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vendredi, 28 janvier 2011

Technolectrice

Quand suis-je devenue technogogo ? Céder à la tentation d’un gadget dans l’humeur du temps signifie-t-il perdre son âme (de geek ou de « vrai » anti-conformiste) ?

A priori, je peux être rassurée par le fait que je ne suis pas encore tombée assez bas pour craquer pour un « iMachin » (remplacez le mot « machin » par ce que vous voudrez). Je ferai toujours, par principe totalement subjectif, j’en conviens, un très large détour autour de tout ce qui est issu de la firme Apple – disons que cela découle de mon anti-conformisme personnel. Ou plutôt mon anti-anti-conformisme ordinaire – pour l’époque où donner dans la « pomme » était censé être anti-conformiste.

Ma liseuse n’est pas non plus à technologie « encre électronique » (malgré son aspect très séduisant, les produits bas de gamme ont encore un rendu médiocre et les bons produits sont trop chers…) mais une tablette tactile retro-éclairée, sous technologie Android d’une marque plus discrète que l’Ipad (le PocketBook IQ, avec une jolie coque rouge).

PocketBook-IQ-1.gif



Tout a commencé par une conversation avec un ami, l’un de mes lecteurs assidus (eh oui, il y en a !) ; j’en suis venue à considérer l’opportunité de passer à la lecture sur liseuse. Il n’a pas fallu plus de quelques semaines (quelques jours plutôt) pour qu’une idée qui me paraissait saugrenue remporte ma totale adhésion. Laps de temps durant lequel, il faut dire, je me suis mise à étudier les formats de distribution des eBooks. J’ai ainsi découvert celui qui est en passe de devenir un standard généraliste, le format ouverte ePub.

Après avoir vérifié que le site du Project Gutenberg, bibliothèque virtuelle distribuant gratuitement en version électronique des ouvrages libres de droit, fournissait également ses titres au format ePub, je me suis totalement convertie.
Au point de télécharger le logiciel libre Calibre, qui permet de convertir un certain nombre de formats (dont le RTF, le ODT – format natif d’Open Office et le HTML, entre autres) en fichiers ePub et de faire mes premiers tests. Puis, sur conseil d’un collègue écrivain, le logiciel Sigil, qui permet l’édition directe en format ePub – toujours.

Mais qu’a-t-il donc de si particulier, ce format ePub ?

  • c’est un format ouvert, pris en charge par l’immense majorité des liseuses (sauf le Kindle d’Amazon, qui reste désespérément propriétaire, ce qui n’est pas un bon point en sa faveur !
  • il peut être lu par un nombre croissant d’applications : parmi celles que je connais,  le plugin EPUBReader de Firefox, le visualisateur de Calibre, les applications Android Aldiko et FBReader, que l’on peut installer même sur les téléphones marchant sous ce système, les programmes génériques de l’immense majorité des liseuses (mettons à l’index le honteux Kindle) ;
  • il est basé sur le langage XHTML, langage de balisage rigoureux (quand il est bien employé) et simple d’approche qui permet de créer des fichiers légers et de chargement rapide.

Il ne faut surtout pas négliger le fait que progressivement, les auteurs du web vont trouver entre leurs mains des outils de plus en plus performants pour la création de livres directement exploitables sur ces supports en pleine progression que sont les tablettes, liseuses et autres pads. Tout comme la diffusion musicale, le passage par l’éditeur devient de moins en moins impératif : le coût du support matériel, de l’opération d’impression, de la diffusion ne conditionnera plus le tarif du produit fini. On commence d’ores et déjà à voir apparaître des réseaux de distribution numérique à destination des lecteurs potentiels. Les auteurs peuvent désormais faire le choix de distribuer gratuitement leurs œuvres sur un marché qui s’élargit de jour en jour, ou de les faire payer à un tarif modique qui leur assure un retour plus intéressant que le pourcentage reversé par l’éditeur classique.

Le fait que les éditeurs ne soient plus nécessairement les « découvreurs » et les « créateurs » de talents, le goulet d’étranglement d’une création littéraire passée au crible d’une évaluation qualitative nécessaire mais aussi parfois d’un jugement subjectif, intensément personnel ou purement commercial, va sans doute tôt ou tard les obliger à reconsidérer les bases de leur métier.

Ce n’est plus une simple question de changement de support. C’est toute une philosophie qui est en passe d’être remise en cause.

dimanche, 21 mars 2010

Intertexte

Ce titre ne veut sans doute rien dire, mais il exprime de mon point de vue ce que seront ces quelques lignes.

Le retour du "A quoi bon ?" parce que de temps en temps, il est important de ressortir cette phrase classique aux relents de nihilisme dépressif. Cependant, je peux objecter que mon trajet dans la pénombre (c'est à dire, le parcours en aveugle de l'écrivain sans retours) est à présent piqué de petits puits de lumière : quelques remarques constructives, un excellent retour sur "Émancipation", l'intérêt et la curiosité sincères de plusieurs personnes et un peu de publicité (je dois ici remercier un de mes amis qui est devenu, en quelque sorte, mon "attaché de presse" sous Facebook, merci monsieur G. !) Le "A quoi bon ?" est un grand classique qui nous donne le sentiment d'appartenir à un cénacle de génies méconnus et de poètes maudits, le pratiquer à l'occasion est salutaire pour l'ego et la profondeur créative.

Je reste toujours aussi surprise en consultant les statistiques que mon article le plus consulté demeure mon "Ode funèbre à l'originalité vestimentaire". J'ose à peine imaginer la tête des "girlies" attirées par le tag "mode" quand elles atterrissent dessus. Aucune n'a hélas laissé de commentaire. Mais de toute façon, je pense qu'il en est de l'attitude "girlie" comme de la lecture de Télérama : on sait que c'est bourré d'âneries, mais on continue à pratiquer pour des raisons sociales. (Je m'excuse de cet accès de méchanceté gratuite, on m'a déjà accusée de "porter des jugements" sur les dindes - c'est à dire, d'avoir un avis sur le courant "girlie"...)

Voilà, c'était le billet qui ne sert à rien. Après avoir virtuellement abandonné ce blog, je le charge et je le surcharge. Je suis en phase d'extraversion pathologique, ça finira bien par passer un jour...

 

jeudi, 11 mars 2010

Timidités

Ces temps derniers, je n’ai pu m’empêcher d’aller faire de brèves visites sur des forums et blogs d’écrivains. Et d’observer avec un mélange de fascination/exaspération/stupéfaction un univers qui jamais n’a été, jamais ne sera le mien.

Il y a ceux qui ne se prennent pas au sérieux, qui jouent et vibrent avec les mots. Ce sont ceux par la fenêtre desquels je jette parfois un œil, avec la timidité du voyeur, ceux vers qui je pourrais idéalement me porter car j’éprouve pour eux une sympathie presque fraternelle, ou plutôt, celle de l’obscure cousine de province fière de voir sa parentèle se distinguer. Cependant, les mondes et images où ils évoluent ne sont pas les miens ; j’y serai à jamais étrangère, en raison de ma soif inextinguible d’« ailleurs ». Si je cherchais des  coupables, à qui faire porter le fardeau de mon altérité, ils se nommeraient sans doute William Morris, Jules Verne, Henry Rider Haggard, Edgard Rice Burrough, Lord Dunsany… et leurs cohortes de fils et filles spirituelles qui ont fait de moi à jamais une dévoyée.

Et il y a les autres, qui ne peuvent écrire une seule phrase dont le sens est transparent, évident, qui s’expriment par métaphores compliquées et figures de style plus qu’obscures, dans un langage qui pourrait être philosophique s’il contenait une logique et une clarté que j’ai peine à y trouver, sous les yeux béats de lecteurs « ravis ». Je nage ici en pleine étrangéité, moi qui aime à défendre des idées, à conter des histoires… J’ai le sentiment de me trouver devant les cabinets de curiosité de méandres de l’esprit humain. Je pense aux monstres, que j’ai fréquentés avec tant d’assiduité, en tant que « choses remarquables » qui défient les règles supposées intangibles de la nature et de la création (divine et littéraire). Un écrivain qui produit des textes-monstres est-il lui aussi digne de figurer parmi les monstra des anciens ?

En dépôt de mon amour des monstres quand ils arpentent les contrées imaginaires de l’esprit, mon retrait prend ici l’apparence de la fuite, non de la timidité.

lundi, 14 décembre 2009

Délit de lecture...

Mission éreintante au travail, lassitude générale, fatigue et grippe (oui, celle qui est à la mode actuellement...) Autant de "bonnes raisons" d'avoir déserté le web. Il me faut cependant révéler mon terrible secret : pendant l'été, un peu par hasard, j'ai découvert la Fanfiction. Si vous ne savez pas de quoi il s'agit, ou que vous peinez à le deviner, il s'agit simplement d'oeuvre de fictions écrites par des fans... dans l'univers de leur ouvrage / film / série télévisée préféré(es). Si vous voulez plus de détails, il y a toujours l'article de la Wikipedia. Bien entendu, l'article en Anglais est plus complet, mais il paraît que lire dans le texte de livres de Fantasy jamais traduits en Français n'est pas une nécessité vitale et que par conséquent, une portion non négligeable de la population n'a pas ressenti la nécessité de lire avec fluidité la langue d'Albion...

pen.jpgÉvidemment, pour revenir à la production susdite, on y trouve de tout : du pire (voire de l'innommable), du meilleur (voire de l'excellent), en passant pour toutes les étapes intermédiaires, avec un petit détour par le bizarre. Pas mal de nostalgie - à une ou deux exceptions près, je me suis surtout plongée dans les prolongements para-littéraires de séries des années 80, voire 70 et 60... Grâce à des auteurs imaginatifs et observateurs, un programme télévisé jugé comme le niveau zéro de la réflexion non seulement par la gent téléramesque, mais par une partie conséquente de la population tentant de dissimuler qu'elle l'a suivie avec assiduité, peut être à l'origine d'un véritable bijou...

Cette occupation, hélas passive, a pris l'ampleur d'une drogue qui m'a tenue non seulement éveillée trop tard le soir mais éloignée de mes habituelles passions (sauf du chant... cela va de soi !) D'un autre côté, j'ai mieux entretenu ma compréhension de l'anglais écrit que dans les dix dernières années. Je n'ai pas trouvé (à vrai dire... même pas cherché) les équivalents français.

L'étape suivante, en écrire moi-même, pourrait sembler une évidence... Mais ce n'est pas le cas. Déjà, il y a la barrière de la langue. La traduction française des séries américaines nuit considérablement à l'ambiance, voir à la teneur des programmes. Et lire en anglais et écrire en anglais sont deux réalités très différentes, que je ne pratique pas avec la même fluidité. A moins de trouver des enregistrements des quelques programmes français qui mériteraient une approche fanfictionnelle (par exemple,  les Brigades du Tigre ou la presque oubliée Brigade des Maléfices...) : une mission (presque) impossible...

J'ai donc choisi une autre voie : celle de la Websérie. La création "littéraire" d'une série virtuelle, pratique bizarre dont vous trouverez la définition sur le Wikipedia. L'avantage : créer de la fanfic dans son propre univers. Ce qui est absurde et paradoxal. Bref, c'est tout moi...

Si vous voulez en savoir plus sur ma websérie, vous la trouverez ici : Paradis XXIV. Je  ferai sans doute un article spécifique pour en parler. en attendant, vous pouvez vous inscrire, commenter, etc. Bref, faire ce que mes rares visiteurs ne font pas. Vous mériterez mon éternelle reconnaissance...