Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

jeudi, 20 mai 2010

Changer de murs ?

Je commence de plus en plus sérieusement à songer à transbahuter mon blog ailleurs. Je me sens de plus en plus mal à l'aise dans cet immeuble, où j'habite les combles, juste sous les énormes néons qui m'empêchent de dormir et de réfléchir, tandis que les locataires de première classe font la foire au premier.

Au départ, on nous avait fait croire que nous, les petits locataires, logés à l'oeil par charité, nous pouvions quand même participer un peu aux réunions de copropriété. Mais très vite, nous avons compris qu'on avait pas besoin de nous pour attendre le quorum. Nous ne savons même pas où poser une réclamation si une ampoule est grillée dans la cage d'escalier ou si l'on a taggé un mur.

Le problème, c'est que si je souhaite partir, je vais devoir bouger tous mes meubles et les remettre à la même place - exactement - et cela risque d'être un peu compliqué. De plus, comment mes quelques amis vont-ils me retrouver ? Déjà que j'en ai peu...

L'autre dilemme est le suivant : aller de nouveau me loger gratis dans un vaste immeuble, ou bien, au contraire, entrer en colocation chez un sympathique hébergeur - mais dans ce cas, il faudra que je fasse de sacrés travaux dans l'appart ?

Ou encore... Ne pas bouger. Après tout, ce ne sont que quatre murs. Pourquoi vouloir persister à vouloir vivre en communauté ?

mercredi, 19 mai 2010

Vous n'aimez pas la SF... ?

Ce billet va encore une fois se complaire dans des thèmes maintes fois abordés. Autrement dit, le genre de littérature auquel j'ai choisi de me consacrer pour le moment.

Paradoxalement, on ne peut pas dire que ce soit mon genre de prédilection, même si j'ai longtemps mijoté dans une sauce imaginaire nourrie de Space Opera classique, de japanimation et de cinéma. La découverte de la Science-Fantasy et de la Fantasy a orienté mes goûts vers des univers plus aventureux, plus magiques, moins technologiques. Je n'ai jamais vraiment vibré pour van Vogt, Clarke, Asimov ou Heinlein, ni pour les chantres de la Hard Science purs et durs. Ma bibliothèque se nourrissait plutôt des ouvrages d'Edmond Hamilton, de Poul Anderson,  de Frank Herbert, de C.J. Cherryh et de David Brin - éclectisme temporel et stylistique s'il en est.

Il en est de la Science-Fiction comme du roman historique ou du roman policier : c'est un genre si vaste, si varié, qu'on y trouve transposés tous les autres genres littéraires, dans des contextes moins familiers que notre quotidien. Le récit gagne en nouveaux défits, en richesse nouvelle, en force nouvelle.

Ce qui me dérange le plus, ce sont tous ces clichés véhiculés par un imaginaire collectif qui n'a pour références que Star Trek, Cosmos 1999, Star Wars et quelques dessins animés japonais. La Science-Fiction, ce serait avant tout des univers aseptisés où les gens se tirent dessus à coup de laser (en fait, beaucoup d'univers de SF n'emploient pas le laser mais d'autres technologies bizarres mais cela, c'est au delà de la perception béotienne).

Il y a dans le lot des gens sincères, peut-être : en se basant sur les deux ou trois éléments censés être représentifs du genre (la plupart du temps, même pas littéraire...) qui ont atteint leur perception, ils en font une généralité absolue. C'est ce qu'on appelle un préjugé, qui comme tout préjugé se base sur une ignorance de bonne foi doublée d'une paresse d'aller voir plus loin.

C'est la raison pour laquelle l'argument du "goût personnel" me semble un peu caduque : je crois que beaucoup de gens qui pensent ne pas aimer la Science-Fiction "par goût" n'ont pas rencontré "leur" type de Science-Fiction. Nous portons tous ce type d'oeillère, pour un domaine ou pour un autre.

Il y a aussi dans le lot des gens qui sont pris dans les affres de la peur de l'imaginaire. Un carcan difficile à combattre seul, d'autant que c'est un carcan socialement correct. Notre société actuelle ne fait d'ailleurs pas grand chose pour le briser : nous somme loin des années 70-80, quand Temps X berçait notre samedi après-midi.

Pour une fois, je ne mettrai pas en cause l'école, qui n'est pas forcément une tour de granit élevée à la gloire du classicisme littéraire. Enfant, c'est tout de même grâce au collège que j'ai découvert Barjavel et Tolkien. J'attribuerai plutôt la faute aux médias : à l'heure où les films de Science-Fiction n'ont jamais été aussi nombreux sur les écrans de cinéma, un certain nombre de journalistes persistent à plisser le nez et à prétendre "ne rien comprendre" (même à des histoires dont un enfant de trois ans saisirait les enjeux) voire à affirmer que ce n'est pas digne de compréhension.

Parce qu'il faut bien voir cet étrange paradoxe : les lecteurs de Science-Fiction sont en général des gens plutôt éduqués ou cultivés (ce qui n'est pas toujours la même chose), même si ce n'est pas forcément dans les domaines les plus "littéraires". Ils appartiennent cependant rarement à la frange de l'élitisme culturel le plus exacerbé (même si les rangs des lecteurs de SF ont leur propres élitistes). Ne pouvoir se rattacher ni à une culture dite "populaire" (dans le sens "populo" du terme), ni à une culture "choisie", nuit à son image publique.

Du coup, la SF reste, envers et contre tout, un "truc de geek".

Peut-être ne faut-il pas s'en plaindre...

dimanche, 16 mai 2010

L'Enquête - deuxième partie

La suite de l'enquête de Jack Vaber dans le monde impitoyable de l'ISO...

Vaber semblait porter le poids du monde sur ses épaules : pourquoi son supérieur avait-il décidé que ses subordonnés devraient délivrer les résultats de l'enquête en personne et que l'équipe de Lockhart ferait partie de sa zone ?

Il passa une tête prudente dans le bureau : dans son habitacle aux parois vitrées, Lockhart semblait affairé. Trop affairé, sans doute, pour perdre du temps sur les résultats d'une enquête sur le distributeur de boissons chaudes. Il s'apprêtait à battre en retraite mais il avait compté sans l'œil observateur et le tempérament nuisible de Weiss :


"Lock, nous avons de la visite !"


Le capitaine se leva et fit signe à Vaber d'approcher tout en sortant de son bureau :


"Entrez ! Fit-il avec un grand sourire. Nous vous attendions."


Vaber rentra presque à reculons dans la salle :


"Vous... Vous m'attendiez ?


- Bien sûr. Nous avons été prévenus de votre passage par un message circulaire."


L'agent du service d'intendance grimaça. Il prit une longue inspiration et frémit sous le poids des regards braqués sur lui. Il plongea son regard dans l'écran de son
datapad et commença d'une voix monocorde :

"En fait, je dois juste vous avertir que nous ne nous sommes pas basés que sur les statistiques. L'enquête a été soumise à une commission qui a délibéré de l'opportunité de demandes... minoritaires."


Il releva prudemment les yeux : les membres de l'équipes l'écoutaient religieusement, suspendus à ses paroles. Il se tourna vers Lock qui attendait, les bras croisés, appuyé contre la paroi de verre de son bureau individuel :


"Bien entendu, vos préférences, ainsi que celles du lieutenant Weiss, entrent dans les normes majoritaires."


Le jeune officier secoua dramatiquement la tête :


"Si j'avais su, j'aurais essayé de me singulariser un peu plus.


- Je trouve que tu te singularises déjà bien assez comme ça", rétorqua le lieutenant Carsen, caustique.


Elle tourna des yeux verts emplis d'expectative vers Vaber :


"Lieutenant, déclara-t-il courtoisement, il a été considéré que vos préférences, bien qu'assez rares, présentaient une petite touche de classe et de sophistication qu'il était intéressant de maintenir. Nous allons d'ailleurs diversifier les choix de café aromatisés."


Bien que satisfaite, Carsen était manifestement un peu surprise que ses goûts soient qualifiés de "sophistiqués". Vaber secoua la tête : s'il y avait quelque chose de plus agaçant que les filles de famille, c'était les filles de famille quelque peu... larguées.


Il regarda de nouveau son
datapad et décida de passer à la comptech :

"
Misser, votre demande rejoignait sur le fond une cinquantaine d'autres. Nous allons mettre à disposition des produits biologiques : aussi bien café que thé. Je ne peux pas vous promettre spécifiquement de thé blanc, mais du thé vert pourra peut-être faire l'affaire ?"

La
comptech fit une petite moue :

"Éventuellement..."


Puis, brusquement, la moue se transforma en un large sourire :


"Mais c'est déjà bien !"


Vaber ne put s'empêcher de ressentir un peu de baume au cœur en voyant la charmante
comtech manifester sa satisfaction.

Les deux caporaux le regardaient, les mains sur les hanches, l'air un peu menaçant. Il décida de régler rapidement ce problème :


"La commission a pleinement conscience que votre type de consommation est assez répandue dans les zones... excentrée de l'Intermonde, fit-il en souriant un peu  nerveusement. Elle pense que l'intégrer au choix actuel montre que les cultures alternatives extra-solaires doivent être prises en compte."


Les deux hommes se regardèrent puis, finalement, Burke déclara :


"Je ne suis pas sûr d'avoir tout compris, mais ça nous convient !"


Aden asséna à son binôme une tape sur l'épaule et les deux éclatèrent de rire.


Vaber poussa un soupir de soulagement. Une bonne chose de faite.


Restait le plus difficile...

(à suivre)

L'attaque des blogs spammeurs...

Il m'arrive assez souvent de consulter les nouveaux billets sous le Tag écriture. Mais depuis quelques temps, j'ai remarqué qu'y apparaissaient des intrus assez gênants : des blogs montés uniquement pour promouvoir la vente en ligne de médicaments sans ordonnancesou la promotion de jeux d'argent... Avec un discours ressemblant trait pour trait à celui qui pourrit trop souvent nos boîtes de courrier.

Et voici que fleurissent les notes intitulées : "Achetez du (nom d'un barbiturique ou d'un stimulant sexuel)", sans oublier les "Jeux *** en ligne", associées à des tags choisis aléatoirement.

Comme je suis facétieuse, je trouverais amusant que ces blogs qui n'en sont pas atterrissent parmi les "plus visités" ou les "plus commentés".

20:35 Publié dans Sur le fil | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : blog, spam, hautetfort

La découverte du jour...

Ou plutôt de la veille. Hier soir, en me promenant par hasard au gré des nouveaux billets, je suis tombée par hasard sur le blog d'Hélène Korwin, "romancière d'écriture fantastique".

Je me demande surtout pourquoi je ne l'ai pas croisé avant. Mais la mer de la blogosphère est vaste et il flotte à sa surface une mousse de blogs "bulles de savon" qui bien souvent en cache les profondeurs. J'ai immédiatement aimé ce titre de "romancière" (plutôt qu'écrivain ou auteur, ou pire encore écrivaine ou auteure). Il est réconfortant de voir revendiquer la noblesse d'un genre fictionnel qui a pourtant un peu forgé chacun d'entre nous. Mais quand ce "roman" se revendique "fantastique", c'est bien entendu, à mes yeux, un attrait complémentaire non négligeable.

Je ne connais pas ses œuvres : elles semblent surtout diffusées localement. Se faire publier, puis se faire distribuer (la partie que l'on oublie souvent) est un parcours du combattant que nous autres, les autopubliés du web, avons lâchement esquivé (si tant que nous puissions y prétendre...)

Depuis, je visite petit à petit non seulement le blog, mais aussi le joli site "encyclopédique" sur l'univers des ouvrages.

Je suis notamment tombée en arrêt devant cet article : "Écrire pour divertir ou témoigner". S'il n'était déjà si ancien (au rythme de la blogosphère, du moins), j'aurais sans doute fait l'effort de m'extirper de ma réserve et de déposer un commentaire, mais je suis encore trop retenue par la crainte de l'inopportunité pour réveiller de quelques mots maladroits une note ancienne.

Notre culture semble toujours regarder d'un œil torve les formes d'expression artistiques capables d'entraîner un plaisir qui ne soit pas seulement "intellectuel" (quoi que puisse vouloir dire ce mot) et surtout... l'évasion. Elle n'a d'indulgence que pour l'art dit "utile"  - qui "dénonce", "témoigne" - mais paradoxalement réfute l'utilité majeure du divertissement. Pourtant, quoi ne plus intemporel, quoi de plus difficile que l'art du conteur ? Divertir est l'une des tâches les plus essentielles qui soit et je vous une admiration toute particulière à ceux qui y parviennent.

Quand les fins de mois me seront un peu plus douces, j'essaierai de me procurer les Dômes et Royaumes.