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mardi, 25 janvier 2011

Secret honteux

J’ai un terrible secret :

... j’ai des… traits « girlie ».

Le plus flagrant : mon amour immodéré pour les fards à paupière. Non que j’en emploie tous les jours - mes résolutions de me maquiller quotidiennement finissent toujours par faiblir et mourir. Mais c’est un syndrome à mi-chemin entre l'addiction du collectionneur (« Il me les faut tous » !) et un attrait presque artistique pour ces palettes multicolores (plus les couleurs sont nombreuses, plus je vibre) !

Je sais cependant que toutes me ne siéent pas : les couleurs qui avantagent mes yeux d’une fort banale couleur… marron (même si je verse parfois dans la tentation de nommer la nuance avec un peu plus de lyrisme, qu’il soit gourmand – chocolat – ou précieux – acajou -), se situent toutes dans une palette d’or-brun-beige-rose-violet. Les verts ne conviennent que lorsqu’ils tirent vers l’olive ou le bronze, les bleus sont proscrits hors occasions costumées…

J’ai une façon très personnelle de me « faire les yeux » : toujours polychrome, le plus souvent en camaïeux, le pâle en haut et vers l’intérieur, plus sombre vers lle bas et l'extérieur, puis enfin soulignés d’un trait de crayon – seulement sur la paupière du haut – qui remonte légèrement à l’Egyptienne.

Mes moyens limités ne me permettent pas d’employer des produits de marque – d’ailleurs, je les trouve barbants… - et je cède souvent à la facilité des bas de gamme (même si c’est honteusement… honteux). Plus ils sont luisants, lumineux, pailletés, plus ils m’enthousiasment.

Il s’agit de ma part d’une révélation sordide, vous ne me verrez donc pas ici afficher par le menu mes achats de maquillage, les lieux, les prix et les comparatifs. Mes propres tares, je les avoue et les assume, mais je ne tomberai pas assez bas pour me livrer au prosélytisme !

 

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jeudi, 29 avril 2010

Ma dose de narcissisme

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, ce n'est pas par mes tentatives d'écritures que j'assouvis ma soif de reconnaissance et mes élans narcissiques.

La réalisation et le port de costume dans le cadre d'un jeu de rôle grandeur nature remplit largement cette fonction. D'autant que le personnage incarné possède une bonne dose de ce narcissisme.

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Bien évidemment, c'est au prix d'heures de travail que l'on parvient à finaliser son plumage, il y a donc un indéniable mérite, au-delà même de la capacité créatrice et de la maîtrise technique.

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Et puis, il y a l'inconfort de la chose : le corset, la tournure, le jupon, les talons... Tout l'art consiste à ne pas le montrer. A retenir toute l'allure triomphale que prète les atours.

Se recréer, se resculpter, durant quelques jours... Porter les autres à vous voir autrement.

 

samedi, 10 avril 2010

Shopping entre filles - version ISO : quatrième partie

Nous arrivons à la fin de cette petite virée en compagnie des filles de l'ISO. J'espère que cette petite fanataisie aura plus quand même un peu... Même aux gens qui ne sont pas des aficionados de science-fiction.


20 mn plus tard


" Alors, Cid, ne me dit pas que tu ne ressens pas une sorte de plénitude, de contentement. Comme si tu maîtrisais pleinement ta vie.


- A vrai dire... tu as raison. Il y a un peu de cela.


- Il y a eu des études psychologiques très poussées, tu sais... Quand tu fais du shopping, tu assouvis un désir et tu évites un sentiment de frustration tout en augmentant ton attrait social et sexuel et...


- S'il te plaît, laisse la philosophie à Rag.


- Ce n'est pas de la philosophie, c'est de la psychologie. La psychologie est une science. Pas une science exacte, mais...


- Attends... Tu as vu cette annonce là ? Sur le
cybermagasin d'à côté ?

- Euh, oui... Et alors ?


- C'est le même modèle que celui que tu m'as fait acheter, mais il est soldé à 50% !


- Ah oui... Tu as raison. Ça a dû échapper à mes recherches. Le réseau
infotrans n'est pas toujours à jour.

- Nous aurions pu payer moitié moins cher !


- Oui... Mais... Ça arrive. C'est un peu la règle du jeu. Tu cherches la meilleure affaire mais tu ne trouves pas toujours.


- Imagine que les services comptables de l'ISO fassent la même recherche que toi et découvrent que nous n'avons pas acquis au tarif le moins cher ? Les comptables sont capables de retenir la différence sur notre paye !


- Oui, en effet. Ce serait embêtant.


- Embêtant ? Juste "embêtant" ?


- D'un autre côté, il y a toujours moyen de s'arranger.


- Qu'est-ce que tu veux dire par là ?


- Que l'information peut se perdre dans les méandres du système central.


- Berry... Ne me dis pas que tu vas HACKER LE SERVICE COMPTABLE ?


(
silence)

- Berry ? BERRY !


(
Les voix s'éloignent en fondu)

 

That's all Folks !

Merci pour vos (éventuels et... improbables) commentaires.

Je suis une incorrigible utopiste, non ?

vendredi, 09 avril 2010

Shopping entre filles - version ISO : troisième partie

Nous retrouvons donc nos deux filles, toujours dans leur cybercabine : cette fois, elles commentent le modèle. Je sais que mes élucubrations sont sans intérêt pour l'essentiel de la faune blogueuse, mais comme trois hommes ont ri en lisant la chose, peut-être aurai-je la chance d'amuser quelques personnes de plus...

 

"Regarde, c'est une combi-robe à la dernière mode, en tissus vert moiré de violet. Avec tes yeux et tes cheveux sombres, ça va être du tonnerre. Le tissus est intachable, hydrofuge et à mémoire de forme. Chaque fibre subi un traitement individuel...

- Ça va. C'est un vêtement, pas un appareil high-tech conçu pour le service...


- Techniquement...


- Eh ! Est-ce que ce n'est pas un peu... Je veux dire...


- Sexy ? Bien sûr que si !


- Tu es sûre que...


- Mais oui. Puisque je te dis que j'ai lancé une étude approfondie sur la tenue parfaite pour cette mission. Tu n'as pas confiance en la technologie ?


- Disons que ce n'est pas en la technologie que je n'ai pas confiance, là...


(
pause offensée)

- Et tu voulais demander conseil à qui ? Aux garçons ? Sois réaliste ! Le seul  à être objectif en la matière serait Rag et il est encore plus socialement inepte que nous.


- Contente de voir que tu es lucide.


- Lock est notre officier supérieur et il a une fille. Même s'il n'est pas assez vieux pour ça, il se pose en figure paternelle : son avis sur ta tenue serait motivé par cet aspect des choses. Quand à notre petit lieutenant... Tu te laisserais persuader par son charme dégoulinant et tu finirais en tenue de serveuse de bar chaud des
dockcities. Quant aux Badgers, je crains que leur vision des choses n'ait deux siècles de retard. Crois-moi : je t'apporte un point de vue unique et totalement sûr. 

- Effectivement. Présenté comme ça...


- Tu vois bien !


- C'est vrai que ce n'est pas mal... mais ça a vraiment besoin d'être aussi moulant en bas ?


- Tu peux changer ça, le niveau statique du tissus est variable, regarde... Et certaines jonctions peuvent être repositionnées.


- Impressionnant.


- Ne soit pas sarcastique. Tu vas être superbe.


- J'espère que le mode d'emploi est fourni !


- Bien sûr. Il ne manque plus que ton accord pour la transaction.


- Attends... Ce que je vois... C'est un hologramme ! Le modèle définitif...


- Sera assemblé par l'IA dès que tu auras signifié ton achat. Tu n'auras plus qu'à le récupérer ici.


- On aura tout vu... On va devoir attendre combien de temps ?


- Pas plus de vingt minutes. Ça en vaut la peine.


- Bon, d'accord... Attends... Mais... QUOI ?


- Qu'est-ce qu'il y a ?


- TU AS VU LE PRIX ?


- Quelle importance ? C'est l'ISO qui paye.


- Ça ne passera jamais sur une note de frais.


- Mais si. Notre mission actuelle est considérée comme prioritaire et politiquement sensible.


- C'est malhonnête.


- Mais non. Sans cette mission, est-ce que tu l'aurais achetée ?


- Bien sûr que non !


- Alors tu vois ! Laisse moi faire...


- Je sens que je vais le regretter.


- Tu dis ça maintenant, mais dès que tu l'enfileras...


- Je regrette déjà.


- Tu es vraiment négative. Allez, pousse toi. Nous devons être de retour au QG dans une heure, on ne va pas y passer toute la journée.


(
silence affairé d'un côté, accablé de l'autre)

A suivre

mercredi, 07 avril 2010

Shopping entre filles - version ISO : deuxième partie

Continuons à suivre nos deux héroïnes dans leurs tribulations, une fois entrées dans la cabine de la cyberboutique.

 

"On dirait une cabine de prise de vue holographique.

- C'est un peu le même principe. Ton corps va être scanné et le programme incorporé à la cabine va recréer une image de toi en trois dimensions, qui va servir pour la simulation d'essayage. Il faut que tu te déshabilles.


- Euh... Complètement ?


- Mais non. Tu peux garder tes sous-vêtements. Je vais me placer là, hors du champ.


- Je ne veux pas de remarques.


- Promis.


(
activité de déshabillage et rire étouffé)

- Qu'est ce qui t'amuse autant ?


- Ce sont les sous-vêtements standard fournis par l'ISO ?


- Oui. Ça fait partie de la tenue règlementaire.


- Je suis bien contente d'être un agent technique.


- Tu avais promis...


- Bon, bon, je me tais. Vas-y, place toi juste dans le cercle.


- Tu as l'air de maîtriser. Tu l'as déjà fait ?


- Bien sûr que non. Tous mes vêtements civils sont certifiés en fibres 100% biologiques et produits en contexte équitable.


- J'oubliais. Quelle question...


- Mais je suis une tech. Je maîtrise. Allez, c'est bon, tiens toi bien droite !


(
opération de scan)

- Tu aurais pu sourire un peu. On dirait que tu vas à ton propre enterrement.


- Je n'ai pas vraiment de raisons de sourire.


- Mais si. Comme je l'ai dit, nous sommes entre filles. Nous faisons du shopping. Il paraît que c'est ce que les filles font ensemble quand elles veulent avoir du bon temps.


- Je pensais que c'était draguer...


- Oui. Ça aussi. Mais pas toujours. Ce sera pour la prochaine fois. Tu peux te rhabiller, hein.


(
opération de rhabillage)

- Tiens, regarde ! Ton image en simulation 3D apparaît.


- Je... je ressemble vraiment à ça ?


- Oui. En plus figée.


- Merci... Elle a vraiment besoin de sourire bêtement?


- Sans doute. Oh, tiens, regarde ! Il y a une étude de ta silhouette globale.


- Je ne suis pas sûre de vouloir lire...


- Mais si... Tu tombes presque exactement dans la moyenne des standards esthétiques les plus reconnus.


- Fais voir ! Pourquoi, "presque" ?


- Un peu trop de muscle et pas assez de poitrine. Mais c'est assez négligeable.


- Comment ça, pas assez de poitrine ?


- Ne la regarde pas comme ça, ça ne va pas la faire pousser. Et puis, tous les hommes ne sont pas fanatiques des fortes poitrines. Allez, on va regarder la simulation de la tenue que je t'ai réservée.


- Parce que je n'ai même pas le droit de choisir ?


- On n'a pas le temps d'appeler ta mère. Encore un peu de patience, le modèle va apparaître.


(
silence patient)


A suivre

mardi, 06 avril 2010

Shopping entre filles - version ISO : première partie

Que se passe-t-il quand une Geek et un officier un peu rigide vont faire shopping dans une cyberboutique du XXIVe siècle ? Sur le mode du dialogue (avec quelques didascalies), un petit essai de virée dans l'univers des "girlies" par deux filles qui sont tout sauf ça. On s'adapte comme on peut en territoire inconnu. Comme d'habitude, la nouvelle est intégralement consultable sur le site dédié à Paradis XXIV.


"Décidément, Berry, je ne sais pas comment tu as fait pour me convaincre de te suivre ici.

- Nous somme dans une démarche logique, Cid. Nous sommes des filles. Nous sommes copines. Nous faisons du shopping.


- Ce n'est pas ce que tu as dit. Tu m'as dit que j'avais besoin d'une tenue adaptée pour cette mission sur Lumen.


- Alors, tu vois comment j'ai réussi à te persuader.


- (
soupir) C'était une remarque purement rhétorique, Berry. (silence) Mais est-ce que nous avions vraiment besoin d'aller dans cette cyberboutique ?

- Absolument. J'ai lancé une étude sur le réseau
infotrans et d'après les statistiques, c'est dans cette boutique qu'une parasite de ton âge pleine aux as viendrait s'habiller.

- Merci, Berry. Merci.


- Eh bien quoi ? Il faut bien faire illusion.


- Soit.


- Allez, viens.


- Il y a un soucis. Le module d'accès me dit que tu ne peux pas m'accompagner.


- Mais si, je peux. Il faut juste que tu attestes, juste là, que ma présence ne portera pas atteinte à ton intimité.


- C'est si intime que ça, d'acheter une robe ?


- C'est parce que... Hum... Disons que tu vas être amenée à dévoiler des parties de ton anatomie...


- Vraiment ? (
pause) Je ne suis pas sûre que ce soit approprié que tu m'accompagnes...

- Cid ! Nous sommes entre filles. Ce n'est pas comme si je ne t'avais jamais vue en tenue de natation ou d'entraînement, hein ! On voit bien que tu n'as jamais eu de sœurs.


- Toi non plus, Berry.


- J'ai une cousine au second degré, c'est presque pareil. Allez, entre !


- Bon, d'accord ! Mais c'est juste parce que je sais que si je ne le fais pas, je n'ai pas fini de t'entendre.


- Tu n'es pas une marrante, Cid.


- Je ne suis pas payée pour l'être.


- Tu ne vas jamais faire de shopping ?


- J'évite.


- Tu achètes tes vêtements civils toujours seule ?


- Non. Je délègue.


- Sans rire ! A qui ?


(
temps de silence)

- Ma mère.


(
éclat de rire d'un côté, silence mortifié de l'autre)

- Pour de vrai ? Tu ne plaisantes pas, Cid ?


- Pourquoi ? Ma mère a un goût très sûr.


- Tu as vraiment besoin que je prenne les choses en main. Je ne pensais pas que ton sens de la mode était aussi indigent.


- C'est toi qui parle ?


- Attends, mon sens de la mode est décalé, pas absent. C'est très différent. Et puis, je suis une
comptech. Personne n'attend de moi que j'aie du style.

- Aha.


- Allez, entre là dedans !


(
pause dans la conversation)

A suivre...

vendredi, 26 septembre 2008

Quelques grammes de brutes dans un monde de finesse…

On a beau fustiger les effets de la mode, il y a des fois où l’on se laisse prendre dans ses rets et dévorer tout crus – même les tripes et les os… Les jeux flash en ligne ont tout pour séduire : rapides, plutôt jolis et ménageant nos neurones soumis le reste du temps à rude épreuve, ils nous amusent durant nos heures creuses. Sous le prétexte de « décompresser », nous cédons à nos pulsions les plus primaires et les plus infantiles en construisant des villes surréalistes, en lançant des pingouins et autres actions virtuelles aussi profondes que poétiques.

 

Après le succès des Miniville, le nouveau délire du moment touche de petits personnages très kawaii, d’inspiration vaguement manga, qui n’ont d’autres buts dans l’existence de se taper dessus. Leur heureux propriétaire n’a rien de plus à faire que de choisir un adversaire et lancer le combat, le reste est géré automatiquement au fils d'attaques choisies aléatoirement parmis un pannel d'actions possibles. C’est donc tout à la fois un jeu de gestion, un jeu de combat et un jeu de hasard.

 

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Vous pouvez choisir – jusqu’à un certain point – le sexe, l’apparence et les couleurs de votre brute. Chaque brute est générée avec des capacités, des talents et des armes, qui s'amélioreront au fil de l’expérience gagnée et des niveaux acquis. Pour créer une brute, vous devez cliquer sur l’adresse d’une brute préexistante, et l’opposer à votre propre homuncule qui deviendra son disciple. Le premier combat fini, n’oubliez pas de retourner dans la cellule de votre brute, de rentrer un mot de passe dédié pour la gestion de sa carrière, de jouer les six combats que vous pouvez lancer à la création et de revenir chaque jour honorer trois combats. Vous gagnerez un point d’expérience pour chaque combat perdu, deux pour chaque combat gagné.

 

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Si vous cherchez un maître pour débuter, voici quelques exemples des petites brutes familiales :

 

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Mirage Pourpre : une charmante combattante assez polyvalente, avec des cheveux violets, ma couleur préférée.

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Lulu Rush :  nommé ainsi en hommage au personage de Cold Case, Lily Rush, avec qui elle a pour seul point commun d'être blonde. C'est une faible combattante qui se fait écraser quatre fois sur cinq.

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Kryter : un petit costaud bourrin, bien protégé par son bouclier.

 

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Kahn Kozak : un petit nouveau qui aime à lancer des bombes.

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Endragonn : méfiez-vous du charman petit brutos de mon fils aîné : il vole les armes de ses ennemis...

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Strock Alex : comme mon plus jeune fils, un petit barbare costaud, qui a la capacité spéciale de saboter les armes de ses ennemis.

 

Pour les ennemis de la violence, vous remarquerez que personne n'est jamais tué. Dans le discours, ce n'est pas plus violent qu'une partie d'échec où, après tout, on dévaste une armée ennemie... Mais, certes, avec plus de réflexion.

jeudi, 31 juillet 2008

Ode funèbre à l'originalité vestimentaire

De la même façon que l'on lit Match et Gala chez le coiffeur ou dans la salle d'attente du docteur - voire pire encore, ces magazines qui prétendent nous imposer un gabarit de la féminité, il m'arrive d'aller sur les blogs "de mode" par inavouable curiosité. J'avoue que j'ai déjà un peu de mal à concevoir comment l'on peut remplir un écran entier sur son dernier petit "top" ou sa robe "minimaliste" très "tendance" (c'est à dire s'inscrivant dans le courant d'une norme affligeante). Mais quand on se voit offrir en prime la photo de l'intéressée revêtue de l'inintéressant, qui lui est parfois aussi seyant qu'un tutu sur une jument... Les qualificatifs me manquent (enfin, pas vraiment, mais je ne veux pas être à 100% détestable non plus).

Si ces jeunes personnes tenaient à attirer un peu de clientèle à un artisan indépendant ou à une petite boutique qui vient de se monter, la démarche serait louable. Mais le top minimaliste est, le plus souvent, acheté dans une ligne de magasins fort prospère et fabriqué par de petits indiens ou chinois courbés sur leur machine. Nous ne sommes pas tous attentifs aux origines de notre vêture, pour raisons de temps ou d'argent, mais de là à s'en vanter...
 
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Le fait est que si ces jeunes personnes osaient mettre elles-même la main à la pâte et confectionner elles-même le top qui n'est en fait que deux trapèzes de tissu cousus ensemble avec un élastique sur le haut, la question serait différente : même si le résultat leur allait comme un sac, ce sera un sac fait main et pour cela, elles mériteraient le respect. Mais rares sont celles qui se lancent dans l'aventure. La couture n'est "tendance" que si elle est exercée à des fins hautement inutiles : faire un coussin, décorer un (vrai) sac...
 
Je me prends parfois à penser que la crise va peut-être inverser le mouvement, mais alors que tout augmente, on arrive toujours à trouver une fringuerie bas de gamme proposant des vêtements à deux sous... Tandis que le tissu à la coupe se montre rare... Et pas forcément bon marché.Vous me direz : nous n'avons plus le temps, plus le savoir... Pourtant, le bricolage, qui n'est pas forcément plus simple en technique, a vent en poupe. Tout savoir peut s'acquérir. Alors, pourquoi ne pas tenter l'aventure, pour enfin pouvoir se vanter à juste titre du "top minimaliste" amoureusement créé de ses dix doigts ?

Témoins de cette paresse grandissante des dits (sic) doigts, les merceries et les magasins de tissu agonisent à tour de bras. Quand je me suis installée dans ma ville il y a dix ans, trois merceries se faisaient concurrence et l'on comptait même un marchand de coupons. Deux des merceries ont aujourd'hui disparu, l'une par fermeture pure et simple, l'autre, également perlerie pour le plus grand plaisir des filles comme des mères, s'est transformée en stupide fringuerie comme tant d'autres. Le marchand de coupons est parti à la retraite et personne n'a pris sa suite. J'avais déjà évoqué la disparition du rayon Mercerie des Galeries La Fayette. Aujourd'hui, c'est le magasin Bouchara Haussmann, qui existait dans le quartier des grands magasins depuis 1936, qui meurt dans les dernières soubresauts des soldes (étonnement, leur site Internet omet de le signaler...) et devinez ce qui va prendre sa place... Un friperie/fringuerie d'une franchise connue (je ne lui ferait pas l'honneur de la citer, histoire qu'elle aille alimenter les tags). Je prévois déjà, ça et là sur les blogs, les piaillements émoustillées d'aucunes de ces demoiselles à l'apparition de cette nouvelle boutique de fringues banales...

Ah, dernière chose : si Bouchara Haussmann ferme, c'est parce que la direction du groupe se recentre sur une autre de ses enseignes : Eurodif. On y trouve (dans le meilleur des cas) linge de maison, un peu de mercerie, mais surtout de la fringue bas de gamme. Ni l'histoire, ni le prestige n'ont le moindre poids face à la logique financière.

jeudi, 19 juin 2008

Virée aux "Galeries"

Le samedi 7 juin, après avoir animé une messe de mariage au Val-de-Grâce avec ma chorale (lieu grandiose et magique s'il en est, qui vous transporte en un autre temps...)  je suis allée, sur les conseils d'une amie, à la mercerie des Galeries Lafayette.

Ce que je cherchais est banal dans le milieu costumier : un emporte-pièce spécial étoffe, destiné à percer le tissu avant la pose d'œillets métalliques. Mon amie costumière m'a donc dirigée vers les merceries du Printemps ou des Galeries, susceptibles, à son avis, de pouvoir offrir ce style de matériel "semi-pro". Mon mari, qui fréquente ces grands magasins de façon plus assidue que moi (notamment dans les périodes d'anniversaire...) m'a indiqué le lieu exact : le quatrième étage.

Plus qu'un haut lieu de la mode, les Galeries sont pour moi un site chargé d'histoire. Ce bâtiment sublime, cette splendide coupole de verre... C'est toujours avec un terrible pincement au cœur que je pénètre dans le grand hall circulaire, aujourd'hui envahi de stupides petits stands de parfumeurs tous aussi ordinaires les uns que les autres. Jadis, à cet endroit, trônait le splendide escalier qui faisait la célébrité du lieu, démonté en 1974 dans un accès de mercantilisme, atteinte irréversible à un patrimoine architectural singulier. Et pourtant, combien de chalands pénétraient dans le bâtiment juste pour voir l'"escalier"... Ce n'était que le début du processus qui tend à priver, progressivement, ce lieu de sa mémoire et de son aura. On y voit encore les balcons qui ressemblent à autant de loges de théâtres, mais au dessus de ce jeu de cubes dédiés au luxe, au design typique du mauvais goût années 80, ils perdent une part de leur grâce première.

 

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Photo : Wikipedia

 Les galeries sont envahies de touristes, de midinettes, de femmes actives branchées, de "barbies girls" en quête de l’accessoire qui tue. Quelques personnes plus "ordinaires" semblent presque perdues dans cette foule qui se prosterne dans le temple des apparences. La variété des marchandises offertes semble reculer devant l'assaut de la fringue, des produits de beauté, de l'accessoire inutile. 

Enfin, j'arrive au quatrième. J'ai un peu de mal à trouver ma terre promise (si vous avez suivi : la mercerie). Je longe des parois de verre de couleur (vert, bleu, rose, rouge...) qui donnent sur la base de la grande coupole. Ces parois étaient-elles jadis en plein air ? Le bâtiment a, sans nul doute, été rehaussé, mais à quelle époque et de combien de niveaux ? Curieuse, je scrute les néons qui derrière les dites parois simulent la lumière du jour pour rendre à la base ouvragée de la coupole sa transparence et sa luminosité premières. Je ne peux cependant m'empêcher de me demander quel pouvait être l'effet de ces jeux de lumières colorées, qui devaient teinter chaque partie des vitraux de la base d'une nuance différente. Personne ne semble remarquer mon comportement bizarre et déplacé. Il faut dire qu'en ces lieux, il y a nettement moins de monde...

Enfin, je trouve, relégué dans un petit coin sombre, le rayon tant convoité. Après avoir tourné en rond parmi les rubans, attaches et autres galons, je finis par trouver, sur indication d'une vendeuse solitaire, l'objet que je cherche. Matériel allemand, gage de robustesse... enfin j'espère. Elle m'assure de qualité du matériel sur lequel elle a de « bons retours ». Ici errent quelques autres originales : une jeune maman avec poussette qui cherche des boutons pour un chemisier, une dame antillaise d'un certain âge en quête d'un cube d'une substance miraculeuse qui permettait de fixer les plis des pantalons. « On en trouvait ici, à l'époque... »

La vendeuse est agréable, d'autant que la fatalité va s'abattre sur son rayon : à l'instar de celui du Printemps, déjà disparu, le rayon mercerie des Galeries doit s'évanouir en décembre de cette année. Je ne suis même plus étonnée, je ne me donne pas la peine d’être déçue. La Mecque de la couture, le Marché Saint-Pierre, montre lui-même d'inquiétants signes de déclin, alors ce pauvre petite rayon abandonné et planqué derrière les tenues "détentes", quel espoir a-t-il de survivre ? Il faut dire que de nos jours, la couture, ça ne sert plus à faire du vêtement... Tout juste, à la rigueur, des sacs customisés et du patchwork. La mercerie, il faudra aller chercher ce qu'il en reste dans les rayons du "Loisir créatif" avec son florilège de façons inutiles d'occuper ses dix doigts.

Avant de partir, je décide quand même d'aller faire un tour aux bijoux "fantaisie" : voilà pas si longtemps, on trouvait à la pelle, à des prix raisonnables, de ces colliers et boucles d'oreilles gracieux, délicieusement rétro ornés de cristaux colorés. Hélas, les seuls bijoux qui attirent encore mon regard sont des productions de créateurs à des tarifs prohibitifs. Mes bijoux de rêve ont été remplacés par des horreurs de plastique aux couleurs criardes ou d'énormes pacotilles pseudo-ethniques qui semblent devoir aux pires heures des années 80, le côté "fun" en moins. 

Bah, j'ai mon emporte-pièce et il y a de pires déceptions dans la vie. Mais je m'interroge quand même sur le monde qu'on nous bâtit, un monde où l'on nous fait avaler tout et n'importe quoi dans un joyeux conformisme, où l'on nous prive de la possibilité de donner vie à notre imaginaire. Le goût de l'apparence oui, mais formaté, assisté...

Mais ce n'est pas comme si c'était nouveau...