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mercredi, 02 juin 2010

Archéologie scripturale

La reprise de Paradis XXIV a été difficile ; avant de parvenir à publier ce chapitre 16 qui marque le début de la deuxième partie, je me suis dissipée dans cette histoire de café et dans un ou deux micro-chapitres du Sang des Anges. Dès que je m'y suis attelée, il m'a semblé étonnemment facile à terminer. Je ne suis pas sûre qu'il apporte beaucoup au schmilblick, mais l'histoire avance petit pas par petit pas.

Une brève discussion avec une lectrice/fan m'a fait d'autant plus plaisir qu'elle a avoué une préférence pour un personnage qui me tient particulièrement à coeur. Eh oui, l'auteur est humain et avoue faire un peu de favoritisme, mais cela ne doit pas le conduire à négliger les autres personnages de l'histoire, y compris les "méchants" (même si je préfère le terme plus neutre d'"antagonistes").

Je me suis aussi replongée dans de vieux écrits qui doivent remonter à une dizaine d'années à présent... Je me souviens qu'à l'époque, un de mes amis qui donnait aussi dans l'écriture de science-fiction/fantasy/fantastique m'avait quasiment "enguirlandée" pour "perdre mon temps sur quelque chose d'aussi peu original, qui avait déjà été fait, etc."

Je sais fort bien que je n'écris pas pour réinventer la roue. Je suis pleinement consciente de mes sources d'influence et parfois, j'éprouve un léger frisson en me demandant si mon chemin littéraire ne me conduit pas un peu trop près de leurs rives... Mais comme l'on dit vulgairement - sans doute pour consoler les auteurs dont les oeuvres manquent d'originalité, l'imitation est avant tout une forme d'hommage.

Je cultive un talent certain pour l'hommage.

Bref, voici le synopsis de cette oeuvre qui a failli sombrer dans les oubliettes (et pourrait toujours y retomber) :

Si vous parcourez la Terre – comme l’appellent ceux qui y habitent, n’oubliez pas de lever les yeux : vous verrez peut-être dériver au-dessus de vous un pôle, l’une de ces gigantesques îles qui flottent dans le ciel, au hasard des courants qui sillonnent la terre, grâce à la masse cristalline en leur coeur qui semble annuler leur pesanteur.

Tramonde fut le premier royaume à exploiter le pouvoir de ces cristaux pour créer les nefs, ces extraordinaires vaisseaux volants qui déploient majestueusement leur voilure au milieu des nuées. Sa flotte aérienne lui a permis de se rendre maître des airs et d’imposer sa puissance et son éclat aux autres états.

Mais ce temps touche à sa fin… Épuisé par quatre ans de guerre coloniale, menacé d’instabilité politique, le royaume de Tramonde vacille sur ses bases. C’est en ces temps de troubles qu’Haudran aur’Commara, brillant jeune officier de la Flotte aérienne, héros de guerre et dernier représentant d’une des plus grandes lignées de Tramonde, arrive en âge de revendiquer son héritage.

Mais Haudran, occupé à mener à bien une mission inattendue, ne réalise pas qu’il se trouve au cœur de dangereuses intrigues auxquelles est suspendu le destin de Tramonde.

Bien entendu, il y a tous mes vieux démons qui s'agitent derrière ces quelques lignes : en particulier le motif récurrent du héros incompris, qui sous-estime ses capacités, a traversé des épreuves et en subira d'autre... Le fait que les choses soient (un peu) différentes dans Paradis XXIV  montre que je suis capable de me détacher un peu de ce leitmotif.

Même si c'est juste un peu...

 

vendredi, 21 mai 2010

L'Enquête - troisième partie

Suite et fin de cette petite histoire de café... ou autres boissons chaudes.

Vaber considéra le sergent : le genhum le fixait intensément, mais l'expression de son visage parfait trahissait une certaine résignation. Avait-il déjà compris en observant la nervosité de l'agent du service d'Intendance que les nouvelles qu'il allait recevoir n'étaient pas aussi bonnes que pour ses camarades ? Certes, il avait la réputation d'être plutôt pacifique – en dehors du terrain du moins, mais Vaber se méfiait d'emblée des athlètes qui le dominaient de deux têtes. 

"Par contre, pour le
tesseko, c'est un peu plus..."

Il se racla la gorge, jeta un coup d'œil – inutile – vers son
datapad avant d'achever :

"... problématique."


Six regards désolés et compatissants se tournèrent vers Guttirez, qui semblait plutôt gêné par toute cette attention.


"Quel est le problème ?" Demanda-t-il, peut-être pour faire diversion.


Vaber se gratta la tête et répondit sur le ton d'un avocat plaidant sa cause :


"Dans tout l'immeuble, il n'y a que deux personnes – vous inclus – qui ont manifesté le désir de consommer régulièrement ce produit. Hors, la fève de
tesseko n'a pas encore été acclimatée avec succès sur Terre ou dans les bases de culture hydroponiques Il faut l'importer de Gaïa, d'où un surcoût important par rapport aux autres denrées. Cependant, nous ne pouvons nous permettre de tolérer trop de disparité dans les prix des différentes offres. C'est pourquoi il est important que le rapport de l'offre et de la demande demeure correct."

Il jeta un coup d'œil timide vers l'assemblée et s'enhardit à poursuivre.


"La commission a jugé qu'on ne pouvait maintenir cette offre sur le critère d'une... préférence personnelle aussi peu répandue."


Il se félicitait déjà de cette imparable logique, quand la voix de la partie lésée se fit entendre :


"Pardonnez-moi d'intervenir,
misser Vaber, mais il ne s'agit pas d'un critère de préférence personnelle. Du moins, pas à la base. Si vous me le permettez, je peux vous expliquer..."

Le ton du sergent était calme et d'une amabilité exemplaire, mais sa seule intervention suffit à mettre Vaber mal à l'aise. Ou peut-être était-ce les six regards attentifs posés sur Guttirez. L'agent du service d'Intendance tenait trop à sa place – et à sa vie – pour ne pas prendre la peine d'écouter la requête du grand
genhum.

"Je pense que si des distributeurs de boisson chaudes sont installés au quartier général de l'ISO, c'est que les responsables de l'Intendance sont parfaitement au courant de l'importance de cette consommation – aussi bien au niveau du geste social qu'en raison de la stimulation physiologique due à la présence dans les boissons proposées d'un certain type d'alcaloïdes..."


Vaber ouvrit la bouche, sans rien trouver à en sortir. Il avait  l'impression d'entendre parler un tract d'information du service d'Intendance – enfin, si un tract avait pu s'exprimer. Le sergent marqua une pause, comme pour avoir l'assurance que son interlocuteur suivait bien, avant de poursuivre :


"Le métabolisme des
Archanges a été optimisé pour résister naturellement à un grand nombre de substances qui pourraient avoir des effets primaires ou secondaires néfastes sur l'organisme humain. Mais il se trouve que sur ce point, la génétique n'est pas une science exacte. Même si cette résistance se vérifie dans la plupart des cas, un certain nombre d'entre nous présente -   paradoxalement - une sensibilité particulière à certains alcaloïdes... particulièrement la caféine."

Il haussa un sourcil et avec un sourire, ajouta :


"Il ne s'agit pas d'effets sérieux. Ils sont comparables à ceux d'une surconsommation de café chez un individu, disons... classique.


- Comparables, je ne dirais pas que c'est le terme approprié, glissa Weiss avec un petit sourire en coin. Tu es quand même un peu plus...
optimisé qu'un individu classique."

Vaber se dit que le lieutenant n'avait pas tort : la vision d'un
genhum de presque deux mètres de haut, doté de capacités physiques dépassant celles des meilleurs athlètes des jeux de l'Intermonde, en pleine crise de surexcitation hypercaféiné le troublait un peu.

"Comme vous le savez, poursuivit le sergent sur le même ton courtois, la théine est basiquement la même substance que la caféine. Par contre, l'alcaloïde contenu dans le
tesseko a les mêmes effets stimulants que la caféine mais il semble tout à fait adapté à notre métabolisme."

Vaber hocha la tête, tentant d'avoir l'air intelligent :


"Vous considérez donc que le
tesseko est le seul choix qui vous convienne, non par goût, mais par nécessité ?

- Ça me semble une bonne synthèse du problème."


Bien évidemment, ces révélations changeaient pas mal les choses dans les perspectives de Vaber. Il baissa la tête vers son
datapad :

"Je note donc cette information... Je vais en informer la Commission aussitôt que possible...


- Merci,
misser Vaber, fit le genhum avec un sourire angélique. J'apprécie beaucoup votre compréhension."

L'agent du service d'Intendance espérait que les planqués qui touchaient une prime à statuer sur ce genre de bêtise secouerait leur flemme pour se réunir à nouveau. Après tout, ce n'était pas eux qui devaient faire face à la clientèle mécontente... En particulier une clientèle génétiquement améliorée.


Férier leva la main :


"Ajoutez que compte tenu des circonstances, supprimer le
tesseko de la sélection pourrait s'apparenter à un processus discriminatoire !"

Weiss hocha la tête avec une expression appréciatrice :


"Voilà ! Excellente formulation !"


Il croisa les bras et ajouta d'un air matois :


"En plus, nous allons bientôt fêter les vingt ans de la loi d'Emancipation, ça ne serait pas une très bonne idée de laisser penser qu'une institution aussi intègre que l'ISO donne dans ce genre de pratique..."


Son ton froidement ironique envoya un frisson le long de la colonne vertébrale de Vaber, qui espéra que ce gamin n'aurait jamais l'idée de faire de la politique. Un moment de silence passa tandis que l'agent du service d'Intendance, anxieux d'en finir, entrait les informations dans son
datapad. Il s'apprêtait à saluer et battre en retraite mais Lockhart le précéda :

"Merci de votre visite,
misser Vaber, vous serez toujours le bienvenu", lui lança le capitaine d'un enjoué, avant de se tourner vers ses troupes :

"Allez, nous avons assez rigolé. Il serait temps de travailler, vous ne croyez pas ?"


En filant vers la porte avec un soulagement intense, Vaber eut juste le temps d'entendre Férier protester :


"Mais Lock... Il n'y a RIEN de plus important que la machine à café !"

♦ ♦ ♦


A peine Vaber avait-il quitté le bureau que Berry déclara avec un grand sourire :

"C'était une bonne idée, cette enquête. Mais ils se donnent vraiment du mal pour rien."


Lock haussa les sourcils :


"Pour rien ? Comment ça ?"


Berry s'installa plus confortablement dans son fauteuil :


"Parce que la gestion des distributeurs de boissons chaudes est informatisé, comme tout le reste ici. Cela fait des années qu'ils font ces enquêtes stupides, que nous, les
comptech, nous les rectifions... Ils les rectifient à leur tour mais au final, nous avons l'entier contrôle des commandes ! "

Elle croisa les jambes, s'appuya confortablement contre le dossier et déclara, d'un ton royal :


"Pourquoi changer un système qui marche ?"


FIN

dimanche, 16 mai 2010

L'Enquête - deuxième partie

La suite de l'enquête de Jack Vaber dans le monde impitoyable de l'ISO...

Vaber semblait porter le poids du monde sur ses épaules : pourquoi son supérieur avait-il décidé que ses subordonnés devraient délivrer les résultats de l'enquête en personne et que l'équipe de Lockhart ferait partie de sa zone ?

Il passa une tête prudente dans le bureau : dans son habitacle aux parois vitrées, Lockhart semblait affairé. Trop affairé, sans doute, pour perdre du temps sur les résultats d'une enquête sur le distributeur de boissons chaudes. Il s'apprêtait à battre en retraite mais il avait compté sans l'œil observateur et le tempérament nuisible de Weiss :


"Lock, nous avons de la visite !"


Le capitaine se leva et fit signe à Vaber d'approcher tout en sortant de son bureau :


"Entrez ! Fit-il avec un grand sourire. Nous vous attendions."


Vaber rentra presque à reculons dans la salle :


"Vous... Vous m'attendiez ?


- Bien sûr. Nous avons été prévenus de votre passage par un message circulaire."


L'agent du service d'intendance grimaça. Il prit une longue inspiration et frémit sous le poids des regards braqués sur lui. Il plongea son regard dans l'écran de son
datapad et commença d'une voix monocorde :

"En fait, je dois juste vous avertir que nous ne nous sommes pas basés que sur les statistiques. L'enquête a été soumise à une commission qui a délibéré de l'opportunité de demandes... minoritaires."


Il releva prudemment les yeux : les membres de l'équipes l'écoutaient religieusement, suspendus à ses paroles. Il se tourna vers Lock qui attendait, les bras croisés, appuyé contre la paroi de verre de son bureau individuel :


"Bien entendu, vos préférences, ainsi que celles du lieutenant Weiss, entrent dans les normes majoritaires."


Le jeune officier secoua dramatiquement la tête :


"Si j'avais su, j'aurais essayé de me singulariser un peu plus.


- Je trouve que tu te singularises déjà bien assez comme ça", rétorqua le lieutenant Carsen, caustique.


Elle tourna des yeux verts emplis d'expectative vers Vaber :


"Lieutenant, déclara-t-il courtoisement, il a été considéré que vos préférences, bien qu'assez rares, présentaient une petite touche de classe et de sophistication qu'il était intéressant de maintenir. Nous allons d'ailleurs diversifier les choix de café aromatisés."


Bien que satisfaite, Carsen était manifestement un peu surprise que ses goûts soient qualifiés de "sophistiqués". Vaber secoua la tête : s'il y avait quelque chose de plus agaçant que les filles de famille, c'était les filles de famille quelque peu... larguées.


Il regarda de nouveau son
datapad et décida de passer à la comptech :

"
Misser, votre demande rejoignait sur le fond une cinquantaine d'autres. Nous allons mettre à disposition des produits biologiques : aussi bien café que thé. Je ne peux pas vous promettre spécifiquement de thé blanc, mais du thé vert pourra peut-être faire l'affaire ?"

La
comptech fit une petite moue :

"Éventuellement..."


Puis, brusquement, la moue se transforma en un large sourire :


"Mais c'est déjà bien !"


Vaber ne put s'empêcher de ressentir un peu de baume au cœur en voyant la charmante
comtech manifester sa satisfaction.

Les deux caporaux le regardaient, les mains sur les hanches, l'air un peu menaçant. Il décida de régler rapidement ce problème :


"La commission a pleinement conscience que votre type de consommation est assez répandue dans les zones... excentrée de l'Intermonde, fit-il en souriant un peu  nerveusement. Elle pense que l'intégrer au choix actuel montre que les cultures alternatives extra-solaires doivent être prises en compte."


Les deux hommes se regardèrent puis, finalement, Burke déclara :


"Je ne suis pas sûr d'avoir tout compris, mais ça nous convient !"


Aden asséna à son binôme une tape sur l'épaule et les deux éclatèrent de rire.


Vaber poussa un soupir de soulagement. Une bonne chose de faite.


Restait le plus difficile...

(à suivre)

samedi, 15 mai 2010

L'Enquête - première partie

La vie de bureau vous inspire parfois de curieuses histoires... L'Enquête en fait partie. Comme d'habitude, vous pouvez trouver la version intégrale sur le site de Paradis XXIV.

 

"Une enquête personnalisée ? Pourquoi ? Un formulaire en ligne ne pouvait pas faire l'affaire ?"

Le capitaine Lockhart, des Forces spéciales de l'ISO, jeta un regard perplexe vers l'agent du service d'intendance qui se tenait devant lui, un datapad à la main. Jack Vaber dansa nerveusement d'un pied sur l'autre et promena son regard sur l'équipe, présente au grand complet dans le bureau, avant de répondre :

"Cela fait des années que nous employons des formulaires en ligne, répondit-il enfin. Et cela fait des années qu'ils sont modifiés derrière notre dos par les comtech."

Le visage énergique de Lockhart se fendit d'un large sourire et il jeta un coup d'œil vers la mince jeune femme aux longs cheveux blond pâle, avachie dans son siège, qui les observait avec curiosité :

"C'est vrai, Berry ?"

Bérénice Férier esquissa une légère moue :

"Les statistiques comportent toujours une part d'inexactitude qu'il faut bien pondérer.

- Mais ce n'est pas vraiment... réglementaire."

Lockhart semblait beaucoup s'amuser, le reste de son équipe aussi. Même la jolie fille un peu trop rigide qui lui servait de second arborait un léger sourire.

"Est-ce que c'est si grave que ça, Lock ? Répliqua Férier d'un ton dégagé. Après tout, c'est du distributeur de boissons chaudes que nous parlons."

Le jeune lieutenant Weiss éclata de rire. Vaber lui lança un regard noir : ce gamin lui portait vraiment sur les nerfs. Sans parler des caporaux Burke et Aden qui souriaient dans leur coin et de  Guttirez, le sergent genhum qui l'observait pensivement depuis son bureau, comme s'il avait été une mouche collée sur un mur.

"Justement, répliqua-t-il, vous devez comprendre l'intérêt du service. Nous souhaitons adapter précisément l'offre à la demande, afin d'éviter de rester avec des stocks excédentaires sur les bras et de gâcher les crédits de l'ISO."

Il s'éclaircit la voix :

"Bien, capitaine Lockhart, est-ce que vous êtes prêts, ainsi que votre équipe, à répondre à cette enquête ?"

Lockhart haussa les épaules, sans essayer de dissimuler l'amusement qui jouait dans ses yeux gris pâle :

"Si c'est dans l'intérêt du service... Je vais montrer l'exemple."

Il se frotta pensivement le menton :

"Café noir, serré, sans sucre. Une consommation...  importante.

- Les chefs d'équipes subissent un entraînement d'accoutumance à la caféine avant d'intégrer leur  poste !", murmura Weiss, juste assez fort pour que Vaber puisse l'entendre.

Lock lança un regard faussement sévère vers son jeune lieutenant :

"Puisque tu fais le malin, c'est ton tour."

A la lueur impertinente qui dansait dans les prunelles bleu-vert du garçon, Vaber craignit le pire...

"Pour moi... Café léger, légèrement sucré. Une consommation moyenne. Je n'ai pas encore eu le temps de prendre de bonnes habitudes...", ne put-il s'empêcher d'ajouter.

Vaber décida de ne pas relever et se tourna vers le premier lieutenant :

"Café noir, serré, sucré... aromatisé à la cardamome", répondit la jolie brune avec docilité.

Et voilà. Les ennuis commençaient. Pourquoi fallait-il toujours que certains se distinguent ? Avec un soupir, il se tourna vers la comptech blonde :

"Pour moi, c'est plutôt du thé, de préférence du thé blanc, issu de la culture biologique et sans modification génétique des souches. Sans sucre, bien évidemment."

Elle lui adressa un sourire adorable. Vaber ne put s'empêcher de sourire en retour, sans doute pour ne pas pleurer.

"Café TRES noir... avec marc, déclara Aden avec conviction. Sucré pour moi, sans sucre pour Burke."

Son collègue opina du chef. L'agent du service d'intendance prit note : ce n'était pas pire qu'autre chose, au point où il en était. Enfin, il interrogea du regard le grand sergent aux yeux dorés :

" Tesseko, sans sucre", répondit ce dernier aimablement.

Vaber écarquilla les yeux puis les baissa vers sa tablette en grommelant intérieurement : il y avait vraiment quelqu'un qui buvait ce truc ? S'il fallait une preuve que les genhum n'étaient pas faits comme tout le monde, c'en était bien une !

"Ce sera tout ?" Fit Lockhart, à deux doigts d'éclater de rire.

Vaber pivota vers lui avec raideur :

"Ce sera tout. Merci de votre coopération."

En sortant, il poussa un soupir de soulagement. Les Soffies étaient tous des individus bizarres selon ses critères, mais l'équipe de Lockhart remportait la palme. Il s'arma de courage : il n'avait plus qu'à finir cet étage et son travail sur ce dossier serait terminé. Il n'en entendrait sans doute même plus parler...

Il se trompait.

A suivre

 

La reprise

Après des interludes liés aux GN et autres communions jurassiennes, me voici de retour dans mon train-train quotidien. Ou presque. Le week-end étendu compte tout de même une sortie costumée au Parc florale de Vincennes et un concert de chant.

Tout d'abord, j'ai enfin terminé ma nouvelle "sans nom" (que j'ai baptisée l'"Enquête") et repris la publication du Sang des Anges, dont le format en cours chapître est moins contraignant. Je poursuis les correction des premiers chapitres et l'harmonisation des PDF.

J'ai reçu une critique très appréciatrice sur le "premier opus" de Loin des Cieux - si personne n'a payé le lecteur pour publier son commentaire, c'est un expression spontanée extrêmement encourageante. Je me lance tout doucement dans la suite, avec une prudence de "siouxe" afin de ne pas décevoir mes lecteurs avec ce début de deuxième partie (je dis bien deuxième, pas seconde, à dessin...). J'ai décidé de prendre mon temps : je ne rétablirai le rythme plus ou moins hebdomadaire que progressivement.

Nous pouvons donc dire que la situation est plutôt favorable, malgré mon trac pré-concertochoriste.

Et puis, une nouvelle bande-annonce plus lisible peut-être ? (Sur You Tube)

Je vais publier l'Enquète par chapitre ici-même et j'enchaînerai avec le Sang des Anges. Parfois, je me dis que comme j'ai un site de publication spécifique, ce que je mets sur ce blog n'est que de la "redite", mais cet espace me semble en quelque sorte plus facile d'accès...

dimanche, 09 mai 2010

Je ne sais plus...

Je suis arrivé à un cap de "faux achèvement" : j'ai tronçonné mon "pilote" en plusieurs partie. Du coup, en marquant une pause au chiffre "semi-rond" de 15, j'ai la vague impression d'avoir accompli quelque chose. C'est un peu étrange de s'escroquer soi-même, non ? J'ai tout de même introduit un moment de suspens sur la fin. Enfin je pense. Ou plutôt, j'espère... (Petit coup de chapeau aux feuilletonistes d'antan).

Ce week-end de réunion familliale n'a pas été vraiment propice à l'écriture. Je dois me faire violence pour m'y remettre. Ce n'est pas un problème d'idées - ma tête bourdonne comme une ruche - mais plutôt celui de savoir de quelle manière les formuler. La  page blanche découle bien plus souvent de la question du COMMENT que de celle du QUOI.

Et comme d'habitude, je nage dans l'incertitude (en brasse coulée). Les récentes querelles de "motivation profonde" m'ont épuisée (même si le différend a été "humainement" réglé - à défaut de l'avoir été "philosophiquement") et j'ai récemment reçu un nouveau coup émotionnel sur un forum que je fréquente. Je me suis tout à la fois sentie visée, trahie et culpabilisée - l'un ne va pas sans l'autre, de toute façon. Dans ces moments-là, je me demande ce que je viens faire sur Internet - je suis socialement inepte et je n'ai n'ai jamais eu la mentalité d'une groupie ou d'une chef des majorettes. Et le fait que ce soit dans un domaine liée à Paradis XXIV provoque un contrecoup malsain sur ma motivation à écrire.

J'ai encore une nouvelle qui trainaille - juste quelques paragraphes à rédiger - et bien sûr, le feuilleton du Sang des Anges. Ils seront sans doute publiés ici (même si ce n'est pas le support le plus opportun, j'espère que cela divertit quand même deux ou trois de mes visiteurs de passage).

Allez, petite bande-annonce pour Loin des Cieux - la qualité des images n'est pas terrible, mais l'enchaînement n'est pas trop mal pour un début.

mardi, 13 avril 2010

Embouteillage... au milieu du vide

Actuellement, l'écriture des chapitres de Paradis XXIV stagne un peu. Pas à cause d'un manque d'inspiration. Plutôt à cause d'un embouteillage d'idées. En l'espace de peu de temps, j'ai produit, en plus des livraisons habituelles, pas moins de quatre nouvelles de styles très différents. Une autre est en cours, destinée à être plus longue et éventuellement publiée... en chapitres. Même ma logique est un peu bousculée.

Certaines nouvelles semblent attirer des lecteurs... A moins que ce ne soit des bots coréens !

En attendant, j'ai pu constater que les liens sur mon blog n'attiraient personne vers le site des Paradis XXIV : un seul voyageur a fait le saut depuis le début du mois. Même selon mes modestes standards, c'est tout de même trop peu. Je me demande de plus en plus, au-delà du fantasme, qui sont mes visiteurs, ces spectres qui glissent en silence... (J'ai failli écrire en licence, étrange lapsus, non ?)

Peut-être que je commence à m'habituer à cette étrange solitude, à cette constante incertitude, parce qu'elles ne semblent plus capables de me paralyser aussi durablement qu'avant. C'est déjà cela.

Et puis j'ai découvert qu'écrire sans être lu était moins traumatisant quand il s'agissait de fiction, parce que quand je parle de moi, quand je transmets ma vision du monde et que je n'obtiens qu'indifférence, c'est moi qui suis remise en cause. tandis que si mes pitoyables tentatives d'écriture demeurent sans lecteur, c'est juste que je suis un mauvais écrivain, mais pas forcément un individu insignifiant.

samedi, 10 avril 2010

Shopping entre filles - version ISO : quatrième partie

Nous arrivons à la fin de cette petite virée en compagnie des filles de l'ISO. J'espère que cette petite fanataisie aura plus quand même un peu... Même aux gens qui ne sont pas des aficionados de science-fiction.


20 mn plus tard


" Alors, Cid, ne me dit pas que tu ne ressens pas une sorte de plénitude, de contentement. Comme si tu maîtrisais pleinement ta vie.


- A vrai dire... tu as raison. Il y a un peu de cela.


- Il y a eu des études psychologiques très poussées, tu sais... Quand tu fais du shopping, tu assouvis un désir et tu évites un sentiment de frustration tout en augmentant ton attrait social et sexuel et...


- S'il te plaît, laisse la philosophie à Rag.


- Ce n'est pas de la philosophie, c'est de la psychologie. La psychologie est une science. Pas une science exacte, mais...


- Attends... Tu as vu cette annonce là ? Sur le
cybermagasin d'à côté ?

- Euh, oui... Et alors ?


- C'est le même modèle que celui que tu m'as fait acheter, mais il est soldé à 50% !


- Ah oui... Tu as raison. Ça a dû échapper à mes recherches. Le réseau
infotrans n'est pas toujours à jour.

- Nous aurions pu payer moitié moins cher !


- Oui... Mais... Ça arrive. C'est un peu la règle du jeu. Tu cherches la meilleure affaire mais tu ne trouves pas toujours.


- Imagine que les services comptables de l'ISO fassent la même recherche que toi et découvrent que nous n'avons pas acquis au tarif le moins cher ? Les comptables sont capables de retenir la différence sur notre paye !


- Oui, en effet. Ce serait embêtant.


- Embêtant ? Juste "embêtant" ?


- D'un autre côté, il y a toujours moyen de s'arranger.


- Qu'est-ce que tu veux dire par là ?


- Que l'information peut se perdre dans les méandres du système central.


- Berry... Ne me dis pas que tu vas HACKER LE SERVICE COMPTABLE ?


(
silence)

- Berry ? BERRY !


(
Les voix s'éloignent en fondu)

 

That's all Folks !

Merci pour vos (éventuels et... improbables) commentaires.

Je suis une incorrigible utopiste, non ?

vendredi, 09 avril 2010

Shopping entre filles - version ISO : troisième partie

Nous retrouvons donc nos deux filles, toujours dans leur cybercabine : cette fois, elles commentent le modèle. Je sais que mes élucubrations sont sans intérêt pour l'essentiel de la faune blogueuse, mais comme trois hommes ont ri en lisant la chose, peut-être aurai-je la chance d'amuser quelques personnes de plus...

 

"Regarde, c'est une combi-robe à la dernière mode, en tissus vert moiré de violet. Avec tes yeux et tes cheveux sombres, ça va être du tonnerre. Le tissus est intachable, hydrofuge et à mémoire de forme. Chaque fibre subi un traitement individuel...

- Ça va. C'est un vêtement, pas un appareil high-tech conçu pour le service...


- Techniquement...


- Eh ! Est-ce que ce n'est pas un peu... Je veux dire...


- Sexy ? Bien sûr que si !


- Tu es sûre que...


- Mais oui. Puisque je te dis que j'ai lancé une étude approfondie sur la tenue parfaite pour cette mission. Tu n'as pas confiance en la technologie ?


- Disons que ce n'est pas en la technologie que je n'ai pas confiance, là...


(
pause offensée)

- Et tu voulais demander conseil à qui ? Aux garçons ? Sois réaliste ! Le seul  à être objectif en la matière serait Rag et il est encore plus socialement inepte que nous.


- Contente de voir que tu es lucide.


- Lock est notre officier supérieur et il a une fille. Même s'il n'est pas assez vieux pour ça, il se pose en figure paternelle : son avis sur ta tenue serait motivé par cet aspect des choses. Quand à notre petit lieutenant... Tu te laisserais persuader par son charme dégoulinant et tu finirais en tenue de serveuse de bar chaud des
dockcities. Quant aux Badgers, je crains que leur vision des choses n'ait deux siècles de retard. Crois-moi : je t'apporte un point de vue unique et totalement sûr. 

- Effectivement. Présenté comme ça...


- Tu vois bien !


- C'est vrai que ce n'est pas mal... mais ça a vraiment besoin d'être aussi moulant en bas ?


- Tu peux changer ça, le niveau statique du tissus est variable, regarde... Et certaines jonctions peuvent être repositionnées.


- Impressionnant.


- Ne soit pas sarcastique. Tu vas être superbe.


- J'espère que le mode d'emploi est fourni !


- Bien sûr. Il ne manque plus que ton accord pour la transaction.


- Attends... Ce que je vois... C'est un hologramme ! Le modèle définitif...


- Sera assemblé par l'IA dès que tu auras signifié ton achat. Tu n'auras plus qu'à le récupérer ici.


- On aura tout vu... On va devoir attendre combien de temps ?


- Pas plus de vingt minutes. Ça en vaut la peine.


- Bon, d'accord... Attends... Mais... QUOI ?


- Qu'est-ce qu'il y a ?


- TU AS VU LE PRIX ?


- Quelle importance ? C'est l'ISO qui paye.


- Ça ne passera jamais sur une note de frais.


- Mais si. Notre mission actuelle est considérée comme prioritaire et politiquement sensible.


- C'est malhonnête.


- Mais non. Sans cette mission, est-ce que tu l'aurais achetée ?


- Bien sûr que non !


- Alors tu vois ! Laisse moi faire...


- Je sens que je vais le regretter.


- Tu dis ça maintenant, mais dès que tu l'enfileras...


- Je regrette déjà.


- Tu es vraiment négative. Allez, pousse toi. Nous devons être de retour au QG dans une heure, on ne va pas y passer toute la journée.


(
silence affairé d'un côté, accablé de l'autre)

A suivre

mercredi, 07 avril 2010

Shopping entre filles - version ISO : deuxième partie

Continuons à suivre nos deux héroïnes dans leurs tribulations, une fois entrées dans la cabine de la cyberboutique.

 

"On dirait une cabine de prise de vue holographique.

- C'est un peu le même principe. Ton corps va être scanné et le programme incorporé à la cabine va recréer une image de toi en trois dimensions, qui va servir pour la simulation d'essayage. Il faut que tu te déshabilles.


- Euh... Complètement ?


- Mais non. Tu peux garder tes sous-vêtements. Je vais me placer là, hors du champ.


- Je ne veux pas de remarques.


- Promis.


(
activité de déshabillage et rire étouffé)

- Qu'est ce qui t'amuse autant ?


- Ce sont les sous-vêtements standard fournis par l'ISO ?


- Oui. Ça fait partie de la tenue règlementaire.


- Je suis bien contente d'être un agent technique.


- Tu avais promis...


- Bon, bon, je me tais. Vas-y, place toi juste dans le cercle.


- Tu as l'air de maîtriser. Tu l'as déjà fait ?


- Bien sûr que non. Tous mes vêtements civils sont certifiés en fibres 100% biologiques et produits en contexte équitable.


- J'oubliais. Quelle question...


- Mais je suis une tech. Je maîtrise. Allez, c'est bon, tiens toi bien droite !


(
opération de scan)

- Tu aurais pu sourire un peu. On dirait que tu vas à ton propre enterrement.


- Je n'ai pas vraiment de raisons de sourire.


- Mais si. Comme je l'ai dit, nous sommes entre filles. Nous faisons du shopping. Il paraît que c'est ce que les filles font ensemble quand elles veulent avoir du bon temps.


- Je pensais que c'était draguer...


- Oui. Ça aussi. Mais pas toujours. Ce sera pour la prochaine fois. Tu peux te rhabiller, hein.


(
opération de rhabillage)

- Tiens, regarde ! Ton image en simulation 3D apparaît.


- Je... je ressemble vraiment à ça ?


- Oui. En plus figée.


- Merci... Elle a vraiment besoin de sourire bêtement?


- Sans doute. Oh, tiens, regarde ! Il y a une étude de ta silhouette globale.


- Je ne suis pas sûre de vouloir lire...


- Mais si... Tu tombes presque exactement dans la moyenne des standards esthétiques les plus reconnus.


- Fais voir ! Pourquoi, "presque" ?


- Un peu trop de muscle et pas assez de poitrine. Mais c'est assez négligeable.


- Comment ça, pas assez de poitrine ?


- Ne la regarde pas comme ça, ça ne va pas la faire pousser. Et puis, tous les hommes ne sont pas fanatiques des fortes poitrines. Allez, on va regarder la simulation de la tenue que je t'ai réservée.


- Parce que je n'ai même pas le droit de choisir ?


- On n'a pas le temps d'appeler ta mère. Encore un peu de patience, le modèle va apparaître.


(
silence patient)


A suivre