jeudi, 31 juillet 2008
Ode funèbre à l'originalité vestimentaire
Témoins de cette paresse grandissante des dits (sic) doigts, les merceries et les magasins de tissu agonisent à tour de bras. Quand je me suis installée dans ma ville il y a dix ans, trois merceries se faisaient concurrence et l'on comptait même un marchand de coupons. Deux des merceries ont aujourd'hui disparu, l'une par fermeture pure et simple, l'autre, également perlerie pour le plus grand plaisir des filles comme des mères, s'est transformée en stupide fringuerie comme tant d'autres. Le marchand de coupons est parti à la retraite et personne n'a pris sa suite. J'avais déjà évoqué la disparition du rayon Mercerie des Galeries La Fayette. Aujourd'hui, c'est le magasin Bouchara Haussmann, qui existait dans le quartier des grands magasins depuis 1936, qui meurt dans les dernières soubresauts des soldes (étonnement, leur site Internet omet de le signaler...) et devinez ce qui va prendre sa place... Un friperie/fringuerie d'une franchise connue (je ne lui ferait pas l'honneur de la citer, histoire qu'elle aille alimenter les tags). Je prévois déjà, ça et là sur les blogs, les piaillements émoustillées d'aucunes de ces demoiselles à l'apparition de cette nouvelle boutique de fringues banales...
Ah, dernière chose : si Bouchara Haussmann ferme, c'est parce que la direction du groupe se recentre sur une autre de ses enseignes : Eurodif. On y trouve (dans le meilleur des cas) linge de maison, un peu de mercerie, mais surtout de la fringue bas de gamme. Ni l'histoire, ni le prestige n'ont le moindre poids face à la logique financière.
23:54 Publié dans Interlude | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : couture, mode, mercerie, tissu, vêtement, consommation, bouchara
mardi, 22 juillet 2008
Projet fini : chemise patchwork pour Monsieur (quatrième partie)
Je m'aperçois que dans l'abyssal puits de mon retard à publier sur ce blog, j'ai oublié de vous montrer le produit fini de ce projet. Je répare donc cette erreur.
Voici l'effet global, avec accessoires : gilet effet "serpent" que j'ai réalisé, bottes et ceinturon (qui viennent, eux, de chez monsieur le marchand)...

Voici un agrandissement de la broderie de perles en forme de serpent sur le gilet :

Enfin, deux photos qui montrent le couvre-chef, assorti à la fois à la chemise (par son assemblage de tissus) et au gilet (par la "peau de serpent" qui l'encercle) :


01:31 Publié dans Le rôle et l'habit | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : costume, couture, jeu de rôle, gn
jeudi, 17 juillet 2008
Les plus beaux costumes du monde
Jeudi 22 mai 2008, à une heure tardive, la chaîne Arte a diffusé le documentaire "Dressing the Cinema - Sartoria Tirelli". La "Sartoria Tirelli" n'est autre que l'un des meilleurs, si ce n'est le meilleur atelier de costumiers du monde. Que ce soit dans le talent de ses employés, dans la qualité des matériaux employés ou dans la réflexion autour du personnage incarné qui précède chaque création de costume. Bref, Tirelli est une référence absolue... Que ce soit dans l'historicité (Le Guépard, Mort à Venise...) ou la démesure (Le Baron de Munchausen), ces créations de rêve et de fil contribuent à créer des univers uniques...
Si vous voulez découvrir à votre tour cet univers merveilleux, allez rêver devant le site web de la "Sartoria Tirelli". Le site n'est disponible qu'en italien et en anglais, mais si vous ne comprenez aucune de ces deux langues, vous pouvez toujours cliquer sur "Atelier" pour admirer ces réalisations.
01:28 Publié dans Le rôle et l'habit | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : couture, cinéma, costume
jeudi, 19 juin 2008
Virée aux "Galeries"
Le samedi 7 juin, après avoir animé une messe de mariage au Val-de-Grâce avec ma chorale (lieu grandiose et magique s'il en est, qui vous transporte en un autre temps...) je suis allée, sur les conseils d'une amie, à la mercerie des Galeries Lafayette.
Ce que je cherchais est banal dans le milieu costumier : un emporte-pièce spécial étoffe, destiné à percer le tissu avant la pose d'œillets métalliques. Mon amie costumière m'a donc dirigée vers les merceries du Printemps ou des Galeries, susceptibles, à son avis, de pouvoir offrir ce style de matériel "semi-pro". Mon mari, qui fréquente ces grands magasins de façon plus assidue que moi (notamment dans les périodes d'anniversaire...) m'a indiqué le lieu exact : le quatrième étage.
Plus qu'un haut lieu de la mode, les Galeries sont pour moi un site chargé d'histoire. Ce bâtiment sublime, cette splendide coupole de verre... C'est toujours avec un terrible pincement au cœur que je pénètre dans le grand hall circulaire, aujourd'hui envahi de stupides petits stands de parfumeurs tous aussi ordinaires les uns que les autres. Jadis, à cet endroit, trônait le splendide escalier qui faisait la célébrité du lieu, démonté en 1974 dans un accès de mercantilisme, atteinte irréversible à un patrimoine architectural singulier. Et pourtant, combien de chalands pénétraient dans le bâtiment juste pour voir l'"escalier"... Ce n'était que le début du processus qui tend à priver, progressivement, ce lieu de sa mémoire et de son aura. On y voit encore les balcons qui ressemblent à autant de loges de théâtres, mais au dessus de ce jeu de cubes dédiés au luxe, au design typique du mauvais goût années 80, ils perdent une part de leur grâce première.

Photo : Wikipedia
Les galeries sont envahies de touristes, de midinettes, de femmes actives branchées, de "barbies girls" en quête de l’accessoire qui tue. Quelques personnes plus "ordinaires" semblent presque perdues dans cette foule qui se prosterne dans le temple des apparences. La variété des marchandises offertes semble reculer devant l'assaut de la fringue, des produits de beauté, de l'accessoire inutile.
Enfin, j'arrive au quatrième. J'ai un peu de mal à trouver ma terre promise (si vous avez suivi : la mercerie). Je longe des parois de verre de couleur (vert, bleu, rose, rouge...) qui donnent sur la base de la grande coupole. Ces parois étaient-elles jadis en plein air ? Le bâtiment a, sans nul doute, été rehaussé, mais à quelle époque et de combien de niveaux ? Curieuse, je scrute les néons qui derrière les dites parois simulent la lumière du jour pour rendre à la base ouvragée de la coupole sa transparence et sa luminosité premières. Je ne peux cependant m'empêcher de me demander quel pouvait être l'effet de ces jeux de lumières colorées, qui devaient teinter chaque partie des vitraux de la base d'une nuance différente. Personne ne semble remarquer mon comportement bizarre et déplacé. Il faut dire qu'en ces lieux, il y a nettement moins de monde...
Enfin, je trouve, relégué dans un petit coin sombre, le rayon tant convoité. Après avoir tourné en rond parmi les rubans, attaches et autres galons, je finis par trouver, sur indication d'une vendeuse solitaire, l'objet que je cherche. Matériel allemand, gage de robustesse... enfin j'espère. Elle m'assure de qualité du matériel sur lequel elle a de « bons retours ». Ici errent quelques autres originales : une jeune maman avec poussette qui cherche des boutons pour un chemisier, une dame antillaise d'un certain âge en quête d'un cube d'une substance miraculeuse qui permettait de fixer les plis des pantalons. « On en trouvait ici, à l'époque... »
La vendeuse est agréable, d'autant que la fatalité va s'abattre sur son rayon : à l'instar de celui du Printemps, déjà disparu, le rayon mercerie des Galeries doit s'évanouir en décembre de cette année. Je ne suis même plus étonnée, je ne me donne pas la peine d’être déçue. La Mecque de la couture, le Marché Saint-Pierre, montre lui-même d'inquiétants signes de déclin, alors ce pauvre petite rayon abandonné et planqué derrière les tenues "détentes", quel espoir a-t-il de survivre ? Il faut dire que de nos jours, la couture, ça ne sert plus à faire du vêtement... Tout juste, à la rigueur, des sacs customisés et du patchwork. La mercerie, il faudra aller chercher ce qu'il en reste dans les rayons du "Loisir créatif" avec son florilège de façons inutiles d'occuper ses dix doigts.
Avant de partir, je décide quand même d'aller faire un tour aux bijoux "fantaisie" : voilà pas si longtemps, on trouvait à la pelle, à des prix raisonnables, de ces colliers et boucles d'oreilles gracieux, délicieusement rétro ornés de cristaux colorés. Hélas, les seuls bijoux qui attirent encore mon regard sont des productions de créateurs à des tarifs prohibitifs. Mes bijoux de rêve ont été remplacés par des horreurs de plastique aux couleurs criardes ou d'énormes pacotilles pseudo-ethniques qui semblent devoir aux pires heures des années 80, le côté "fun" en moins.
Bah, j'ai mon emporte-pièce et il y a de pires déceptions dans la vie. Mais je m'interroge quand même sur le monde qu'on nous bâtit, un monde où l'on nous fait avaler tout et n'importe quoi dans un joyeux conformisme, où l'on nous prive de la possibilité de donner vie à notre imaginaire. Le goût de l'apparence oui, mais formaté, assisté...
Mais ce n'est pas comme si c'était nouveau...
11:38 Publié dans Promenades | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : galeries lafayette, couture, mercerie, mode, architecture, mercantilisme, luxe
jeudi, 29 mai 2008
Nouveau projet couture : costume 1665 pour enfant
Ayant choisi cette année de bouder Provins en faveur de la journée "Grand siècle" de Vaux le Vicomte, j'ai décidé de doter mes fauvinets de leur propre costume, plutôt que recourir aux locations de vagues tenues de mousquetaire en location sur place. But de la manœuvre : avoir des costumes pas trop chauds, pratiques, par trop durs à réaliser et un minimum authentiques.
Le problème de la période choisie (1665), c'est que c'est en pleine transition vestimentaire. Mes garçons n'accepteront jamais un costume princier avec pourpoint court et rhingrave (sorte de jupe-culotte pleine de noeuds-noeuds), et la veste longue (appelée "justaucorps" à cette époque) par dessus un gilet (qui n'avait pas encore perdu ses manches et s'appelaient alors "veste") n'est officialisée qu'en 1670, à l'imitation des tenues militaires, conjointement à l'apparition de l'uniforme tel que nous le concevons actuellement.
A force d'étudier divers tableau, j'ai trouvé une solution à moyen terme : une sorte de veste courte dont les manches à revers s'arrêtent au coude, par dessus une chemise blanche et une culotte bouffante. C'est confortable, simple, facile et... attesté. Voici à peu près ce que ça donne (l'épée et la plume ayant été ajoutées par mon fils aîné pour manifester ses désidératas...). La suite dès que possible ;).

15:14 Publié dans Le rôle et l'habit | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : costume, couture
mercredi, 28 mai 2008
Projet en cours : chemise patchwork pour Monsieur (troisième partie)
Tant que les manches (ah, les manches !) ne sont pas fixées, j'en profite pour tranquillement poser mes œillets. Depuis que mon emporte-pièce s'est démonté, j'emploie une autre technique, celle du poinçon... Passé entre les fils, il crée un "trou" dans lequel on passe l'œillet en le faisant glisser le long du poinçon.
Elle a pour avantage de ne pas couper les fils, d'où une meilleure résistance. Petit inconvénient : l'œillet glissé entre les fils tire sur la trame et fait un peu gondoler le tissu... Enfin, c'est minime !


Le résultat est tout à fait honorable :

Je prends aussi le temps d'ourler le bas de la chemise avec un ourlet invisible :

Quant aux manches, comme je vais resserrer les poignets avec un cordon, je me contente de replier deux fois le bord et de piquer à la machine. J'ouvre la couture de montage au-dela de cette couture pour permettre le passage du cordon :

Maintenant, je ne peux plus reculer... Il me faut monter les manches. Ma méthode : épingler le haut de l'emmanchure et le bas, puis placer des épingles à chaque fois au milieu de la longueur qui reste à assembler. Puis une couture de bâti, dont on ne peut et ne doit absolument pas se passer si l'on veut faire un montage propre !


Il reste à passer le cordon dans le bas des manches, avec la vieille technique de l'épingle à nourrice qui permet de sentir l'extrémité du cordon et de la tirer tout doucement à travers le tissu. J'ai scotché le bout du cordon pour éviter qu'il ne s'effiloche.

Et voilà ! C'est fini ! A bientôt pour le reste du costume...

19:45 Publié dans Le rôle et l'habit | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : couture, grandeur nature, semi-réel, costume
vendredi, 23 mai 2008
Projet en cours : chemise patchwork pour Monsieur (deuxième partie)
Voici enfin la suite de notre projet de costume...
Voici pour commencer un petit exemple de couture de bâti :

Cette couture sera ôtée dès que la définitive sera faite.
Donc, il me faut à présent tailler les différentes pièces du corps. Il y en a quatre, toutes faites avec le même patron, deux dans un sens, deux dans l'autre. Je les coupe comme les autres, au ras du papier :

Sauf qu'un problème se présente. La chemise est bien plus courte que le patron initial, que je n'ai pas envie de couper. Voici ma solution : je commence par mesurer à quelle longueur sera le bord du vêtement, en partant du bas pour bien garder l'arrondi et je la trace sur le papier. Ici, c'est le trait rose (le trait bleu provient d'une utilisation antérieure du patron).

Ensuite, je pratique de petits trous dans le patron à travers lesquels je marque des repères à intervalles réguliers. Il ne reste plus qu'à les joindre, comme un jeu...

Après découpe, voici ma pièce :

Une fois les pièces assemblées, elles sont fixées à la pièce d'encolure. C'est le moment du premier essayage :

22:20 Publié dans Le rôle et l'habit | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : grandeur nature, semi-réel, costume, couture
samedi, 17 mai 2008
Projet en cours : chemise patchwork pour Monsieur
Afin de persuader mon n'hom que je ne me consacre pas qu'à mes costumes, je me lance dans une petite réalisation rien que pour lui. Manquant de temps et d'argent, j'ai décidé de faire mes fonds de cartons... Mais horreur, je n'ai aucun tissu qui convienne en quantité suffisante ! Aussi ai-je décidé d'utiliser mes restes, et de les assembler dans une sorte de chemise style "patchwork".
Comme je n'ai pas envie de patronner, je me base pour l'empiècement de base sur le 5840 de chez Simplicity : détourner une robe de mage pour faire une chemise ? Eh oui, il suffit de raccourcir, d'oublier la capuche, et de resserrer les manches aux poignets.
Voici le patron en question :

Et ma masse de tissus en vrac :

Un tas de restes de toiles utilisées pour des costumes médiévaux et fantasy pour les enfants. Du crême, du noir, du rouge.
Je commence à assembler les pièces, en essayant de respecter au mieux le sens du tissage pour que toutes les pièces soient plus ou moins dans le même sens de fil. Puis je coupe les pièces en les superposant légèrement, avant de les assembler à la machine en un ensemble assez grand pour contenir ma pièce de patron. Une fois que c'est fait, je surfile les bords des assemblages par une couture zigzag à la limite du tissu, puis je repasse les coutures bien ouvertes et je coupe à partir du patron.
L'intérêt avec les patrons "costume", c'est qu'ils sont conçus pour des "pros" censés travailler vite. D'où le principe de la "couture en dedans". C'est à dire qu'il suffit de poser le patron sur le tissu et de couper à la limite du papier, sans se préoccuper de laisser des réserves. La couture se fera à 1,5 cm du bord. Vous remarquerez que sur toute machine à coudre bien faite, vous avez à la droite du pied des petits traits qui vous permettent de respecter cette mesure. Il vous suffit de caler le bord du tissu sur le trait et c'est parti.
Voici déjà l'enpiècement d'encolure :

Puis les deux manches :

Sur cet agrandissement, vous pouvez voir la couture zigzag qui surfile l'ensemble de la pièce. Ainsi, elle ne s'effilochera pas, ce qui sera à la fois plus sûr pour le costume, car les cotonnades et les tissus de lin se défont très facilement, et pour Monsieur, car se retrouver envahi de fils est très inconfortable...


La couture de bâti est une couture grossière, à gros points, que l'on fait avec un fil de coton qui casse aisément. On la retire après avoir piqué à la machine.
J'en profite pour vous montrer, sur ma bien-aimée titine, le trait qu'il convient de suivre pour bien piquer à 1,5 cm du bord :

14:09 Publié dans Le rôle et l'habit | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : grandeur nature, semi-réel, costume, couture





