samedi, 29 août 2009
La peur de l'imaginaire
Oups, on ne peut pas vraiment dire que j'ai été très fidèle à mes résolutions pendant ces vacances. Après l'EFFRAYANT mois de mai et le TERRIBLE mois de juin (il faudra que je revienne sur la fois où j'ai "sauvé un concert"), l'arrivée de juillet, mois d'été officiel, m'a poussée à passer en mode "économie d'énergie". J'ai bien essayé d'écrire, de tricoter et de coudre, sans grand résultat. Pire encore, je n'ai quasiment pas travaillé mon chant... Ajoutons à cela des pannes d'informatique en cascade...
Aussi vais-je agir à l'économie : je me contente de finaliser un petit article congelé dans mes réserves depuis des mois. Il porte sur un sujet qui me tiens à coeur : la peur de l’imaginaire. En tant que lectrice de très longue date d’ouvrages de science-fiction, de fantastique et de fantasy, avec une bonne connaissance de ce dernier genre, j’ai bien entendu été confrontée à tous les jugements à l’emporte-pièce qui traînent chez les gens « trop-sérieux-pour-lire-de-telles-bêtises ». Mon analyse risque d'en faire bondir quelques-uns (chouette !)... Je ne suis pas diplômée en psychologie, mais j'ose penser que près de 20 ans passés à côtoyer les amateurs et les détracteurs peuvent tout de même me donner quelques pistes sur ce sujet.
Mise en cause répétitive
Les reproches sont toujours les mêmes : d’ordre qualitatif (c’est de la littérature de mauvaise qualité, c’est toujours la même chose…) mais aussi d’ordre, pourrait-on dire, « social» : c’est infantile (puisque ça décrit des choses impossibles) ; ce sont des bêtises (puisque ça décrit des choses impossibles) ; c’est dangereux (puisque ce n’est pas la réalité)… Et cætera…
Tout amateur du genre possède assez d’atouts dans ses manches pour contrer aisément le premier type de reproches, issus d’ailleurs bien souvent de personnages qui ne sont pas forcément les plus qualifiés en matière de critique littéraire… Sans même tenir compte leur méconnaissance totale des genres qu’ils méprisent !
Le second type, par contre, me semble assez inquiétant. Non pour les amateurs de littérature de l’imaginaire eux-même, mais plutôt pour ceux qui la rejettent en bloc. En effet, avec le temps, on en vient à comprendre que le reproche des "antis" est motivé soit par une certaine rigidité des structures de pensées, soit par une forme de peur issue du système éducatif ou de la pression de la société, soit par les deux.
Une gymnatique de l'esprit
La littérature de l'imaginaire nous demande d'accepter, le temps de la lecture, un monde dont les règles et les postulats diffèrent des nôtres : existence de la magie, de règles physiques et évolutives différentes, de créatures fantastiques... Contrairement à ce que l'on pense souvent, elle ne demande pas tant d'exercer sa capacité imaginative que sa faculté d'adaptation et d'extrapolation.
Accepter que les données définissant un système ou un environnement puissent s'écarter des normes familières sera plus facile à des esprits plastiques capables de prendre en compte ces variations de données et d'en admettre les conséquences. Certains y arrivent mieux que d'autres.
Certains n'y arrivent pas du tout. Ils ne parviendrons pas à entrer dans des récits reposant sur des systèmes logiques, des règles scientifiques différentes de celles qui leur sont familiers. D'où un rejet instinctifs de récits considérés comme "absurdes" puisqu'ils ne peuvent en intégrer les rouages. Malheureusement, leur voix prédomine souvent, car leur incompréhension rencontre une autre cause de dénigrement largement répandue : la peur.
Le spectre de la crédulité
Dans notre civilisation "éduquée", nous séparons de façon artificielle (par carence de preuves d'existence autant que de non-existence) le "possible" de l'"impossible". Ce qui est décrété "impossible" est rejeté dans le domaine de l'ignorance, de la naïveté et de la crédulité, de l'enfant, individu incomplet et pas encore formé. L'individu crédule est donc jugé défiscient. D'où une méfiance instinctive de bon nombre de personnes par rapport à des récits comportant le moindre élément "irrationnel". Même si l'adhésion demandée au lecteur n'est pas plus profonde que pour type de fiction "réaliste" !
C'est ainsi que si certaines personnes sont capables d'accepter un jeu de règles alternatives, elles craignent aussi - souvent inconsciemment - que l'acceptation même de ces règles ne les fassent passer du côté des "crédules", donc des faibles ou des marginaux. Ces mêmes personnes reporteront ce soupçon sur les amateurs du genre... Forcément des rêveurs irresponsables et... crédules.
Une perception inégale
Il est intéressant de remarquer que les récits les mieux admis parmi les différents genres de la littérature de l'imaginaire appartiennent au fantastique. L'irrationnel fait irruption dans monde semblable au nôtre et se trouve souvent vécu comme une source de malaise voire une menace. Ce qui rend ce genre plus à même d'être accepté autant par la première catégorie de détracteurs que par la seconde. Il est cependant intéressant de noter que ce public est plus à même de développer des comportements de crédulité "réelle" que le public de formes plus avancées de littérature imaginaire, du fait même de la vraisemblance accrue du fantastique.
La littérature de science-fiction a meilleure réputation car elle repose sur un postulat de "vraisemblance scientifique" (toute relative !) qui écarte le soupçon de crédulité. Pourtant, la plupart du temps, la science qui y est décrite tient plus de la "magie scientifique" ou d'extrapolation à la limite de la fantasmagorie que d'une froide perception cartésienne. Au delà du goût personnel de chacun, on peut constater la conséquence, non pas tant qu'une certaine rigidité de l'esprit, car l'acceptation de l'extrapolation scientifique demande souvent autant d'effort que celle de l'extrapolation "pseudo-scientifique", mais plus de la perception que le lecteur a de lui-même et de son image vis à vis de la société.
La fantasy, souvent située dans des mondes dits "secondaires" (distinct du nôtre et n'appartenant à aucun univers "physique" clairement défini), qui obéissent à des lois sans justifications pseudo-scientifiques souffre principalement du rejet du grand public.
Le "danger fictionnel"
On peut noter que le rejet de la littérature de l'imaginaire n'entraîne pas le rejet généra de la fiction. Cependant, si l'on considère qu'un danger de coupure effective de la réalité existe au niveau de la littérature de l'imaginaire, on ne peut que s'inquiéter du danger qui existe en bloc dans la littérature, voire le cinéma de fiction. En effet, la proximité du monde décrit avec le nôtre ne demande aucune adaptation des postulats de base, mais une adhésion entière, comme si l'histoire était de fait "vraie"... !
La limite entre vérité et récit frictionnel est de fait bien plus ténue et fragile dans la littéraire classique de fiction que dans la littérature de l'imaginaire. Pourtant, ce type de récit n'est pas plus vrai qu'un récit faisant intervenir une part de fantastique. J'ai vu des personnes intelligentes et éduquées se laisser prendre au piège de cette limite ténue... Mais jamais parmi les amateurs d'imaginaire !
Le Geek et les Cornichons...
Une petite parenthèse : auprès des gens dit "normaux", la littérature de l'imaginaire fait partie de l'apanage des geeks... Pourquoi est-ce le cas ?
Un geek est souvent un "doué". Son cerveau perçoit les problèmes de façon globale au lieu de les analyser, péniblement, brique par brique comme celui des gens normaux. Le geek a un esprit ludique : pour lui, tout est défi, mais posé à lui même, à ses capacités. La compétition doit se faire dans le but de surmonter ses propres limites plutôt qu'écraser l'autre. Le geek a appris à penser de façon imaginative : ce qui le rend efficace dans son activité de prédilection et qui lui donne la capacité de facilement se transposer dans un univers imaginaire. L'individu standard craint, s'il rompt avec la réalité, de ne pouvoir la retrouver. Le Geek n'a pas cette peur, car il fait l'aller-retour sans la moindre crainte ni la moindre difficulté.
Comme l'écrit Scott Adams : "notre planète est peuplée de près de 6 milliards de cornichons qui vivent dans une civilisation conçue par quelques milliers de déviants fabuleusement intelligents." Si les "déviants" n'avaient pas acquis la capacité d'extrapoler, nous serons toujours assis par terre à tailler des silex...
La force de l'extrapolation
En conclusion, je renverrai nos « antis » aux études des psychologies qui ont déterminé que les enfants capables de jouer de façon imaginative développaient leur capacité de réflexion et d'adaptation et devenaient mieux armés, dans leur vie d’adultes, pour résoudre des problèmes complexes et inattendus. Or, les lecteurs de l’imaginaire sont pour la plupart des individus ayant gardé cette faculté d’adaptation, d’extrapolation et de souplesse de pensée.
Le mépris dont ils sont accablés par les adeptes des schémas établis reflète une autre peur : celle de voir la société autour d’eux muter, changer, évoluer. Or, tant que ces derniers seront considérés comme les uniques représentants de ce qui est « bon pour la société » (des gens « sérieux », les « pieds sur terre »…), nous n’aurons que peu d’espoir de voir s’installer une nouvelle vision capable de faire passer notre monde, une bonne fois pour toute, dans une ère nouvelle.
11:40 Publié dans Entre les pages | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : littérature, société, fantastique, science-fiction, fiction
jeudi, 05 juin 2008
La solitude de la blogueuse de fond
Bloguer semble être devenu un réflexe naturel pour une grande partie de la population. En réaction aux engouements de toutes sortes, existent cependant encore des réfractaires. Je pensais, il y a peu, en faire partie. Mais comme j'ai l'esprit curieux et que la compréhension passe parfois par l'expérimentation, j'ai décidé de tester... Peut-être pour trouver un exutoire aux mots et aux idées qui se bousculaient dans ma tête, pour ces coups de gueule sans oreilles à faire sonner, pour ces réflexions que je reformulais encore et toujours, ad nauseam...
Une première tentative, vite abandonnée, est morte précocement après deux articles. Puis, interpellée par l'expérience blogueuse d'une amie, j'ai décidé de m'y mettre pour de bon. Ce saut dans l'inconnu n'a pas manqué d'étonner quelques connaissances : lors de conversations enflammées sur MSN, l'un de mes amis, à plusieurs reprises, a manifesté son incompréhension : Pourquoi blogues-tu ? Bonne question, je vous remercie de l'avoir posée...
Il est plutôt difficile de parler d'un concept sur la définition duquel personne ne semble s'accorder. En pénétrant dans le monde des blogs, on réalise rapidement que la plupart ne sont que des sites d'associations, de partis politiques, de sociétés, de boutiques et autres structures qui profitent de la facilité d'édition du média. Cette simplicité les dispense de trouver les compétences techniques requises pour la création de pages web. J'hésite également à classer dans cette "vaste et belle" catégorie les blogs thématiques... Cependant, ils sont très largement mis en avant chez certains hébergeurs de blogs, tandis que les "journaux perso" vont peupler la nébuleuse du "tout venant" dont seuls les animaux à l'instinct social développé, qui savent l'exercer dans le sens du vent ou contre lui, émergeront dans une lutte darwinienne : le plus adapté survit...
A mon sens, il n'y a de vrais blogs que les journaux "intimes" déballés au jour le jour, sans queue ni tête. Ou avec plusieurs queues et plusieurs têtes. Mais pas de façon si spontanée que l'on veut bien le faire croire. Dès que l'on quitte la sphère des Kevin et autres Mégane de 15 ans, on réalise à quel point ils représentent des exercices de communication parfaitement rodés.
Le fait est qu'à travers cette proximité scénarisée, je pensais que se recréait un certain lien social. Je me plaisais à penser que le visiteur qui vous voit à travers cet album soigneusement élaboré, sans le poids du milieu social ou professionnel, pouvait choisir de vous découvrir tout à loisir ou de faire demi-tour. Au final, un nouveau réseau relationnel d'une nature subtilement différente devait se créer, entre les esprits compatibles ou les âmes qui se parlaient (selon votre vision des choses...) Le blog permettrait ainsi de faire des rencontres surprenantes et inattendues, voire de véritables amitiés webiennes - comme par les forums.
Il m'a fallu quelques mois pour réaliser que j'avais fait une véritable erreur d'appréciation... Le monde des blogs, j'entends bien des véritables blogs ne fait que recréer des microcosmes déjà établis : les filles qui papotent de la mode d'un côté, les politiqueux enragés de l'autre, les voyageurs, les photographes, les gens qui se connaissent déjà par ailleurs. Il est encore plus difficile de venir à la rencontre de l'autre, ou de le faire venir à vous, dans le monde des blogs que dans la vie réelle.
Vous avez sans doutes tous vécus cela (ceux qui ne sont pas les dominants du troupeau, tout au moins ) : que l'on tolère certains actes des uns et pas des autres, que la même blague fait rire ou non selon celui qui l'ennonce : eh bien, c'est pareil. Sur un blog, vous aurez beau être drôle, cinglant, intéressant, bizarre... cela ne servira à rien... si vous nêtes pas membre d'un réseau bien établi qui se nourrit de lui même par relations interposées.
J'ai de mon côté tenté d'aller à la rencontre des blogueurs, mais quand je trouve un endroit qui me parle, les quelques remarques que je dépose doivent être jugées caustiques ou incompréhensibles - de toute façon, j'ai souvent le chic pour "tuer" le fil des réactions. C'est sans doute pour cela qu'aucun de mes commentaires ne semble attirer le public du lieu vers mon "blog sweet blog". Mes amis, majoritairement non blogueurs, ne trouvent pas plus d'intérêt à venir lire ma prose entre la sieste et le café. Constat d'échec ? Je préfère le voir comme un constat de liberté : si je suis insignifiante, je ne ferai aucun effort pour le devenir, cela prouvera mon indépendance "vraie".
Il faut toujours voir le côté le plus brillant de la médaille !

00:47 Publié dans Sur le fil | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : internet, blogs, société
jeudi, 29 mai 2008
Sex and the Stupidity
Déjà qu'il faut le subir à la télé... Et voilà que ça grimpe sur les écrans ! Moi qui ne vais pas souvent au ciné, mais je n'irai jamais voir "ça" même si on m'offre la place.
J'ai dû voir deux ou trois fois le début de Sex and the City, parce que ça passait après une série qui m'intéressait et que j'avais la flemme d'aller éteindre la télé. J'ai même poussé le vice jusqu'à regarder un épisode en entier. Pour me dire que j'aurais mieux fait de me coucher plus tôt. Il faut au moins une voix discordante dans un concert dithyrambique. Ce sera donc la mienne.
Je n'ai vu aucun intérêt à regarder quatre nymphos qui partagent un neurone à elles toutes s'exciter sur des frivolités et s'abreuver de piques verbales aussi cruelles que gratuites. Il paraît que le personnage le plus important, c'est en fait la ville de New York et que les gens qui la connaissent prennent plaisir à retrouver les lieux visités. Je ne fais pas partie de ces "happy few" et je préfère les personnages de chair et de sang.
De toute façon, je n'ai jamais été très accro aux "trucs de fille". J'aime la mode, les froufrous, les bijoux, les (mon) mec (s)... mais à dose raisonnable, parallèlement à d'autres activités. Si je vais à un atelier couture avec seulement des filles, c'est parce que se sont essentiellement les filles s'intéressent à cette activité, ou pour être avec des personnes que j'aime bien, pas pour être exclusivement avec d'autres filles. Mis à part mes passe-temps bizarres, j'ai une vie plutôt rangée, je ne peux même pas abreuver les "copines" des mes aventures de passage et mes déboires sentimentaux. De toute façon, en bonne ex-précoce intellectuelle, il me manque la plupart des clefs et des prérequis pour fonctionner "normalement" en société. Et au bout d'un moment, mon cerveau m'envoie des électrochocs si le niveau de vacuité ou stupidité des propos tenus autour de moi dépasse le seuil de tolérance. Sans compter qu'au-delà de ce côté "blonde inside - voire outside", il y a dans les milieux féminins une perversité cachée, un subtil jeu de pouvoir qui se fait par l'assassinat verbal, pour des résultats si mesquins que c'est est pitoyable.
Les questions de filles, ça peut exister, dans des domaines sociaux, médicaux, éventuellement sentimentaux... Sur certains points, les filles se comprennent mieux entre elles. Mais assister à un repli du communautarisme féminin sur la base des clichés qui nous plombent le plus, c'est tout bonnement affligeant.
La femme est un homme comme les autres. Qu'on se le dise.
01:07 Publié dans Interlude | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, société, blabla de fille, sex and the city
jeudi, 22 mai 2008
L'art de (dés)informer
L'une des raison pour lesquelles je me refuse à gloser sur la politique et les faits de société - outre celles que j'ai déjà données par ailleurs - est le risque de désinformer sous prétexte d'informer. En effet, chauffer le bon peuple sur un sujet que l'on connaît partiellement, que l'on ne veut pas connaître plus, à travers lequel on défend sa mini-chapelle ou on règle ses petits comptes mesquins, contribue surtout à diffuser des idées fausses parmi un public qui n'aura ni l'idée, ni le temps d'approfondir la démarche.
Dans ce style, un article m'a tout particulièrement agacée... Un blogueur en vue, dont les articles sur la "posogion" (politique, société, religion) ont un certain écho, s'y plaint en long et en large, en se présentant en innocente victime, des dysfonctionnements d'un service public auquel il s'était adressé. Jusque là, rien de bien scandaleux : nous connaissons tous l'aspect particulièrement pachydermique de notre fonction publique. Il se trouve toujours des gens (et parfois moi la première) pour spontanément se faire l'écho de ce style de critique.
Sauf qu'en l'occurrence, ce service est celui où je travaille. Et que j'ai pu voir que ce cher monsieur avait omis quelques faits importants :
- l'essentiel des déboires qu'il avait rencontrés venait du fait qu'il s'était cru dispensé de lire le règlement sur le fonctionnement du service...
- les conditions de travail du personnel de ce service (exiguïté des locaux, manque de personnel, conditions d'accès particulières...) rendent sa tâche compliquée, au point qu'on ne peut que s'étonner qu'il puisse quand même tant bien que mal l'assurer...
En passant ces faits, dont il était tout à fait conscient, sous silence, il se rend coupable de falsification volontaire... Son seul but étant de passer ses humeurs suite à gêne personnelle et non de dénoncer une situation scandaleuse pour le bien de la société.
Si sur un sujet si peu important, même s'il jette l'opprobre sur une activité déjà peu valorisée, on trouve ce style de raccourci, qu'en est-il des sujets bien plus graves ! On peut légitimement se le demander. Mais de toute façon, je doute que la vérité (la "vraie vérité", pas la soit-disant vérité sans nuance qu'on aime à asséner pour se croire important) plaise aux gens : elle ne correspond à aucun cliché simpliste et ne se pose ni en noir, ni en blanc, mais en nuances de gris.
Sur ce point, voici une autre anecdote. Je discutais avec une collègue qui lit régulièrement un journal-cadavre exquis, ni chèvre ni choux, qui se livre à sa propre activité simili-blogueuse sous le pretexte de donner des programmes télé. Je lui faisais remarquer qu'à chaque fois que j'avais lu dans ce journal un article sur un sujet que je connaissais, il était truffé d'erreurs, d'approximations, de reaccourcis et d'omissions volontaires ou non... Et que j'en déduisais que, puisque cétait sans doute la même chose pour les sujets que je ne connaissais pas, je m'abstenais de le lire. A cela, elle me répondit :
- Oui, je sais...
- Et tu le lis quand même ?
- oui...
J'avoue rester un peu pantoise devant ce goût pour l'info falsifiée, du moment qu'elle est "dans la tendance"... D'un autre coté, je n'ai jamais prétendu être normale...
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lundi, 18 février 2008
Parti pris !
Ou pourquoi certains sujets ne sont pas abordés sur ce blog...
Ce qui me frappe quand je visite divers blogs, c'est de voir combien chacun se sent obligé de reprendre à sa sauce les évènements politiques ou les faits de société du moment, même si les médias ont déjà disserté depuis des jours dessus... et ce ad nauseam. En France, il semblerait qu'il y ait autant de politologues ou de sociologues distingués que d'habitants. Ou presque. De toute façon, tout est fait pour que tout individu dès qu'il atteint plus ou moins l'âge de raison se sente autorisé à avoir un avis sur tout et surtout que cet avis fasse autorité, du moins de son point de vue.
Quand on discute de vive voix sur ce genre de sujet, on peut toujours discuter, argumenter, nuancer. Là, on se contente d'asséner et de s'en sentir d'autant plus important que personne ne peut interrompre le discours. Même si le système des commentaires existe, on ne peut pas dire que ce soit le terrain le plus favorable aux débats. En général, d'ailleurs, ces avis manquent singulièrement de "culot", d'indépendance "vraie" : il s'agit d'aller dans le sens que l'opinion, ou de la partie de l'opinion à laquelle on s'assimile, sans trop de recul ni de nuances. Je peux comprendre que parfois, on se sente impuissant face aux diktats de l'autorité constituée et que le fait de déverser l'encre virtelle puisse libérer ou soulager. Je comprends que l'on puisse s'engager (à tort ou à raison) dans des causes qui semblent justes. Mais la plupart de ces "chroniques" ne relèvent manifestement pas de ces phénomènes.
Quant à la religion, j'ai aussi mes propres convictions et j'estime que si je n'ai pas à m'en cacher, je n'ai pas non plus à les imposer aux autres ni à les étaler ostensiblement - sauf en réaction contre l'agression ouverte, souvent fruit d'une l'ignorance et d'une intolérance qui n'est pas où, soit disant, on devrait l'attendre...
Se taire, parfois, c'est aussi une liberté et un droit ! Je me réserve donc celui de garder pour moi mon opinion sur ces vastes et profonds sujets. Ne sachant pas tout sur tout, contrairement à tant de gens sans doute plus intelligents et plus sages que je le suis, je renonce élégamment à rivaliser avec eux sur ce terrain.
Je rêve de trouver un blog où l'on parle de tout mais surtout pas de ça, et si vous en connaissez un, n'hésitez pas à me le signaler. A défaut, il y aura le mien...
10:20 Publié dans Sur le fil | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : Internet, politique, société





