jeudi, 13 novembre 2008

Halloween Night... Fever

Après une longue absence due autant à un manque d'intérêt qu'un manque de courage (définition de la démotivation), à l'hyperactivité intense et une fatigue tout aussi intense, me voici de retour dans la bulle. Je crois bien avoir frôlé la dépression, un soir particulièrement... Mais bien entendu, la vie continue.

Avec quatre complices, j'ai tout de même commis une énorme... euh... non, pas une erreur, même si c'était énorme. Moitié soirée dansante, moitié GN, soixantes fiches de personnages, des décors de fou, de la bonne chair... euh, chère, du disco, un concert... Le tout organisé en deux mois à peine, avec toute la poisse possible pour les membres de l'équipe : pannes d'ordinateur, problème de liaison internet, destruction de décor... Pour tout avouer, je ne fus pas la plus active, étant souvent obligée de garder les modèles réduits pendants que le papa se rendait aux réunions. Résultat, je me suis retrouvée à faire la "voiture balais", en ramassant ce que les autres n'avaient pas pu faire à temps : en bref, l'écriture des rôles en retard...

Il y a eu quelques ratés : le local (un grand hangard) un peu glacé, des accessoires oubliés, la musique un peu répétitive... Mais surtout du bon : un truc bizarre où la famille Adams croise le Scooby Gang, où un démon et un exorciste picolent ensemble, ou un chanteur nommé Michel Jacquesson envoûte les morts en chantant "Thriller", ou un homme-poisson se ballade en tenue de surfer... Des personnages qui se découvrent n'être pas aussi lisses - ou plus lisses qu'on ne les perçoit... Une gigantesque farce à la croisée des films de Tim Burton, des films d'horreur kitsch des années 60 et du Rocky Horror Picture Show.

Malsain avez-vous dit ? Pas le droit de fumer à l'intérieur, que du tabac dans les poches de ceux qui sortaient le faire dehors, de l'alcool mais pas un seul participant en état d'ivresse, des personnage à la sexualité assumée mais dans les faits,  pas de mains au panier ou de comportements déplacés... des gens qui se défoncent en arborant des costumes d'enfer, en jouant la comédie et en gigotant sur la piste de danse. Certes, pas la vision des d'jeuns pro-biture de notre temps, ou des vieux branchouilles racornis...

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Je sais, il y en a "des" qui n'aiment pas halloween : fête importée, malsaine, américanisme, pouêt... Pour avoir fêté Halloween dans le cadre d'un club lié à une librairie américaine de Paris, avant même qu'il y ait la moindre exploitation commerciale, je pense que chacun est en droit de s'amuser comme il le veut et que dans notre société aseptisée, savoir tourner la mort en dérision est plutôt salutaire. Et puis, les gens, si vous ne voulez tenir compte d'aucune fête commerciale ou américanisante, oubliez la fête des mères et des pères, refusez les colliers de nouilles ou osez dire à votre belle-mère : pour le cadeau cette année... ceinture ! Au moins, vous serez un poil logiques avec vous-même...

mardi, 22 juillet 2008

Projet fini : chemise patchwork pour Monsieur (quatrième partie)

Je m'aperçois que dans l'abyssal puits de mon retard à publier sur ce blog, j'ai oublié de vous montrer le produit fini de ce projet. Je répare donc cette erreur.

 Voici l'effet global, avec accessoires : gilet effet "serpent" que j'ai réalisé, bottes et ceinturon (qui viennent, eux, de chez monsieur le marchand)...

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 Voici un agrandissement de la broderie de perles en forme de serpent sur le gilet : 

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 Enfin, deux photos qui montrent le couvre-chef, assorti à la fois à la chemise (par son assemblage de tissus) et au gilet (par la "peau de serpent" qui l'encercle) : 

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jeudi, 17 juillet 2008

Les plus beaux costumes du monde

costumes.jpgJeudi 22 mai 2008, à une heure tardive, la chaîne Arte a diffusé le documentaire "Dressing the Cinema - Sartoria Tirelli". La "Sartoria Tirelli" n'est autre que l'un des meilleurs, si ce n'est le meilleur atelier de costumiers du monde. Que ce soit dans le talent de ses employés, dans la qualité des matériaux employés ou dans la réflexion autour du personnage incarné qui précède chaque création de costume. Bref, Tirelli est une référence absolue... Que ce soit dans l'historicité (Le Guépard, Mort à Venise...) ou la démesure (Le Baron de Munchausen), ces créations de rêve et de fil contribuent à créer des univers uniques...
 
Si vous voulez découvrir à votre tour cet univers merveilleux, allez rêver devant le site web de la "Sartoria Tirelli". Le site n'est disponible qu'en  italien et en anglais, mais si vous ne comprenez aucune de ces deux langues, vous pouvez toujours cliquer sur "Atelier" pour admirer ces réalisations.

 

jeudi, 29 mai 2008

Nouveau projet couture : costume 1665 pour enfant

Ayant choisi cette année de bouder Provins en faveur de la journée "Grand siècle" de Vaux le Vicomte, j'ai décidé de doter mes fauvinets de leur propre costume, plutôt que recourir aux locations de vagues tenues de mousquetaire en location sur place. But de la manœuvre : avoir des costumes pas trop chauds, pratiques, par trop durs à réaliser et un minimum authentiques.
 
Le problème de la période choisie (1665), c'est que c'est en pleine transition vestimentaire. Mes garçons n'accepteront jamais un costume princier avec pourpoint court et rhingrave (sorte de jupe-culotte pleine de noeuds-noeuds), et la veste longue (appelée "justaucorps" à cette époque) par dessus un gilet (qui n'avait pas encore perdu ses manches et s'appelaient alors "veste") n'est officialisée qu'en 1670, à l'imitation des tenues militaires, conjointement à l'apparition de l'uniforme tel que nous le concevons actuellement.

A force d'étudier divers tableau, j'ai trouvé une solution à moyen terme : une sorte de veste courte dont les manches à revers s'arrêtent au coude, par dessus une chemise blanche et une culotte bouffante. C'est confortable, simple, facile et... attesté. Voici à peu près ce que ça donne (l'épée et la plume ayant été ajoutées par mon fils aîné pour manifester ses désidératas...). La suite dès que possible ;).

 

mercredi, 28 mai 2008

Projet en cours : chemise patchwork pour Monsieur (troisième partie)

Tant que les manches (ah, les manches !) ne sont pas fixées, j'en profite pour tranquillement poser mes œillets. Depuis que mon emporte-pièce s'est démonté, j'emploie une autre technique, celle du poinçon... Passé entre les fils, il crée un "trou" dans lequel on passe l'œillet en le faisant glisser le long du poinçon.

Elle a pour avantage de ne pas couper les fils, d'où une meilleure résistance. Petit inconvénient : l'œillet glissé entre les fils tire sur la trame et fait un peu gondoler le tissu... Enfin, c'est minime !

 

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 Le résultat est tout à fait honorable :

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Je prends aussi le temps d'ourler le bas de la chemise avec un ourlet invisible :

 

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 Quant aux manches, comme je vais resserrer les poignets avec un cordon, je me contente de replier deux fois le bord et de piquer à la machine. J'ouvre la couture de montage au-dela de cette couture pour permettre le passage du cordon : 

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 Maintenant, je ne peux plus reculer... Il me faut monter les manches. Ma méthode : épingler le haut de l'emmanchure et le bas, puis placer des épingles à chaque fois au milieu de la longueur qui reste à assembler. Puis une couture de bâti, dont on ne peut et ne doit absolument pas se passer si l'on veut faire un montage propre !

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 Il reste à passer le cordon dans le bas des manches, avec la vieille technique de l'épingle à nourrice qui permet de sentir l'extrémité du cordon et de la tirer tout doucement à travers le tissu. J'ai scotché le bout du cordon pour éviter qu'il ne s'effiloche.

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 Et voilà  ! C'est fini ! A bientôt pour le reste du costume...

 

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vendredi, 23 mai 2008

Projet en cours : chemise patchwork pour Monsieur (deuxième partie)

Voici enfin la suite de notre projet de costume...

Voici pour commencer un petit exemple de couture de bâti :

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Cette couture sera ôtée dès que la définitive sera faite.

Donc, il me faut à présent tailler les différentes pièces du corps. Il y en a quatre, toutes faites avec le même patron, deux dans un sens, deux dans l'autre. Je les coupe comme les autres, au ras du papier : 

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Sauf qu'un problème se présente. La chemise est bien plus courte que le patron initial, que je n'ai pas envie de couper. Voici ma solution : je commence par mesurer à quelle longueur sera le bord du vêtement, en partant du bas pour bien garder l'arrondi et je la trace sur le papier. Ici, c'est le trait rose (le trait bleu provient d'une utilisation antérieure du patron). 

 

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Ensuite, je pratique de petits trous dans le patron à travers lesquels je marque des repères à intervalles réguliers. Il ne reste plus qu'à les joindre, comme un jeu...

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Après découpe, voici ma pièce :

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 Une fois les pièces assemblées, elles sont fixées à la pièce d'encolure. C'est le moment du premier essayage :

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samedi, 17 mai 2008

Projet en cours : chemise patchwork pour Monsieur

Afin de persuader mon n'hom que je ne me consacre pas qu'à mes costumes, je me lance dans une petite réalisation rien que pour lui. Manquant de temps et d'argent, j'ai décidé de faire mes fonds de cartons... Mais horreur, je n'ai aucun tissu qui convienne en quantité suffisante ! Aussi ai-je décidé d'utiliser mes restes, et de les assembler dans une sorte de chemise style "patchwork".

Comme je n'ai pas envie de patronner, je me base pour l'empiècement de base sur le 5840 de chez Simplicity : détourner une robe de mage pour faire une chemise ? Eh oui, il suffit de raccourcir, d'oublier la capuche, et de resserrer les manches aux poignets.

 Voici le patron en question :

 

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 Et ma masse de tissus en vrac :

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Un tas de restes de toiles utilisées pour des costumes médiévaux et fantasy pour les enfants. Du crême, du noir, du rouge.

Je commence à assembler les pièces, en essayant de respecter au mieux le sens du tissage pour que toutes les pièces soient plus ou moins dans le même sens de fil. Puis je coupe les pièces en les superposant légèrement, avant de les assembler à la machine en un ensemble assez grand pour contenir ma pièce de patron. Une fois que c'est fait, je surfile les bords des assemblages par une couture zigzag à la limite du tissu, puis je repasse les coutures bien ouvertes et je coupe à partir du patron.

L'intérêt avec les patrons "costume", c'est qu'ils sont conçus pour des "pros" censés travailler vite. D'où le principe de la "couture en dedans". C'est à dire qu'il suffit de poser le patron sur le tissu et de couper à la limite du papier, sans se préoccuper de laisser des réserves. La couture se fera à 1,5 cm du bord. Vous remarquerez que sur toute machine à coudre bien faite, vous avez à la droite du pied des petits traits qui vous permettent de respecter cette mesure. Il vous suffit de caler le bord du tissu sur le trait et c'est parti.

Voici déjà l'enpiècement d'encolure :

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Puis les deux manches :

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 Sur cet agrandissement, vous pouvez voir la couture zigzag qui surfile l'ensemble de la pièce. Ainsi, elle ne s'effilochera pas, ce qui sera à la fois plus sûr pour le costume, car les cotonnades et les tissus de lin se défont très facilement, et pour Monsieur, car se retrouver envahi de fils est très inconfortable...

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Je suis au point de refermer les manches. Pour cela, je mets les deux côtés de la pièce bord à bord, je fixe avec des épingles, puis avec un fil de bâti avant de retirer les épingles.
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On n'insiste jamais assez sur la nécessité de bâtir avant de piquer à la machine ! A moins d'être particulièrement habile, vous n'arriverez pas à tenir correctement avec vos doigts seuls, les bords risquent de se décaler. Si vous laissez des épingles, elles risquent de se coincer dans le pied et de casser l'aiguille (et ce même quand on les place perpendiculairement à la couture, ce qu'il est impératif de faire si on les laisse...). Le fil de bâti est idéal et sans risque pour votre machine.

La couture de bâti est une couture grossière, à gros points, que l'on fait avec un fil de coton qui casse aisément. On la retire après avoir piqué à la machine.

J'en profite pour vous montrer, sur ma bien-aimée titine, le trait qu'il convient de suivre pour bien piquer à 1,5 cm du bord :
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La suite quand j'aurai un peu plus avancé !

mercredi, 14 mai 2008

Virée costumée

Nous avons profité de notre lundi férié pour faire une petite virée "photos costumée" au Parc floral de Vincennes (qui est à Paris, comme tout le monde s'en doute !). Compte tenu du fait que mon mari avait oublié de battre le rappel par mail de toutes les personnes intéressées, nous n'étions que deux.

Nous nous sommes costumées dans mon appartement, puis nous avons gagné à pieds le Parc floral en traversant le château... en costume, tandis que mon mari nous harcelait de son objectif et que l'autre mari et ma progéniture gambadaient aux alentours. Se promener en ville en robe 1640, en dehors de toute manifestation costumée, permet d'étudier en détail le réaction des bonnes gens à ce genre de fantaisie. Il y a donc :

- ceux qui ne voient rien (réellement), soit parce qu'il regardent ailleurs, soit parce qu'ils pensent à autre chose, soit parce qu'ils ne voient rien d'incongru  ;
- ceux qui  font bien attention de ne rien voir (sait-on jamais, c'est peut-être contagieux...) ;
- ceux qui regardent avec désapprobation ;
- ceux qui regardent en rigolant ;
- ceux qui admirent...
- ceux qui posent des questions.

Force est de constater que dans la rue, ce sont les trois premières catégories qui sont les plus nombreuses. Mais dès que nous arrivons au château, le cadre semble plus propice à une certaine notion de spectacle : les réactions gagnent au chaleur, une dame nous photographie à la sauvette (vous pouvez y aller, c'est gratuit !). Il faut dire que nous manquons bien d'être éclipsée par une personnage enrobée et enchapeautée comme une douairière britannique... A côté de ça, nous sommes presque normales !

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 Il fait beau et en cette fin de matinée, le Parc Floral regorge de gamins avec des parents à la traîne. D'un air béat, les papas (étrangement, ce sont rarement les mamans !) nous montrent du doigt à leurs fillettes : "Tu as vu les princesses ?" ou bien "Tiens, regarde des duchesses !". Au moins, c'est flatteur... Nous pique-niquons assises sur un banc, de mets fort peu historiques (taboulé et autres chips...) avant de retourner vers la sortie... 

Deux dames avec un monsieur en remorque posent des questions. Nous bafouillons quelque chose sur les photos et la reconstitution historique. Mon mari se lance sur une explication pédagogique sur le grandeur nature. Heureusement, aucun préjugé de ce côté : la dame écoute et tout le monde se dit au revoir avec le sourire. Nous sommes contentes de rentrer reposer nos pieds brûlants ; nous retrouvons avec plaisir - il faut l'avouer - nos cotonnades d'été. 

 

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En parlant de costumes historiques, je suis tombée par hasard sur le site de l'association suisse Fêtes costumées. Évocateur et plein d'éléments utiles... Dommage que ce soit si loin, la Suisse !

lundi, 28 avril 2008

Retour de flamme

Voilà, je suis de retour de mon GN "Grand Siècle". Il y a une nouvelle photo dans l'album, j'espère que cette robe pour laquelle je me suis encore piqué les doigts (je suis incapable de travailler avec un dé !) rend bien.

Le site était extraordinaire,  l'ambiance très bien rendu, les joueurs talentueux. Je suis un peu plus réservée sur des règles un peu lourdes mais que j'ai pu pour ma part évacuer. Et je suis épuisée, pour avoir dormi deux heures entre samedi et dimanche - ce n'est plus de mon âge !

lundi, 21 avril 2008

College blues

Le dernier week-end de mars, je me suis laissée entraîner à vivre une expérience qui n'était pas prévue sur mon emploi du temps déjà chargé : la participation à un jeu de rôle grandeur nature (ou semi-réel) sur le thème d'Harry Potter. Je participais à une séance de confection de costume chez une amie qui en était l'une des principales organisatrices, quand elle nous fit part d'une défection parmi les éventuels participants. Il fallait que quelqu'un puisse remplacer au pied levé le déserteur ! A peine avais-je formulé, timidement, l’idée que je pouvais être cette sauveuse providentielle – puis, à la suite, une kyrielle d'arguments tendant à prouver que ce n’était ni possible ni raisonnable, que je me trouvai engagée sur le projet dans l'enthousiasme général. 

Arrêt sur image : vous vous demandez sans doute ce que peut bien être un jeu de rôle grandeur nature ou semi-réel. Voici la définition qu’en donne la FédéGN, fédération agrée « Jeunesse et sport » qui encadre ce loisir. 

Me voici donc dotée d’une fiche de personnage, qui contient tout ce que je dois savoir sur celui-ci pour pouvoir le jouer : sa vie, son œuvre ainsi que les chose qu’elle va tenter logiquement d’accomplir durant le temps du GN. Je dois en prime rattraper, un peu sur le tard, trois tonnes de docs. Concrètement, du vendredi soir au dimanche midi, je devais me projeter dans la peau d’un gamine de 15 ans, interne dans un collège (particulier certes, mais un collège quand même), préoccupée par des question de gamine de 15 ans : petits copains, bisbilles entre élèves, bal de promo… 

Petit retour en arrière. Mes 15 ans. Je ne peux pas dire que j’y pense souvent. Je devais avoir à peu près autant de charisme d’une huître et mon style vestimentaire avait 30 ans de retard au bas mot. Élève bosseuse par la force des choses (et surtout celle de ma mère), pas assez bonne pour écraser les autres de la mæstria flamboyante, juste suffisamment pour faire partie des « élèves rasoirs ». ajoutons à cela que je n’étais pas du genre canon, ni du genre spirituel, sans parler de ma totale inaptitude sociale d’autant plus cruelle que si j’ai toujours été capable d’analyser et comprendre les motifs des autres, je n’ai jamais été capable de l’exploiter à mon profit. Une truffe, quoi… Bon, mon rôle n’est pas forcément très éloigné. Je serai  juste naturelle, je ne devrais pas avoir trop de mal avec mon immaturité latente.

Allez, ne soyons pas si misérabiliste : pendant les vacances, et en sorte avec ma soeur plus âgée chargée de me chaperonner, j'ai été une vraie fille des "eighties" : bustiers moulants, jupettes fuschia, gros bijoux de plastique, maquillage à l'avenant... Sous l'huître, la Lolita. Ce qui m'a valu l'un des pires chocs de ma vie, quand j'ai réalisé que l'un des potes de ma soeur, de sept ans mon aîné (ce qui était super vieux à l'époque...) en pinçait pour moi. Je n'étais pas prête pour ça... J'étais plus à l'aise sur mon banc d'huîtres.

Dois-je avouer que sur le moment, j'ai très peu réfléchi à ce passé chargé ? J'étais surtout occupée à coudre mon manteau noir, à lire mes documentations, à gérer mon trac... bref, la routine. Une fois prise dans le mouvement, habillée en collégienne anglaise, avec un serre-tête, une cravate rayée et pull noir à col en V, avec par dessus ma cape noire (celle faite pas mes soins...), et ma baguette dans la poche, je suis très vite tombée dans la routine cours - repas au réfectoire - dortoir - goguette en douce de nuit dans le parc en évitant le surveillant - pomponnage avant le bal - oeillades aux garçons... En fait, c'est l'après qui a été plus étonnant. J'aurais pu tout aussi bien vivre ces expériences bizarres que les psychologues aiment à faire vivre à des gens - ou à des rats. 

Ce n’est pas l’univers de magie ou le surnaturel qui m’ont troublée. Ce voyage entre les réalités, je le fais de façon fluide, sans ambiguïté, depuis des années. Mais en me retrouvant sur la route du retour, j'ai été prise d'une étrange crainte : celle de me retrouver face à mes responsabilités de femme active et de mère de famille, au lieu d'être totalement prise en charge dans chaque aspect de ma vie. Le cap à été vite passé, mais cependant une étrange nostalgie demeurait. J'ai remis des jupes et des collants (ce que je fais très rarement), je me suis même rendue à mon travail en "collégienne" (sans la cape, bien sûr...) au grand étonnement de mes collègues qui ne pouvaient cependant rien me reprocher puisque je portais une tenue plus que convenable. Par la suite, j'ai recommencé à soigner mon apparence : jupes, maquillages, bijoux comme si j'avais besoin de réaffirmer ma féminité. Mon mari ne s'en plaint guère. 

Etrange. Peut-être, sans le savoir, ai-je reçu un sortilège...

 

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