Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

samedi, 15 mai 2010

L'Enquête - première partie

La vie de bureau vous inspire parfois de curieuses histoires... L'Enquête en fait partie. Comme d'habitude, vous pouvez trouver la version intégrale sur le site de Paradis XXIV.

 

"Une enquête personnalisée ? Pourquoi ? Un formulaire en ligne ne pouvait pas faire l'affaire ?"

Le capitaine Lockhart, des Forces spéciales de l'ISO, jeta un regard perplexe vers l'agent du service d'intendance qui se tenait devant lui, un datapad à la main. Jack Vaber dansa nerveusement d'un pied sur l'autre et promena son regard sur l'équipe, présente au grand complet dans le bureau, avant de répondre :

"Cela fait des années que nous employons des formulaires en ligne, répondit-il enfin. Et cela fait des années qu'ils sont modifiés derrière notre dos par les comtech."

Le visage énergique de Lockhart se fendit d'un large sourire et il jeta un coup d'œil vers la mince jeune femme aux longs cheveux blond pâle, avachie dans son siège, qui les observait avec curiosité :

"C'est vrai, Berry ?"

Bérénice Férier esquissa une légère moue :

"Les statistiques comportent toujours une part d'inexactitude qu'il faut bien pondérer.

- Mais ce n'est pas vraiment... réglementaire."

Lockhart semblait beaucoup s'amuser, le reste de son équipe aussi. Même la jolie fille un peu trop rigide qui lui servait de second arborait un léger sourire.

"Est-ce que c'est si grave que ça, Lock ? Répliqua Férier d'un ton dégagé. Après tout, c'est du distributeur de boissons chaudes que nous parlons."

Le jeune lieutenant Weiss éclata de rire. Vaber lui lança un regard noir : ce gamin lui portait vraiment sur les nerfs. Sans parler des caporaux Burke et Aden qui souriaient dans leur coin et de  Guttirez, le sergent genhum qui l'observait pensivement depuis son bureau, comme s'il avait été une mouche collée sur un mur.

"Justement, répliqua-t-il, vous devez comprendre l'intérêt du service. Nous souhaitons adapter précisément l'offre à la demande, afin d'éviter de rester avec des stocks excédentaires sur les bras et de gâcher les crédits de l'ISO."

Il s'éclaircit la voix :

"Bien, capitaine Lockhart, est-ce que vous êtes prêts, ainsi que votre équipe, à répondre à cette enquête ?"

Lockhart haussa les épaules, sans essayer de dissimuler l'amusement qui jouait dans ses yeux gris pâle :

"Si c'est dans l'intérêt du service... Je vais montrer l'exemple."

Il se frotta pensivement le menton :

"Café noir, serré, sans sucre. Une consommation...  importante.

- Les chefs d'équipes subissent un entraînement d'accoutumance à la caféine avant d'intégrer leur  poste !", murmura Weiss, juste assez fort pour que Vaber puisse l'entendre.

Lock lança un regard faussement sévère vers son jeune lieutenant :

"Puisque tu fais le malin, c'est ton tour."

A la lueur impertinente qui dansait dans les prunelles bleu-vert du garçon, Vaber craignit le pire...

"Pour moi... Café léger, légèrement sucré. Une consommation moyenne. Je n'ai pas encore eu le temps de prendre de bonnes habitudes...", ne put-il s'empêcher d'ajouter.

Vaber décida de ne pas relever et se tourna vers le premier lieutenant :

"Café noir, serré, sucré... aromatisé à la cardamome", répondit la jolie brune avec docilité.

Et voilà. Les ennuis commençaient. Pourquoi fallait-il toujours que certains se distinguent ? Avec un soupir, il se tourna vers la comptech blonde :

"Pour moi, c'est plutôt du thé, de préférence du thé blanc, issu de la culture biologique et sans modification génétique des souches. Sans sucre, bien évidemment."

Elle lui adressa un sourire adorable. Vaber ne put s'empêcher de sourire en retour, sans doute pour ne pas pleurer.

"Café TRES noir... avec marc, déclara Aden avec conviction. Sucré pour moi, sans sucre pour Burke."

Son collègue opina du chef. L'agent du service d'intendance prit note : ce n'était pas pire qu'autre chose, au point où il en était. Enfin, il interrogea du regard le grand sergent aux yeux dorés :

" Tesseko, sans sucre", répondit ce dernier aimablement.

Vaber écarquilla les yeux puis les baissa vers sa tablette en grommelant intérieurement : il y avait vraiment quelqu'un qui buvait ce truc ? S'il fallait une preuve que les genhum n'étaient pas faits comme tout le monde, c'en était bien une !

"Ce sera tout ?" Fit Lockhart, à deux doigts d'éclater de rire.

Vaber pivota vers lui avec raideur :

"Ce sera tout. Merci de votre coopération."

En sortant, il poussa un soupir de soulagement. Les Soffies étaient tous des individus bizarres selon ses critères, mais l'équipe de Lockhart remportait la palme. Il s'arma de courage : il n'avait plus qu'à finir cet étage et son travail sur ce dossier serait terminé. Il n'en entendrait sans doute même plus parler...

Il se trompait.

A suivre

 

La reprise

Après des interludes liés aux GN et autres communions jurassiennes, me voici de retour dans mon train-train quotidien. Ou presque. Le week-end étendu compte tout de même une sortie costumée au Parc florale de Vincennes et un concert de chant.

Tout d'abord, j'ai enfin terminé ma nouvelle "sans nom" (que j'ai baptisée l'"Enquête") et repris la publication du Sang des Anges, dont le format en cours chapître est moins contraignant. Je poursuis les correction des premiers chapitres et l'harmonisation des PDF.

J'ai reçu une critique très appréciatrice sur le "premier opus" de Loin des Cieux - si personne n'a payé le lecteur pour publier son commentaire, c'est un expression spontanée extrêmement encourageante. Je me lance tout doucement dans la suite, avec une prudence de "siouxe" afin de ne pas décevoir mes lecteurs avec ce début de deuxième partie (je dis bien deuxième, pas seconde, à dessin...). J'ai décidé de prendre mon temps : je ne rétablirai le rythme plus ou moins hebdomadaire que progressivement.

Nous pouvons donc dire que la situation est plutôt favorable, malgré mon trac pré-concertochoriste.

Et puis, une nouvelle bande-annonce plus lisible peut-être ? (Sur You Tube)

Je vais publier l'Enquète par chapitre ici-même et j'enchaînerai avec le Sang des Anges. Parfois, je me dis que comme j'ai un site de publication spécifique, ce que je mets sur ce blog n'est que de la "redite", mais cet espace me semble en quelque sorte plus facile d'accès...

dimanche, 09 mai 2010

Je ne sais plus...

Je suis arrivé à un cap de "faux achèvement" : j'ai tronçonné mon "pilote" en plusieurs partie. Du coup, en marquant une pause au chiffre "semi-rond" de 15, j'ai la vague impression d'avoir accompli quelque chose. C'est un peu étrange de s'escroquer soi-même, non ? J'ai tout de même introduit un moment de suspens sur la fin. Enfin je pense. Ou plutôt, j'espère... (Petit coup de chapeau aux feuilletonistes d'antan).

Ce week-end de réunion familliale n'a pas été vraiment propice à l'écriture. Je dois me faire violence pour m'y remettre. Ce n'est pas un problème d'idées - ma tête bourdonne comme une ruche - mais plutôt celui de savoir de quelle manière les formuler. La  page blanche découle bien plus souvent de la question du COMMENT que de celle du QUOI.

Et comme d'habitude, je nage dans l'incertitude (en brasse coulée). Les récentes querelles de "motivation profonde" m'ont épuisée (même si le différend a été "humainement" réglé - à défaut de l'avoir été "philosophiquement") et j'ai récemment reçu un nouveau coup émotionnel sur un forum que je fréquente. Je me suis tout à la fois sentie visée, trahie et culpabilisée - l'un ne va pas sans l'autre, de toute façon. Dans ces moments-là, je me demande ce que je viens faire sur Internet - je suis socialement inepte et je n'ai n'ai jamais eu la mentalité d'une groupie ou d'une chef des majorettes. Et le fait que ce soit dans un domaine liée à Paradis XXIV provoque un contrecoup malsain sur ma motivation à écrire.

J'ai encore une nouvelle qui trainaille - juste quelques paragraphes à rédiger - et bien sûr, le feuilleton du Sang des Anges. Ils seront sans doute publiés ici (même si ce n'est pas le support le plus opportun, j'espère que cela divertit quand même deux ou trois de mes visiteurs de passage).

Allez, petite bande-annonce pour Loin des Cieux - la qualité des images n'est pas terrible, mais l'enchaînement n'est pas trop mal pour un début.

jeudi, 29 avril 2010

Ma dose de narcissisme

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, ce n'est pas par mes tentatives d'écritures que j'assouvis ma soif de reconnaissance et mes élans narcissiques.

La réalisation et le port de costume dans le cadre d'un jeu de rôle grandeur nature remplit largement cette fonction. D'autant que le personnage incarné possède une bonne dose de ce narcissisme.

far00.JPGfar01.JPGfar02.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bien évidemment, c'est au prix d'heures de travail que l'on parvient à finaliser son plumage, il y a donc un indéniable mérite, au-delà même de la capacité créatrice et de la maîtrise technique.

far3.JPGfar4.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et puis, il y a l'inconfort de la chose : le corset, la tournure, le jupon, les talons... Tout l'art consiste à ne pas le montrer. A retenir toute l'allure triomphale que prète les atours.

Se recréer, se resculpter, durant quelques jours... Porter les autres à vous voir autrement.

 

mercredi, 28 avril 2010

La naissance de l'Ecrivain

Je reprendrai à titre d’introduction cette belle phrase d’un de mes contradic… commentateurs. ;)

" Pour un écrivain, l’acte d’écriture est là pour assouvir un besoin, une nécessité, une évidence. L’écrivain écrit d’abord et avant tout pour lui. Le fait d’être lu (ou non) est secondaire."

C'est une idée fort noble mais en grande partie fausse… Du moins dans sa seconde moitié.

Il existe sans aucun doute différents types d’écrivains. Et ces écrivains traversent des phases différentes dans leur vie : certaines intimistes, cartharsiques… Peut-être sont-elles des passages obligés, mais elles constituent dans l’univers de l’écriture une sorte d’exception. Je dirais que l'écriture pour soi (celle qui l'est réellement, par essence, bien plus rare qu'on ne le pense) est souvent une expérience de recherche et de formation, j'irais même jusqu'à penser qu'il s'agit d'un état immature de l'écriture, où l'on s'affronte soi-même par crainte d'affronter les autres. D'ailleurs, est-elle une écriture sans lecteur ? Tout comme un acteur se projette aussi dans le spectateur éventuel, l'auteur se place aussi en tant que son propre lecteur.

J'utilise à dessin le terme d'auteur. Comme le montre bien le critique littéraire et poète Pierre Perrin dans son remarquable texte sur la Création littéraire, c'est l'oeil du public qui fait accéder l'auteur au statut d'écrivain. Plus encore, c'est son jugement :

"Est écrivain quiconque écrit un ouvrage et puis le publie. Il rend public son travail. Que ce dernier suscite quelques éloges et fasse se découvrir des crocs alentour, c’est naturel. La publication ne suffit pas. Les critiques sont indispensables à l’écrivain. [...] Un écrivain n'existe pas sans la reconnaissance de ses pairs. "

Il n'est donc pas étonnant de rencontrer l'incompréhension formelle de ceux qui se sont vus "auteurs", mais pas "écrivains".

Carson McCullers ne disait pas autre chose en affirmant : «[...] tous les artistes savent que leur vision est sans valeur tant qu'elle n'est pas partagée ».

Selon Nabokov, « On peut considérer l’écrivain selon trois points de vue différents : on peut le considérer comme un conteur, comme un pédagogue et comme un enchanteur ».

Si le conteur parlait devant un public, on comprendrait fort bien pourquoi il n'a pas envie de parler tout seul - sauf pour se tester et s'entraîner, mais il a au final besoin de son public pour lui apprendre à perfectionner son art. Que serait le pédagogue sans ses disciples ? Et ne parlons guère de l'enchanteur qui n'enchante que lui même. Le fait que le média écrit soit censé changer drastiquement cette vision a quelque chose d’absurde.

Je reviens brièvement aux paroles de mon commentateur :

"C’est pour ça que l’acte d’écriture de l’écrivain est si intime. Et c’est pour cela que nombre d’œuvres d’auteurs (célèbres et moins célèbres) n’ont et ne seront jamais publiées."

On exagère bien trop souvent l'intimité de l'acte, en relation avec les autres formes artistiques, peut-être en raison du caractère "codifié " de l'écriture : pendant longtemps, ce savoir ne fut l'apanage que d'une élite, un savoir rarement et jalousement partagé, quasi-magique. Tandis que tous les autres arts ne nécessitaient que peu ou pas d'apprentissage pour être compris. Mais rien à ce jour ne me laisse penser qu'on confie plus de soi-même à la plume qu'au pinceau, qu'au ciseau, qu'aux touches et aux cordes ou à son souffle et ses cordes vocales, aux planches du théâtre et à la pellicule. L'on conçoit parfaitement que toutes ces formes d'art ne peuvent prendre vie, pratiquement, qu'à travers l'oeil du spectateur et de l'auditeur. Pourquoi l'écriture serait à ce point différente ?

Étant  une impertinente, je n'hésiterais pas à incriminer l'influence des "poètes maudits" : le texte était difficile à mettre à disposition  d'un public sans les moyens d'un éditeur, autant garder caché ce qu'on le crée, tandis qu'au fond de soi, on persiste à le destiner à un utopique lectorat. Comme le déclare une fable de La Fontaine : "Ils sont trop verts..." Une bonne part de cette écriture "intime et personnelle" n'est que le signe, à mon sens, d'un renoncement qui ne se nomme pas, mais ne désire pas être total. Je vous renvoie sur ce point à ma note "Des îles et des alouettes".

Faut-il réellement s'interroger "sur les raisons réelles qui poussent ces auteurs en herbe à publier ainsi aux yeux de tous leurs œuvres avec plus ou moins de bonheur" ? Pas plus, il me semble, que sur les raisons qui poussent toute personne à embrasser une passion artistique.

Car toute passion est "un besoin, une nécessité, une évidence". Je prendrais l'exemple du chant, que je pratique depuis des années. Même quand on l'exerce en chœur, c'est une démarche intensément personnelle, qui force à travailler énormément sur soi-même pour être juste dans le fond comme dans la forme... Mais elle ne se réalise que devant un public : la démarche de "prestation" donne un but, celui d'avoir un retour positif (ou non) de son travail à travers les yeux des autres. Pourtant, ici, aucun soupçon de narcissisme, alors que l'écrivain tombe  sous le joug cruel de cette suspicion.

Il y a mille raisons positives d'offrir ses textes à un public : pour partager avec lui un imaginaire enfermé dans la prison de son esprit, pour le divertir, pour l'enchanter, pour lui permettre de s'évader, pour échanger avec lui une vision, une inspiration. Les chagrins seuls cherchent des raisons négatives : comme dans toute démarche artistique, la tentation narcissique, le désir de reconnaissance, la crainte de la solitude, de la mort, de l'oubli jouent un rôle, mais à quoi bon stigmatiser l'auteur quand on ne stigmatise ni le sculpteur, ni le peintre, ni l'acteur, ni le musicien, ni le chanteur ? Pourquoi vouloir déterrer toutes ces raisons grises derrière la blancheur de l'intention ? Est-ce seulement possible ? Comme l'écrit Pierre Perrin, "Sait-on pourquoi on vit ?"

Enfin... Est-ce parce qu'un écrivain est médiocre, il n'a pas le droit de montrer ses œuvres ? D'ailleurs, selon quels critères est-on médiocre ? Se permettre de se voir par le regard des autres, n'est-ce pas la meilleure façon de progresser ? De hâter la maturation plus aisément qu'en était son unique juge ?

L'écrivain pourtant n'agresse ni les yeux, ni les oreilles ; il est facile d'exclure sa prose de son champ de vision. Pourquoi est-il au coeur de si cruelles réflexions ? Je ne lèverai pas ce mystère aujourd'hui, d'autres s'y sont essayés, mais si j'ai pu réussir - un moins un peu - à instiller une compréhension de visions que je tente sans succès de faire passer à longueur de notes, j'aurais atteint une forme de félicité...