mercredi, 19 mars 2008
Mes débuts de "soliste"
Voilà, les deux concerts de mes deux chorales - qui sont tombés presque l'un sur l'autre - sont passés... Une grande nouveauté dans le second : je débutais avec une petite partie soliste, pour la (presque) première fois (je ne compte pas deux petits phases chantées lors d'une messe de commémoration historique).
Le premier concert, samedi soir, est arrivé au terme d'une journée "terrible" : achat de tissus dans le quartier du Sacré-Coeur le matin, déjeuner au restau avec mon n'hom et les enfants le midi (pour les 9 ans de mon grand), puis répétition pour le second concert prévu pour le lundi. De plus, nous recevions une chorale belge et notre programme représentait une portion congrue face au leur, ce qui est tout naturel. Il y avait beaucoup de Gounod et Gounod ne m'en"chante" guère... Bref, rien 'était rassemblé pour un grand cru et je doute que ce en fut un.
Lundi, j'avais pris une journée de congé pour éviter tout stress. Le programme était plus motivant : après la prestation du "Petit coeur" du ministère des Finances, nous avons chanté avec eux le madrigal de Saint-Saëns "Des pas dans l'allée", un madrigal d'Anthoine de Bertrand sur des paroles de Ronsard ("Ce ris plus doux"), plusieurs pièces de Poulenc (la cantate "Soir de Neige", "A peine défigurée" et "Belle et ressemblante"), puis enfin l'Insalata Italiana de Richard Genée, une pièce amusante qui parodie l'opéra italien et dont les paroles ne sont composées que des nuances musicales (forte, piano, etc.). J'y tenais en soliste la petite partie de soprano.
Le chef de choeur m'avais dit que m'avancer, il ne m'avait pas prévenue qui me ferait carrément chanter au milieu de la scène devant tout le monde. Je ne me suis pas effondrée, ouf !
Enfin, un dernier chant en commun, le Carnevale de Rossini, qui met en scène de pauvres aveugles en train de mendier, mais cependant sur un ton festif. Ce qui était assez adapté puisque le concert prenait place dans le cycle "Mille choeurs pour un regard" au profit de l'association Retina.
Nous sommes tous repartis content, je souffre à présent d'une sévère retombée d'adrénaline ! Encore un petit moment de gloire raisonnable dont je pourrai parler à mes petits enfants !

11:48 Publié dans Chronique vocale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chant, art, musique
jeudi, 21 février 2008
Ici ou LA
Quand je chante toutes les petits notes qui se promènent au dessus de la ligne du haut de la partition de Haendel, je repense au fait que la hauteurs du LA n'était pas la même à l'époque baroque. Fixée aujourdhui à 440 Hz, cette vilaine petite note était à l'époque dans les 415 Hz. Vu que les écarts relatifs entre les autres notes sont fixés à partir du LA, on comprend tout de suite que ces envolées aigues étaient moins vertigineuses en ces âges heureux !
Cela dit, j'ai constaté ce soir encore que ma voix avait changé - pour le meilleur - en agilité et en puissance. Paradoxalement, cette puissance est justement plus contrôlée - ou plus contrôlable. Alors que la plupart doivent apprendre à timbrer et donner du son, je dois apprendre à donner moins de son. Ce qui nécessite un travail ardu de tout le corps (contrôle des abdos, de l'ouverture vocale, de la respiration...)
Sans oublier le mental. Important, ça, le mental. Il faut apprendre à pratiquer la pensée positive chère à ce bon vieux Émile Coué de la Châtaigneraie et sa célèbre méthode.
Sinon, je viens de trouver sur le web un petit bijou, le Jardin de DB, site de la journaliste Dominique Bardel. C'est agréable, bien fait, complet, il y en a pour des heures de flânerie. Et hop, dans mes liens !
00:20 Publié dans Chronique vocale | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : chant, art, musique
dimanche, 17 février 2008
Félicité
Habituellement, je vois venir les journées de chant que je "subis" depuis près de quatre ans avec un peu d'inquiétude. En effet, ces journées de répétition nous font prendre conscience de nos faiblesses, des point où nous "coinçons", surtout quand la fatigue s'en mêle.
Aussi est-ce avec une joie presque extatique que j'ai encore constaté que depuis quelque mois j'étais en net progrès. Ma voix monte beaucoup mieux, je me fatigue moins... Cela ne veut pas dire qu'il n'existe plus de difficultés ou de tensions, mais elles sont plus rares et moins marquées. Le plaisir en est sublimé. Et les notes qui tourbillonnent dans ma tête de mener une sarabande encore plus débridée...
Je profite également du plaisir de chanter à côté d'une autre soprano "1" dont la voix est aussi puissante et timbrée que la mienne, bien d'un caractère différent (moins vibrante, plus "charnelle"), et la fusion de nos voix crée une couleur encore différente : c'est cela, chanter en choeur, la complémentarité, l'écoute de l'autre, la plaisir de vibrer en commun. Certes, il va falloir encore du boulot (dixit la chef de choeur) pour que nous puissions chanter nos quelques lignes de duo dans le "Dominus a destris tuis" du Dixit dominus de Haendel. Mais l'impulsion est donnée.

En attendant, petit éclaircissement sur un détail perturbant : comment ça s'écrit... Haendel ? Car on trouve aussi Handel ou Händel ? Réponse trouvée sur la Wikipedia : en allemand, Haendel et Händel sont deux graphies équivalentes. Mais après son installation en Angleterre, il a retenu Handel, la graphie anglaise de son nom.
Haendel fut, comme tant d'autres compositeurs (plus qu'on ne le croit, en tout cas) génial et précoce. D'ailleurs, il n'avait encore que 22 ans quand il composa cet éblouissant Dixit... Je ne résiste pas à la tentation d'afficher ce portait du monsieur, qui semble avoir des goûts aussi fastueux dans le domaine vestimentaire que dans celui de la musique. A moins que ce ne soit que pour le tableau ?
22:45 Publié dans Chronique vocale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chant, art, musique, HAENDEL Georg Friedrich
vendredi, 15 février 2008
Première Aria : mes passe-temps étranges...
Au passage, je vous conseille d'aller faire un tour sur le site The Mutopia Project, qui rassemble des partitions libres de droit et d'utilisation sous licence Creative Common. Un grand bravo au passage ! Et de regarder - si cela vous chante (sic) :
Ebra d'Amor fuggia, Cantata a voce sola di Soprano, by F. Mancini
Donc, cette pièce est une cantate pour voix de soprano, sur le thème de la lamentation d'Ariane abandonnée seule sur son bout de rocher par cet irresponsable et ingrat de Thésée, à qui elle avait pourtant donné un sacré coup de pouce (ou plutôt, un sacré bout de fil). Il s'agit de différentes arias réunies par un récitatif. Une de ces arias, "Ingoatelo, Laceratelo" voue ce traître perfide aux fureurs de la mer. Sa vivacité et les vocalises qui s'égrainent tout au long de la pièce en font un bonheur lyrique. Néanmoins, étant encore débutante, je m'efforce surtout d'en tirer le maximum de plaisir en écorchant le moins de notes possible !
Ce qui m'amène à la question suivante : quelle est la philosophie du chant ? Chante-on pour soi même ou pour les autres ? Quelle est la part narcissique dans la recherche du "beau" et du "bien" dans le domaine vocal ? Car je dois me résoudre à admettre que je reste une chanteuse sans public (du moins pour ce chant) et que mon seul auditoire est ma famille qui doit subir déchiffrages, exercices et études, la partie la moins "brillante" du chant. Hors de cette cellule, de ce cocon, le chant est "personna non grata"...
Comme nous l'avons souligné dans le Prélude, l'art est difficile, mais aussi l'un des plus ingrats qui soit...
10:30 Publié dans Chronique vocale | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : chant, art, musique, MANCINI Francesco
jeudi, 14 février 2008
Prélude à ...
Ce blog comprendra un certain nombre... d'interludes. Il est donc normal qu'il commence par un prélude.
Pourquoi ce titre étrange de "Milathéa" ?
D'après l'Encyclopédie du Merveilleux, volume 2, la Milathéa serait "une sorte d'hermine à la peau rose et à la crinière blanche [...] très recherchée des enchanteurs à cause de sa voix merveilleuse au pouvoirs magiques". Je n'ai pas la prétention d'émuler les performances vocales de la Milathéa. Cependant, ma tête regorge de notes qui ont la fâcheuse manie de s'échapper par ma bouche en faisant vibrer au passage les cordes vocales.
Le chant est un art ingrat. Observez autour de vous : dès que quelqu'un sait jouer trois notes au piano ou à la guitare, on lui demande de jouer dans l'enthousiasme général. La personne qui a comparativement un bien meilleur niveau de chant ne sera pas sollicitée...
Le chant est devenu l'apanage exclusif de quelques "pros" et toute personne du "commun" qui s'y adonne viole un interdit implicite. Qui est responsable ? La radio, car à cause d'elle il n'est plus nécessaire que tout le monde reprenne une chanson pour qu'elle soit connue ? Comment savoir... Un individu qui séjourne dans un rame de métro avec des écouteurs mal isolés sera moins mal vu que que s'il se contente de fredonner un air classique...
Aussi, le choriste amateur ne sera-t-il reconnu que dans les rangs de sa formation.
Et encore...
Mais rassurez-vous, ce blog ne parlera pas seulement de chant choral et de musique lyrique, mais aussi de sujets aussi variés que l'infographie, le jeu de rôle, la toile... Sans oublier, sans doutes, quelques petites crises d'introspection nombriliste.
22:40 Publié dans Prélude | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : chant, art, musique, légendes





