas, laissons les lecteurs trouver eux-mêmes ce rapport, il faut bien qu'ils travaillent eux-aussi.

Je sais... J'avais promis de ne pas me conduire en peste, mais cela fait bien longtemps que ces phrases me titillent et cherchent à s'échapper. De toutes les façons, ce n'est pas un article de mon blog ultra-confidentiel qui va provoquer une révolution parmi les "citationistes" de la blogosphère.

Forum "La Feuilletoniste"

Enfin, il est assez beau pour qu'on puisse le montrer !

Je parle bien sûr du forum La Feuilletoniste, où l'on pourra échanger sur la littérature du web, quelle qu'elle soit, de Paradis XXIV et de la Cantilène.

pub.jpg

Pour ceux qui voudront bien faire lo'effort de se déplacer jusque là, je vous souhaite la bienvenue.

L'espace spécifique de la Cantilène se trouve juste ici.

A bientôt peut-être !

 

mercredi, 02 juin 2010

Archéologie scripturale

La reprise de Paradis XXIV a été difficile ; avant de parvenir à publier ce chapitre 16 qui marque le début de la deuxième partie, je me suis dissipée dans cette histoire de café et dans un ou deux micro-chapitres du Sang des Anges. Dès que je m'y suis attelée, il m'a semblé étonnemment facile à terminer. Je ne suis pas sûre qu'il apporte beaucoup au schmilblick, mais l'histoire avance petit pas par petit pas.

Une brève discussion avec une lectrice/fan m'a fait d'autant plus plaisir qu'elle a avoué une préférence pour un personnage qui me tient particulièrement à coeur. Eh oui, l'auteur est humain et avoue faire un peu de favoritisme, mais cela ne doit pas le conduire à négliger les autres personnages de l'histoire, y compris les "méchants" (même si je préfère le terme plus neutre d'"antagonistes").

Je me suis aussi replongée dans de vieux écrits qui doivent remonter à une dizaine d'années à présent... Je me souviens qu'à l'époque, un de mes amis qui donnait aussi dans l'écriture de science-fiction/fantasy/fantastique m'avait quasiment "enguirlandée" pour "perdre mon temps sur quelque chose d'aussi peu original, qui avait déjà été fait, etc."

Je sais fort bien que je n'écris pas pour réinventer la roue. Je suis pleinement consciente de mes sources d'influence et parfois, j'éprouve un léger frisson en me demandant si mon chemin littéraire ne me conduit pas un peu trop près de leurs rives... Mais comme l'on dit vulgairement - sans doute pour consoler les auteurs dont les oeuvres manquent d'originalité, l'imitation est avant tout une forme d'hommage.

Je cultive un talent certain pour l'hommage.

Bref, voici le synopsis de cette oeuvre qui a failli sombrer dans les oubliettes (et pourrait toujours y retomber) :

Si vous parcourez la Terre – comme l’appellent ceux qui y habitent, n’oubliez pas de lever les yeux : vous verrez peut-être dériver au-dessus de vous un pôle, l’une de ces gigantesques îles qui flottent dans le ciel, au hasard des courants qui sillonnent la terre, grâce à la masse cristalline en leur coeur qui semble annuler leur pesanteur.

Tramonde fut le premier royaume à exploiter le pouvoir de ces cristaux pour créer les nefs, ces extraordinaires vaisseaux volants qui déploient majestueusement leur voilure au milieu des nuées. Sa flotte aérienne lui a permis de se rendre maître des airs et d’imposer sa puissance et son éclat aux autres états.

Mais ce temps touche à sa fin… Épuisé par quatre ans de guerre coloniale, menacé d’instabilité politique, le royaume de Tramonde vacille sur ses bases. C’est en ces temps de troubles qu’Haudran aur’Commara, brillant jeune officier de la Flotte aérienne, héros de guerre et dernier représentant d’une des plus grandes lignées de Tramonde, arrive en âge de revendiquer son héritage.

Mais Haudran, occupé à mener à bien une mission inattendue, ne réalise pas qu’il se trouve au cœur de dangereuses intrigues auxquelles est suspendu le destin de Tramonde.

Bien entendu, il y a tous mes vieux démons qui s'agitent derrière ces quelques lignes : en particulier le motif récurrent du héros incompris, qui sous-estime ses capacités, a traversé des épreuves et en subira d'autre... Le fait que les choses soient (un peu) différentes dans Paradis XXIV  montre que je suis capable de me détacher un peu de ce leitmotif.

Même si c'est juste un peu...

 

vendredi, 21 mai 2010

L'Enquête - troisième partie

Suite et fin de cette petite histoire de café... ou autres boissons chaudes.

Vaber considéra le sergent : le genhum le fixait intensément, mais l'expression de son visage parfait trahissait une certaine résignation. Avait-il déjà compris en observant la nervosité de l'agent du service d'Intendance que les nouvelles qu'il allait recevoir n'étaient pas aussi bonnes que pour ses camarades ? Certes, il avait la réputation d'être plutôt pacifique – en dehors du terrain du moins, mais Vaber se méfiait d'emblée des athlètes qui le dominaient de deux têtes. 

"Par contre, pour le
tesseko, c'est un peu plus..."

Il se racla la gorge, jeta un coup d'œil – inutile – vers son
datapad avant d'achever :

"... problématique."


Six regards désolés et compatissants se tournèrent vers Guttirez, qui semblait plutôt gêné par toute cette attention.


"Quel est le problème ?" Demanda-t-il, peut-être pour faire diversion.


Vaber se gratta la tête et répondit sur le ton d'un avocat plaidant sa cause :


"Dans tout l'immeuble, il n'y a que deux personnes – vous inclus – qui ont manifesté le désir de consommer régulièrement ce produit. Hors, la fève de
tesseko n'a pas encore été acclimatée avec succès sur Terre ou dans les bases de culture hydroponiques Il faut l'importer de Gaïa, d'où un surcoût important par rapport aux autres denrées. Cependant, nous ne pouvons nous permettre de tolérer trop de disparité dans les prix des différentes offres. C'est pourquoi il est important que le rapport de l'offre et de la demande demeure correct."

Il jeta un coup d'œil timide vers l'assemblée et s'enhardit à poursuivre.


"La commission a jugé qu'on ne pouvait maintenir cette offre sur le critère d'une... préférence personnelle aussi peu répandue."


Il se félicitait déjà de cette imparable logique, quand la voix de la partie lésée se fit entendre :


"Pardonnez-moi d'intervenir,
misser Vaber, mais il ne s'agit pas d'un critère de préférence personnelle. Du moins, pas à la base. Si vous me le permettez, je peux vous expliquer..."

Le ton du sergent était calme et d'une amabilité exemplaire, mais sa seule intervention suffit à mettre Vaber mal à l'aise. Ou peut-être était-ce les six regards attentifs posés sur Guttirez. L'agent du service d'Intendance tenait trop à sa place – et à sa vie – pour ne pas prendre la peine d'écouter la requête du grand
genhum.

"Je pense que si des distributeurs de boisson chaudes sont installés au quartier général de l'ISO, c'est que les responsables de l'Intendance sont parfaitement au courant de l'importance de cette consommation – aussi bien au niveau du geste social qu'en raison de la stimulation physiologique due à la présence dans les boissons proposées d'un certain type d'alcaloïdes..."


Vaber ouvrit la bouche, sans rien trouver à en sortir. Il avait  l'impression d'entendre parler un tract d'information du service d'Intendance – enfin, si un tract avait pu s'exprimer. Le sergent marqua une pause, comme pour avoir l'assurance que son interlocuteur suivait bien, avant de poursuivre :


"Le métabolisme des
Archanges a été optimisé pour résister naturellement à un grand nombre de substances qui pourraient avoir des effets primaires ou secondaires néfastes sur l'organisme humain. Mais il se trouve que sur ce point, la génétique n'est pas une science exacte. Même si cette résistance se vérifie dans la plupart des cas, un certain nombre d'entre nous présente -   paradoxalement - une sensibilité particulière à certains alcaloïdes... particulièrement la caféine."

Il haussa un sourcil et avec un sourire, ajouta :


"Il ne s'agit pas d'effets sérieux. Ils sont comparables à ceux d'une surconsommation de café chez un individu, disons... classique.


- Comparables, je ne dirais pas que c'est le terme approprié, glissa Weiss avec un petit sourire en coin. Tu es quand même un peu plus...
optimisé qu'un individu classique."

Vaber se dit que le lieutenant n'avait pas tort : la vision d'un
genhum de presque deux mètres de haut, doté de capacités physiques dépassant celles des meilleurs athlètes des jeux de l'Intermonde, en pleine crise de surexcitation hypercaféiné le troublait un peu.

"Comme vous le savez, poursuivit le sergent sur le même ton courtois, la théine est basiquement la même substance que la caféine. Par contre, l'alcaloïde contenu dans le
tesseko a les mêmes effets stimulants que la caféine mais il semble tout à fait adapté à notre métabolisme."

Vaber hocha la tête, tentant d'avoir l'air intelligent :


"Vous considérez donc que le
tesseko est le seul choix qui vous convienne, non par goût, mais par nécessité ?

- Ça me semble une bonne synthèse du problème."


Bien évidemment, ces révélations changeaient pas mal les choses dans les perspectives de Vaber. Il baissa la tête vers son
datapad :

"Je note donc cette information... Je vais en informer la Commission aussitôt que possible...


- Merci,
misser Vaber, fit le genhum avec un sourire angélique. J'apprécie beaucoup votre compréhension."

L'agent du service d'Intendance espérait que les planqués qui touchaient une prime à statuer sur ce genre de bêtise secouerait leur flemme pour se réunir à nouveau. Après tout, ce n'était pas eux qui devaient faire face à la clientèle mécontente... En particulier une clientèle génétiquement améliorée.


Férier leva la main :


"Ajoutez que compte tenu des circonstances, supprimer le
tesseko de la sélection pourrait s'apparenter à un processus discriminatoire !"

Weiss hocha la tête avec une expression appréciatrice :


"Voilà ! Excellente formulation !"


Il croisa les bras et ajouta d'un air matois :


"En plus, nous allons bientôt fêter les vingt ans de la loi d'Emancipation, ça ne serait pas une très bonne idée de laisser penser qu'une institution aussi intègre que l'ISO donne dans ce genre de pratique..."


Son ton froidement ironique envoya un frisson le long de la colonne vertébrale de Vaber, qui espéra que ce gamin n'aurait jamais l'idée de faire de la politique. Un moment de silence passa tandis que l'agent du service d'Intendance, anxieux d'en finir, entrait les informations dans son
datapad. Il s'apprêtait à saluer et battre en retraite mais Lockhart le précéda :

"Merci de votre visite,
misser Vaber, vous serez toujours le bienvenu", lui lança le capitaine d'un enjoué, avant de se tourner vers ses troupes :

"Allez, nous avons assez rigolé. Il serait temps de travailler, vous ne croyez pas ?"


En filant vers la porte avec un soulagement intense, Vaber eut juste le temps d'entendre Férier protester :


"Mais Lock... Il n'y a RIEN de plus important que la machine à café !"

♦ ♦ ♦


A peine Vaber avait-il quitté le bureau que Berry déclara avec un grand sourire :

"C'était une bonne idée, cette enquête. Mais ils se donnent vraiment du mal pour rien."


Lock haussa les sourcils :


"Pour rien ? Comment ça ?"


Berry s'installa plus confortablement dans son fauteuil :


"Parce que la gestion des distributeurs de boissons chaudes est informatisé, comme tout le reste ici. Cela fait des années qu'ils font ces enquêtes stupides, que nous, les
comptech, nous les rectifions... Ils les rectifient à leur tour mais au final, nous avons l'entier contrôle des commandes ! "

Elle croisa les jambes, s'appuya confortablement contre le dossier et déclara, d'un ton royal :


"Pourquoi changer un système qui marche ?"


FIN